Rien ne va plus au Zénith !

 

 

 

Alors en tête de son championnat avant l’arrivée d’Hulk (ex-Porto) et Witsel (ex-Benfica) à la fin du mercato estival, le double tenant du titre vacille et traverse une période délicate où mauvais résultats et conflits s’entremêlent.

 

Qui n’a pas été étonné de voir l’investissement sans précédent du club russe aux dernières heures du mercato, début septembre ? Dès l’annonce du recrutement des deux stars du championnat portugais (pour plus de 80 millions d’euros), le prix relatif à ces transferts a fait couler beaucoup d’encre que ce soit dans les journaux russes ou étrangers. Il faut dire qu’il est rarissime de voir une opération financière de ce type s’effectuer à quelques heures de la clôture du mercato, d’autant plus pour des joueurs dont le destin semblait scellé dans leur clubs respectifs. Mais, le plus frappant dans cette affaire retentissante, c’est que cette dernière touche un club qui a été calme sur le marché des transferts au contraire de ses acolytes russes qui ont dépensé des fortunes pour acquérir des joueurs prometteurs tels Rômulo (Spartak Moscou), N’Doye ou Yilmaz(Lokomotiv)… preuve d’un marché de plus en plus dynamique (lié aux pétrodollars ou autres milliardaires).

 

Bref, le Zénith a craqué, et doit s’adapter désormais à une situation inédite. Alors que l’entraîneur, Luciano Spalletti disposait d’un effectif bien rôdé, fort de deux titres de champions consécutifs qui éclaboussait le championnat de ses stars (Kerzhakov, Danny,Denisov,Bruno Alves…), le club de Dyukov a trouvé assez d’argent pour attirer deux joueurs convoités par les plus grands, qu’il s’agisse du puissant attaquant de Porto ( qu’on annonçait à Chelsea) ou du jeune espoir belge ( qui n’aura passé qu’une saison au club lusitanien). Pourtant, si ce coup de folie avait pour objectif de renforcer l’équipe, il est flagrant que les conséquences de cet investissement sont pour le moment désastreuses pour un groupe bouleversé qui n’arrive plus à aligner les victoires comme il avait l’habitude avant cet infructueux épisode.

 

 

Depuis ces arrivées, le club ne totalise aucune victoire en championnat (un nul et une défaite). Les performances sont inquiétantes et les évènements virent à la crise. A l’origine de ce tumulte, une scission au sein de l’équipe entre les deux « nouveaux », complètement marginalisés et les leaders, les cadres qui ont permis au club d’acquérir ses prestigieux titres. En effet, ces derniers n’acceptent pas le fait que les salaires versés aux deux arrivants surpassent les leurs. Il leur est insupportable de voir deux recrues qui n’ont donc jamais rien apportées au club bénéficier d’un salaire qu’ils jugent démesuré par rapport au leur. Ainsi, s’estimant toucher dans leur égo, Denisov ou Kerzhakov n’ont pas hésité à exprimer leur véhémence vis-à-vis de cette « injustice ». Alors qu’ils bénéficient d’un statut de star en Russie, presque de tsar, tant ils sont piliers en club mais aussi en sélection, les deux emblématiques équipiers ont fortement écorné leur image en manifestant leur mécontentement.

 

Cette différence de salaire pourrait paraître risible dans un pays comme la Russie qui souffre énormément de la crise et de la pauvreté. Surtout, ces réactions ont provoqué la colère de Poutine qui a condamné fermement ces attitudes au vue de la situation économique actuelle. Les joueurs ont d’ailleurs étaient envoyés en équipe réserve à cause de leurs propos, qui ne semblent pas (à l’image du reste de l’équipe) vouloir intégrer les nouveaux. Moyennant quoi, tout ce cirque nuit aux performances de l’équipe qui se retrouve du coup sans ses cadres providentiels et par la même est dépourvue du potentiel qu’est censé apporter Hulk et Witsel, victimes de leur isolement.

 

A quatre points du premier, le CSKA Moscou, le Zénith se doit de réagir pour renouer avec le succès et ainsi éclipser partiellement le conflit qui divise tant le club, au moins jusqu’au mercato hivernal qui pourrait offrir des solutions en cas d’aggravement de la situation (départs probables de Denisov ? Kerzhakov ?) . Vous l’aurez donc compris, à la veille de jouer contre le solide rival du Lokomotiv Moscou qui postule aussi pour le titre, Saint-Pétersbourg n’est pas à son zénith…

Benjamin Brousses

Soyez le premier a répondre à "Rien ne va plus au Zénith !"

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.


*