Les Balotellades de Super Mario

 

 

Et trois nouveaux matchs de suspension. Mario Balotelli a récolté face à Arsenal son 4ème carton rouge en deux saisons à Manchester City. Son bilan chez les Citizens ? 56 matchs, 27 buts, 20 cartons jaunes, 4 rouges. Un total à la mesure du joueur capable dans un même match de planter le but de l’année puis de péter un plomb. Á seulement 21 ans, Mario Balotelli fait plus souvent parler de lui pour ses frasques que ses exploits.

 

Mario Balotelli n’a que 21 ans mais il serait facile d’en faire un portrait aussi long que celui de Ryan Giggs qui, lui, compte 21 ans de carrière. La faute aux innombrables « Balotellades » de Super Mario.

 

Lumezzane – Barça – Inter

 

Déjà tout gamin et alors qu’il évolue à Lumezzane en Série C1, Balotelli défraye la chronique. Il plante 8 buts en 3 matchs avec les cadets du Barça. Le club Culé veut le recruter mais son agent se montre trop gourmand financièrement et fait capoter le transfert. A 15 ans le joueur sait déjà s’entourer. On voudrait presque retourner en arrière pour savoir si Balotelli aurait fait exploser la Masia ou si Pep Guardiola serait parvenu à le cadrer et l’associer à Léo Messi. Mais Super Mario reste à Lumezzane avant de finalement s’engager à l’Inter. Pas un mauvais choix puisqu’il garnit son palmarès de trois titres en Série A et d’une Ligue des Champions.

 

Merci Mourinho pour cette dernière. Face à la concurrence d’Ibrahimovic, Eto’o ou Diego Milito, Balotelli fait son trou en équipe première. En trois saisons il dispute 86 matchs et plante 28 buts toutes compétitions confondues. Parmi ceux-ci, il s’offre un coup franc magnifique face au Rubin Kazan en phase de poules de la Champion’s League 2009-2010. Des débuts prometteurs entachés de l’attitude déplorable de certains supporters italiens qui multiplient cris de singes et insultes à caractère raciste envers l’attaquant d’origine ghanéenne.

 

Mario Balotelli Antonio Cassano and Mario Balotelli of Italy in action during the international friendly match between Italy and Ivory Coast at The Boleyn Ground on August 10, 2010 in London, England.

 

 

L’Italie, son pays, sa sélection.

 

Affecté mais pas rancunier et surtout capable de ne pas faire d’amalgames, Mario Balotelli clame son amour de la Squadra Azzurra. Il refuse à plusieurs reprises de jouer pour le Ghana. En 2010 il snobbe même la Coupe du Monde en Afrique du Sud alors que le sélectionneur, Milovan Rajevac, lui garantit une place de titulaire à la pointe de l’attaque. Les Black Stars devront se contenter de Gyan et son penalty raté après la main de Suarez en quart de finale face à l’Uruguay. Pas de Mondial donc pour Balotelli mais une première sélection qui arrive juste après la compétition, en Août 2010. Cesare Prandelli après ses exploits avec la Fiorentina succède à Marcelo Lippi à la tête de la Nazionale.

 

Pour son premier match il sélectionne Super Mario qui ne brille pas plus que ses partenaires battus 1-0 par la Côte d’Ivoire. Il faudra attendre sa septième sélection en novembre 2011 pour voir son premier but. Il expédie une superbe frappe enroulée sous la barre de Wojciech Szczesny et permet à l’Italie d’ouvrir le score en amical face à la Pologne. Á la suite de son but il embrasse l’écusson de son maillot. Entre temps il est transféré à Manchester City pour 28 millions d’euros – transfert le plus cher de l’histoire pour un joueur de son âge – où il prend autant de cartons qu’il marque de buts.

 

 

 

 

La carotte de Prandelli

 

Tout le paradoxe d’un garçon prêt à tout pour défendre les couleurs de sa sélection et qui, en club, renvoie l’impression de se foutre de tout et d’être ingérable. Seul Prandelli semble avoir trouvé la carotte pour mener Balotelli. En instaurant un code de bonne conduite comme préalable à une sélection en équipe nationale il visait directement des joueurs comme lui. Dans la foulée de son carton rouge contre Arsenal le week-end dernier Mario s’est immédiatement excusé. Pas auprès d’Alex Song à qui il aurait pu casser la jambe. Ni Bacary Sagna qu’il a passé son match à découper.

 

Encore moins à Martin Atkinson, l’arbitre de la rencontre qui s’est pourtant montré très clément avec lui. Il a présenté ses excuses à son sélectionneur arguant que son expulsion était due à une faute et non pas à une crise de nerfs. Bon, il a aussi un petit peu demandé pardon à Roberto Mancini. Son entraîneur à City avait menacé de ne plus le faire jouer jusqu’à la fin de la saison.

 

http://www.foutebol.com/actualites_r41.html

Fléchettes et chasubles

 

Plus que ses expulsions à répétition, ce sont les frasques du fantasque buteur qui font sa réputation. Il faut bien l’avouer, on se demande parfois ce qui lui passe par la tête. Alors attaquant de l’Inter il se montre en public avec un maillot de l’AC Milan. En match de pré saison avec Manchester City il invente, seul face au but, la roulette-talonnade. Un geste magistralement foiré et qui file à côté du but. Il rend fou Roberto Mancini qui sort illico son joueur et le remplace par James Milner. Une autre fois il trouve amusant de jeter des fléchettes sur les gamins du centre de formation de Manchester City.

 

Puis il décide de jouer avec des feux d’artifices et fout le feu à sa maison. Face au Dynamo Kiev il se montre incapable d’enfiler son chasuble d’échauffement et à besoin de l’aide d’un préparateur pour arriver à la mettre. Avec tout ça il ne comprend pas l’acharnement des médias contre lui et arbore lors de son doublé face à Manchester United un t-shirt avec l’inscription « Why always me ? » (Pourquoi toujours moi ? NDLR). Cerise sur le gâteau, Mario Balotelli est allergique au gazon… Ce gars est un génie. Malgré son arrogance, on attend avec impatience la prochaine « Balotellade ».

 

William Borel(Foutebol)

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