Lille, un champion aux pieds d’argile – Artn’Sport

 

 

Artn’sport vous propose un tour d’horizon des équipes que la rédaction a désignées comme étant les prétendantes les plus
crédibles au titre de champion de France. Honneur au LOSC, champion en titre, qui bien qu’ayant à plusieurs reprises fait preuve d’une étonnante fébrilité en fin de match au cours de la phase
aller, reste un sérieux candidat à sa propre succession. 

Les Lillois maîtres de leur jeu…

Depuis le samedi 6 août 2011, date de la première journée de Ligue 1 de la saison 2011/2012, le Lille Olympique Sporting
Club n’a perdu qu’un seul match de championnat,  lors de la deuxième journée, à domicile contre Montpellier. Depuis, le LOSC reste sur une série de 17 matchs sans défaite et n’a cédé ni
contre Paris, ni contre Lyon, ni contre Marseille,  les trois autres équipes qui, en plus des Dogues, constituent selon bon nombre d’observateurs un « Big Four » à la française. 

Mieux, mis à part le match contre Marseille, globalement dominé par les Olympiens, seul s Valenciennes et dans une moindre
mesure Bordeaux, ont donné l’impression de pouvoir arracher la victoire aux troupes de Rudi Garcia, tant les Lillois ont paru maîtres de leur jeu et certains de leur force tout au long de la
première moitié de ce championnat. 

D’ailleurs, cette impression qui peut paraître subjective est largement confirmée par différentes statistiques. Eden
Hazard et ses partenaires ont ainsi monopolisé le ballon 58% du temps lors de la phrase aller, ce qui représente le meilleur taux devant Marseille (55%). Le LOSC est également l’équipe qui a joué
le plus de ballons avec un total de 12 408. A ces chiffres nous pouvons ajouter les 33 buts marqués  (2e attaque) et les 19 encaissés (4e défense)… dont quatre contre l’OGC Nice lors du
dernier match de Lille en 2011 (score final 4-4). Un trou d’air sans lequel les protégés du président Seydoux auraient la meilleure défense. 

Les Dogues ont ainsi su bien négocier les départs combinés, l’été dernier, de Yohan Cabaye, Adil Rami et Gervinho, qui
ont pourtant été trois pièces maîtresses du formidable doublé réalisé par la formation nordiste la saison passée. Certes, Benoît Pedretti, Marko Basa et Dimitri Payet, les trois joueurs
recrutés pour les remplacer numériquement n’apportent pas encore le rendement escompté, mais il ne faut pas oublier qu’ils ont tous été régulièrement blessés depuis leur arrivée. Les Lillois ont
surtout pu compter sur l’arrivée surprise dans les dernières heures du mercato estival et l’adaptation éclair d’un Joe Cole que d’aucuns annonçaient vieillissant, mais qui a prouvé depuis qu’il
était toujours aussi virevoltant et précis techniquement. 

L’acclimatation de l’ancien international anglais est la bonne surprise de cette moitié de saison mais la réussite du club
nordiste tient surtout au talent de son prodige belge, Eden Hazard, qui se confirme enfin par des statistiques dignes d’un joueur de très haut niveau (sept buts et cinq passes décisives sur 16
titularisations). Le jeune belge est bien sûr encore loin du rendement des extraterrestres Messi et Cristiano Ronaldo, mais ses accélérations supersoniques et arabesques  déroutantes servent
désormais plus qu’à régaler nos mirettes et, sans vouloir plagier Pierre Ménès, on peut effectivement parler de Hazard dépendance. 

Bien qu’indispensable, Eden Hazard n’est pas le seul à avoir franchi un palier cette année car Matthieu Debuchy, loin
d’être tétanisé après ses deux premières sélections en équipe de France comme d’autres ont pu l’être, semble prendre toujours plus d’épaisseur et de responsabilités. Ses montées sont toujours
aussi tranchantes, ses centres toujours aussi précis et sa détermination toujours aussi grande, mais une chose semble avoir changé : son appétence pour l’apport offensif n’affecte plus son
rendement défensif. En regardant de près un grand nombre de matchs joués par les Lillois ces six derniers mois, nous avons pu constater qu’en plus d’être pratiquement infranchissable, le dogue à
l’avant bras gauche tatoué s’est souvent retrouvé au bon endroit, au bon moment pour soulager son équipe. 

Et que dire de Florent Balmont qui semble se bonifier à mesure que ses années passent. Une fois que le « pit-bull » a
repéré sa proie, rien à faire, il ne la lâche pas avant de lui avoir subtilisé le cuir (les mauvaises langues diront ou lui avoir arraché une jambe… mais sa réputation tient plus à son
enthousiasme expressif et communicatif qu’à ses coups de sang : il n’a pris que deux cartons rouges en championnat dans sa carrière… dont un que la commission d’arbitrage a reconnu qu’il lui
avait été adressé à tort). Plus qu’un récupérateur infatigable, il est une courroie de transmission capable à lui tout seul de fluidifier et d’accélérer le jeu lillois. 

Autant d’éléments flatteurs pour les tenants du titre qui semblent disposer des armes pour défendre leur couronne
jusqu’aux beaux jours du mois de mai. Ils entendent ainsi continuer à avancer masqués derrière la traînée de paillettes, d’ingratitude et de « pets de couloir » qui jalonnent les grandes
manœuvres parisiennes sous couvert d’ « Ambition »…

… Moins de leur concentration

…Notre pronostic aurait peut-être été sans équivoque si l’incroyable relâchement dont les Dogues ont été coupables lors du
Trophée des Champions en juillet dernier, ne s’était pas reproduit, depuis, à plusieurs reprises. A commencer lors de leur premier match de Ligue des Champions contre le CSKA Moscou, le 14
septembre 2011 au Stadium. Après 75 minutes de jeu, un score de 2 buts à 0 et une domination de tous les instants, les Lillois ont paru complètement tétanisés, ne sachant plus ce qu’ils devaient
faire sur le terrain, et ont fini par encaisser deux buts, dont le dernier a été marqué à la 89e minute, plein champ, comme si l’équipe tout entière se contentait d’attendre
l’inéluctable. 

L’impression et surtout le résultat ont été rigoureusement les mêmes contre Lorient, dix jours plus tard, bien que les
Merlus aient offert une bien meilleure résistance, puisque Monnet-Paquet a égalisé (1-1), libre de tout marquage à la dernière seconde du temps additionnel. Il y a également eu le match contre
Sochaux (2 – 2) où le LOSC a mené deux fois avant de se faire rejoindre au score dans les cinq dernières minutes, mais le pompon fut bien évidemment le match contre Nice évoqué précédemment.
Cette rencontre, sans faire injure aux Azuréens, les Lillois ont tout fait pour ne pas la remporter. Mavuba et ses partenaires ont mené pas moins de trois fois et se sont faits rejoindre sur la
dernière action, encore sur un coup de pied arrêté, alors que les Niçois étaient réduits à dix, depuis l’exclusion de Mouloungui (75e) qui était le seul réel danger des rouges et noirs. Pire,
Civelli, qui avait déjà égalisé  à un partout sur un corner était une nouvelle fois libre de tout marquage pour dévier le ballon et initier le cafouillage final qui allait coûter deux points
aux Dogues – peut-être décisifs au moment des comptes finaux – et récompenser la formation azuréenne qui a eu le mérite de ne pas renoncer. 

Cette tendance chronique à ne pas savoir tenir un résultat lorsque les tenants mènent au score dénote d’un manque
d’agressivité défensive, notamment dans les ultimes instants, comme s’ils étaient rattrapés par la peur de gagner ; comme s’ils cherchaient à donner raison à l’adage qui veut que le plus dur est
bien de confirmer ; comme si ce club, que beaucoup se plaisent à citer en exemple depuis un an, avait grandi trop vite et n’était pas encore prêt à assumer son nouveau statut. Cela vaut pour les
joueurs à la concentration volatile, mais aussi pour les dirigeants qui peinent à trouver des arguments pour attirer des renforts de poids et ainsi anticiper les nombreux départs prévus l’été
prochain. 

Quelle équipe en 2012 ?

Parlons-en de ces départs… Il est quasiment acquis qu’Eden Hazard répondra aux sirènes d’un des plus grands clubs
européens et tentera de prouver à tout le monde que tout son talent peut s’exprimer ailleurs que dans l’hexagone.  Les négociations concernant la prolongation et la revalorisation du contrat
de Moussa Sow ayant échoué, le Sénégalais est également annoncé partant. Il aurait une préférence pour l’Angleterre malgré l’intérêt avéré des Turcs du Fenerbahce. Joe Cole devrait également
faire ses valises : malgré le plaisir qu’il affirme avoir à évoluer au LOSC, on le voit mal faire des concessions sur ses émoluments qui se chiffrent à 400 000 euros mensuels… Et à ce tarif là,
il est presque impossible qu’il puisse fouler la pelouse du Grand Stade. 

Quid d’autres cadres, certes pas en partance certaine, mais qui ne seraient pas contre un nouveau challenge ? Matthieu
Debuchy, Aurélien Chedjou ou même Florent Balmont dont le contrat expire en juin 2013, pourraient ainsi aller voir ailleurs. Sans parler de Rudi Garcia qui, même s’il se projette déjà dans le
futur, pourrait très bien ne pas rester insensible à l’appel d’un très grand club si une place devait se libérer… 

En quoi les doutes sur les contours de l’équipe qui intègrera le Grand Stade, la saison prochaine, pourraient-ils influer
sur ses performances lors de la phase retour du présent exercice ? L’incertitude n’a jamais fait gagner personne ; le risque existe que les intérêts personnels prennent peu à peu le pas sur
l’intérêt collectif  – prenons le cas de Ludovic Obaniak, par exemple, dont les velléités de départ sont tout à fait compréhensibles à quelques mois de l’Euro – et viennent semer des grains
de sable dans la belle mécanique lilloise. Il n’y a qu’à se souvenir de la deuxième moitié de saison qui avait suivi le titre des Bordelais en 2009… 

l’avis de la rédaction

Malgré leurs moments d’égarement qui risquent encore de les rattraper d’ici la fin de la saison, les Lillois auront
clairement des arguments à faire valoir lors de la phase retour et se posent en candidats crédibles à leur propre succession,  en attendant de voir le pedigree du recrutement du PSG lors de
ce mercato hivernal.  L’absence de Moussa Sow le temps de la CAN, pourrait ne pas avoir d’incidence particulière compte tenu de son état de forme quelque peu précaire depuis le début de la
saison (malgré ses 10 buts, toutes compétitions confondues avec le LOSC) et le réveil possible d’Ireneusz Jelen, auteur de deux buts et d’un match solide… contre Chantilly en Coupe de France,
rencontre remportée 6-0 par les Dogues.

L’autre question est de savoir comment les Lillois ont digéré leur élimination inattendue et frustrante de la Ligue des
Champions dans un groupe qui était largement à leur portée. Soit le traumatisme de cet acte manqué alors qu’ils disposaient de toutes les cartes en mains pour s’offrir un huitième de finale de
prestige contre le Real de Madrid trotte toujours dans leur tête et certains joueurs pourraient inconsciemment se sentir démobilisés. Soit, au contraire, l’influx mental économisé leur permettra
de se concentrer sur les objectifs hexagonaux et d’attaquer plus frais et encore plus motivés l’emballage final. 

Difficile de se prononcer sur leurs chances réelles car trop d’inconnues résident dans leur capacité à faire abstraction
de la pression mise par une majorité de médias qui les annoncent favoris au même titre que Paris et à garder le même niveau d’exigence malgré leur réussite de la saison passée. Quel que soit le
classement final des hommes de Rudi Garcia, une chose est sûre : ils ne se départiront pas de leur philosophie de jeu. Ils conserveront leur couronne ou « périront » par le jeu : moins brillant,
moins fulgurant, mais plus patient et plus mature que celui de la saison dernière.

Jonathan

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