Serie A: Présentation de l’Udinese Calcio

 

 

Depuis l’arrivée aux commandes de Guidolin, le petit club de l’Udinese fait des merveilles. Le nouveau coach fétiche et son emblématique capitaine Antonio Di Natale, dit ADN, est aujourd’hui synonyme de rêve et de fantaisie. L’Udinese, ADN l’a dans le sang, et lui-même, est une part du club. A ses cotés, Inler, Sanchez, Isla ou encore Zapata, ont formé une colonne vertébrale de grande qualité, amenant le club à un nouveau rêve, le rêve européen, la ligue des champions. Mais un tout petit club trouvant un lustre soudain attise les convoitises, et le résultat sportif n’étant pas lucratif en deux mois, les gros en profitent ! Ainsi, Sanchez pour Barcelone, Inler pour Naples, et Zapata pour Valence, quittent le club pour de nouveaux horizons.

 

On croit alors logiquement à un retour sur terre, des hommes de Guidolin, et que, fort de son gain économique, grossis par les ventes définitives de Motta et Pepe (prêtés depuis une saison à la Juve), le président Pozzo laisserait le club regagner le milieu de tableau. Mais c’est sans compter l’amour qu’il porte au club, qu’il ne laissera pas tomber.

 

Pour jouer le préliminaire de la Ligue des Champions face à un coriace adversaire d’Arsenal, les dirigeants font confiance aux « rescapés » du mercato. Après avoir vendu, Pozzo et son équipe de recrutement ont habilement choisi les hommes qui constitueront une nouvelle Udinese, encore plus grande.

 

Reversé en Europa League après avoir cédé à la technique de Gervinho, Antiono Di Natale et son équipe veut faire trembler la série A, atteindre le grand rêve, décrocher la lune! Aujourd’hui en 2ème position, quelles sont les forces de l’Udinese version 2011-2012 ?

 

La tactique

 

Le plus souvent en 3-4-1-2, l’Udinese n’a pas peur de se porter vers l’attaque, mais parvient toujours à garder l’équilibre nécessaire à de bons résultats. Avec cette tactique, il est parfaitement possible de jouer avec trois comme avec cinq défenseurs, en fonction des latéraux. Plus haut, les milieux doivent être solides, et leur technique doit leur permettre de ne pas perdre des ballons qui se transforment rapidement en offensives adverses. Pour lier le milieu aux attaquants, Guidolin place un milieu offensif, un numéro 10, un « trequartista » en italien. Celui-ci n’a pas qu’un rôle de distributeur, mais doit aussi et surtout créer des espaces, déverrouiller les défenses ennemies.

 

Dans le rectangle adverse, deux attaquants se chargent de pousser le ballon au fond. Ceux-ci sont assez libres, et participent au jeu. Un mot pour définir le système offensif : mouvement !

 

En quelques mots, deux attaquants très mobiles, un milieu offensif capable de s’infiltrer dans les espaces laissés, et de placer ses buteurs dans de bonnes positions, deux demi-défensifs qui voient claire, capables de jouer devant comme derrière, des latéraux aussi bon pour centrer que pour tacler, et une défense rapide et solide, voilà LA tactique de Guidolin.

 

 

Les joueurs clés

 

Il est bien connu dans son pays comme en Italie. Au-delà de ces frontières, sa réputation n’est pas encore faite, et c’est tant mieux pour l’Udinese. Mauricio Isla, c’est l’emblématique latéral droit de la sélection nationale chilienne comme du club. Difficile de le passé en un contre un, difficile de passer dans son dos, difficile de l’empêcher de centrer, il est parfait pour le système employé.

 

Benatia est connu en France…mais pas en Ligue 1 ! Et oui, ce n’est pas dans la division majeure que l’ont choppé les dirigeants italiens, mais en Ligue 2, à Clermont-Ferrand. Depuis, il a commencé par jouer deux petits matchs l’an passé, avant de se voir débuter le match face à l’Inter de Milan, un beau cadeau. Petit à petit, il est devenu le pilier de la défense, pour le plus grand bien de tout Udine. Seul bémol, le PSG, l’AC Milan et la Juventus ont clairement montré leur intérêt…

 

Pinzi est parmi les jeunes, le mentor, le régulateur, le métronome. C’est lui qui est chargé d’apporter l’équilibre de son équipe, de son poste de milieu défensif. Du haut de ses 30ans, fort de ses 9ans au club, il est le premier à inculquer aux nouveaux les rudiments de l’Italie et du club noir et blanc.

 

Après avoir parlé de l’arrière-garde et du milieu, rapprochons nous de l’attaque avec Armero. Arrière latéral de formation, le colombien s’est vu transformé en milieu offensif ! D’un coup de baguette magique, Guidolin aura façonné l’une des révélations de la saison 2010-2011. Fort de son physique impressionnant, le néo-meneur de jeu n’en a pas perdu sa vitesse, et c’est là que réside son point fort. Dans le système du coach qui l’a formé, il est le parfait complément des attaquants.

En attaque, plus la peine de le présenter, il est le roi, Antonio Di Natale. Une saison 2010-2011 à 28 buts en 36 matchs, exceptionnel à 34ans. Pour expliquer le succès du club, il semble indispensable d’expliquer le sien…

 

 

La star: Antonio Di Natale

 

Tout d’abord, on peut s’interroger sur le fait, qu’à trente quatre ans, il soit capable d’enchaîner 36 matchs de championnat… Ensuite, sur sa capacité à marquer 28 buts durant ceux-ci, en gardant une constance irréprochable. Mais comment fait-il ? Di Natale marque à peu près de toutes les positions, du pied droit ou du pied gauche, de la tête ou sur coup-franc. Son registre ultra-complet est sa principale force. Le but, il le sent, il sait où il est, il sait où il doit frapper. Il s’adapte à toutes les lignes défensives, peut jouer la profondeur comme le un contre un après avoir reçu le ballon dans les pieds, ou encore se faire oublier par n’importe quel défenseur. Et ce qu’il ne faut pas négliger et encore moins oublier, ce sont ses capacités physiques ! Car oui, Di Natale est sans doute l’un des joueurs de son âge le plus rapide.

 

Et ses capacités, il ne les a pas gardées par magie… Tout simplement, il a par rapport à la moyenne des joueurs professionnels de trente quatre ans, joué moins de temps au tout haut niveau. Il n’a débuté en série A qu’à 24ans, avec Empoli. Depuis, il a joué 302 matchs de série A, sans pour autant aligner les scores de « gros calibre ».

 

L’ADN-dépendance

 

Souvent, quand ce qu’on pourrait appeler une équipe moyenne dispose d’un tel joueur, elle en devient vite dépendante, et ce à ses détriments… L’an passé, il a marqué 29 buts pour seulement 36 de tout ses coéquipiers réunis. Cette année, il a marqué 10 buts en seulement 14 matchs (13 titulaires) de championnat, sur les 19 de son équipe, soit plus de la moitié… Si l’on compte qu’il a apporté 3 points chaque fois qu’il a marqué et que son équipe l’a emporté deux buts à zéro, plus les deux égalisations qu’il a signées, et d’autres goals décisifs, ses buts ont permis d’engranger la bagatelle de 23 points ! Quand on sait que l’Udinese pointe à la troisième place du classement avec 31 points, on ne peut négliger son apport. Autre élément à ajouter, quand il marque, l’Udinese ne perd pas (cette saison). En termes de chiffre, le buteur a apporté 74% des points de son équipe… Et surtout, si Udine n’a perdu qu’à deux reprises cette saison, il était absent d’une de ces deux rencontres. Tirez-en vos conclusions.

 

La régularité

L’un des mots clefs qui résument bien la saison du club, c’est la régularité. A l’image du capitaine Di Natale, les joueurs ne connaissent que de rares coups de mous. Et quand cela est le cas, les remplaçants, très nombreux (nous y reviendront) sont prêts, et à la hauteur. Tous sont formés à la tactique, et prêts physiquement, ils s’adaptent facilement au jeu. Et tout cela, c’est le travail du staff, une grande équipe.

 

 

Peu de faux pas

On a parlé de régularité, mais en chiffre, ça donne quoi ? En dix matchs face à des équipes plus faibles ou de niveau équivalent, ils n’ont gaspillé que cinq points sur 30, un bon chiffre. Une défaite face à Parme et un grand Giovinco, et deux scores nuls et vierges face à Cagliari puis à l’Atalanta. Voilà LA grande force de l’Udinese.

 

Le Staff technique

 

Mené par Guidolin, l’entraîneur, le staff technique réalise de nombreuses prouesses. Tout d’abord, dans le recrutement. La recherche de jeune talent est une perpétuelle réussite, tout comme les négociations qui en résultent. Le club n’achète qu’à prix raisonnable, et des joueurs qui en plus de détenir un potentiel important, ont le « style Udinese » et seront donc capables de s’intégrer à l’équipe, s’adapter à son jeu, et développer tout leur talent. Sur cette base, ceux-ci ne peuvent que réussir, et voir leur valeur grandir… C’est l’une des politiques du club, visant à recruter à bas prix, revendre plus cher, et réinvestir, pour monter, petit à petit, les marches de la série A.

 

Mais ce n’est pas le seul travail du staff. Après avoir déniché les joueurs, il faut les préparer, les entrainer. A l’image de la progression fulgurante de Benatia, ou de la formation vitesse grand V d’Armero en milieu offensif, on sent l’équipe technique capable d’aussi belles prouesses que les joueurs, un point important de la réussite d’un club. Dernier point à souligner, la préparation physique. Peu de blessure, pour des joueurs pourtant très en forme physiquement, répondants présents à chaque entrée sur le terrain, un détail qui fait la différence.

 

 

En résumé, plusieurs facteurs expliquent la réussite de cette équipe, mais tous sont étroitement mêlés. La tactique colle à la peau des joueurs, grâce au coach, aux entraîneurs, et aux recruteurs qui n’apportent que de bonnes affaires. Ensuite, la régularité dans le jeu mené par une tactique solide, apporte la même régularité dans les points. Celle-ci, est due en partie au staff technique qui prépare l’équipe tant physiquement que mentalement. Ensuite, face aux gros, l’Udinese ne perd que rarement, et ne se voit donc pas distancé par ceux-ci.

 

Pour terminer, l’équipe dispose de stars comme Di Natale, Isla ou Benatia, qui sont très en forme cette saison, et encore une fois réguliers. Dernièrement, les stars et les « joueurs moyens » forment un tout homogène, et tous sont complémentaires. L’équipe allie physique et technique à merveille, ce qui lui permet de s’adapter à toute équipe ! Udinese, fais-nous rêver !

 

Brandon

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