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A 25 ans, Anthony Aymard a fait le pari de quitter une carrière en France qui sentait le football du district pour partir
à Singapour, rejoindre une équipe 100% française. Sacrée championne pour sa première participation, il va rejoindre par la suite un autre club du championnat. Pas banal. Aujourd’hui, il se régale
dans le club de Tanjong Pagar United FC. Rencontre.

Bonjour Anthony, merci d’avoir accepté notre interview. Tout d’abord avant de commencer, peux-tu te
présenter rapidement à nos lecteurs.

Je suis Anthony Aymard, j’ai 25 ans, je suis à Singapour depuis 2011, j’ai joué dans deux clubs différents dont l’Etoile
FC et aujourd’hui le Tanjong Pagar United FC. Au niveau du football et de ma formation, j’ai fait mes années en débutant dans un petit club de chez moi avant ensuite de jouer au Puy Foot 43 qui
est en club la plupart du temps en CFA 2 et avec des équipes de jeunes en niveau national-dh avant ensuite de débarquer à Singapour.

– Raconte-nous un peu ton parcours: comment un jeune défenseur français peut-il atterrir à Singapour
?

Au début, je n’étais qu’un simple footballeur de mon département passionné par le football sans vraiment jamais avoir fait
de centre de formation. Je me suis pas plus pris la tête que ça, je faisais un BTS en alternance. Puis, un ancien joueur du Puy Foot 43 était devenu entraineur d’un club de DH près de chez moi,
j’ai décidé de jouer dans ce club et de m’entraîner sans prise de tête. A l’époque j’avais 21 ans, une personne ma proposée un essai pour une équipe française à Singapour au mois de janvier à
Toulouse (Etoile FC). Je m’arrange avec mon travail pour qu’on me libère une journée. Il y avait un bon nombre de footballeurs et la plupart vivaient du football, je devais être le seul avec un
niveau amateur. Il y avait des mecs de CFA, des joueurs étrangers, des joueurs sans contrat, etc… J’y suis allé sans me prendre la tête et quelques jours après, une personne du club m’a proposé
une offre pour une aventure à Singapour. 

– Décrit nous l’aventure de l’Etoile FC: quel était le concept et pourquoi avoir décidé de faire partie de
cette aventure à l’autre bout du monde?

Quand l’aventure s’est présenté, je me suis dit que c’était une opportunité. Ce qui ma fait réfléchir, c’est que j’étais à
six mois de passer mon BTS. Mes parents n’étaient pas spécialement d’accord avec cette aventure mais pour moi c’était une chance à ne pas rater. On ma dit que le départ était dans vingt jours et
sur le coup, ça paraît vraiment long, mais on remarque très vite que c’est très peu pour un départ à l’autre bout du monde, préparer une saison, découvrir le pays, etc… Je me suis mis d’accord
avec mon patron qui a tout à fait compris mon aventure tout comme mon école, puis mon école. Le plus difficile était de convaincre mes parents mais fin janvier, je pars pour Singapour avec une
connaissance dans l’équipe et de nouveaux visages encore inconnu.

Le championnat de Singapour est un système de franchise un peu comme en NBA ou il y a pas descente. Une personne qui a un
certain montant et un projet fiable peut proposer à la ligue d’ouvrir un club, d’où le projet d’un français de l’Etoile FC. L’idée était d’avoir une équipe 100% française. Une fois sur place, on
arrive avec du retard par rapport aux autres équipes et leur préparation. On est tout d’abord parti en Thaïlande pour une dizaine de jours. Au niveau des installations, j’ai dû passer plus d’un
mois à l’hôtel avant de trouver un appartement. Au niveau des résultats, on enchaine les matchs et les bons résultats sans trop de problème.

– Comment se passe la saison avec cette équipe 100% Frenchis? Décrit nous le niveau du
championnat. 

La saison se déroule bien, le groupe d’une moyenne d’âge assez jeune vit dans la bonne humeur. Au niveau des résultats
jusqu’en juin tout se passe très bien, on était premier avec pas mal de points d’avance. Au niveau du championnat, il y a douze équipes aujourd’hui (14 il y a deux ans), on a le droit à cinq
étrangers par équipe même si l’Etoile FC était à part comme une équipe Japonaise. Sur le niveau, avec le nombre d’étrangers, le niveau est très intéressant malgré le climat qui impose un rythme
différent qu’en Europe. Les efforts sont vraiment importants avec la chaleur et l’humidité mais avec les Asiatiques qui ont un physique moins important, ce sont des joueurs très très vifs.


– Aujourd’hui, on te retrouve dans un autre club du championnat, le Tanjong Pagar United FC. Comment
se passe ton aventure dans ce nouveau club? Il y a d’ailleurs une autre communauté française au sein du club.

Après l’aventure Etoile FC, je me suis retrouvé en janvier 2012 sans club mais j’ai préféré revenir au Puy Foot 43 pour
garder le rythme et revenir à Singapour pendant la trêve au mois de Juin car la saison commence en février et va finir début novembre dû à la saison des pluies. Je rentre en espérant revenir à
Singapour mais on apprend que l’aventure ne reprendra pas… Dans mon département, il y a eu de nombreux footballeurs qui ont grandi comme Govou, Perbet, etc… Quand je me suis retrouvé sans
club et avec l’envie de rejouer au plus vite, j’ai reçu un appel de Sidney Govou que je connaissais un peu et qui est venu me proposer son aide avec des agents pour retrouver son club. Ce qui
m’étonne, c’est quand on voit sa carrière, il n’avait rien à gagner avec moi. C’est vraiment une personne bien qui a souvent reçu une mauvaise image par les médias, mais c’est bien lui qui est
venu proposer son aide.

J’ai eu une opportunité de partir à l’essai en suisse en deuxième division pour dix jours, mais il y a eu aucun accord
financier. J’avais vraiment l’intention de repartir à Singapour, donc j’ai préféré revenir vers chez moi pour garder la forme. Je retourne au mois de juin à Singapour avec des contacts avec
certains clubs dont Tanjong Pagar. Au bout de dix jours d’entrainement, j’ai signé un contrat de six mois. Avant l’arrivée du coach français, on était quatre étrangers plus des joueurs locaux
mais j’étais le seul frenchi du club. C’est un club qui est assez récent, on a véçu une fin de saison difficile mais le club a souhaité me conserver à l’inverse des autres étrangers. J’ai donc
reçu un contrat de deux ans jusqu’en 2014. 

Après ma signature au mois de juin, le manager de l’époque avait déjà commencé à me parler de l’arrivée d’un coach
français. Il était entraineur de l’Etoile FC en 2010 avant mon arrivée au club. Automatiquement, j’ai reçu de bons retours et vers mi-novembre 2012, j’apprends que Patrick Valet était le nouveau
coach de Tanjong Pagar. Cette nouvelle me fait plaisir surtout de retrouver les méthodes françaises qui sont très différentes qu’en Asie notamment. Lors de son arrivée, il ramène avec lui quatre
joueurs français. En plus de ses joueurs, Monsef Zerka est venu rejoindre notre effectif. Il a vraiment un parcours en France qui est assez impressionnant. Des passages en France, en Grèce, en
MLS, en Roumanie etc… Aujourd’hui, il est avec nous pour au moins un an.

– Singapour, c’est une ville et douze équipes, ça fait quoi de jouer un derby à chaque match ?

(Rires) C’est vraiment spécial car ça représente des déplacements de « district » en France. Singapour fait la taille d’un
département français, y a 12 équipes sur une île donc il y a pas de gros déplacements. Il y a deux équipes à l’étranger dont une en Malaisie et une qui est un état, le Sultana de Brunei qui est à
deux heures d’avion. Pour le reste, c’est à moins de vingt-cinq minutes.

 

– Est-ce que les principes d’entraînement et l’intensité sont les mêmes quand France?

Non pas vraiment, rien que le climat, les horaires d’entrainements sont le matin pour éviter la chaleur, c’est différent.
On fait beaucoup de jeu ce qui reste assez plaisant. Sur le principe, il y très peu de différence avec la France, c’est surtout le climat qui fait la différence au niveau du rythme et de
l’intensité des entrainements.

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– Quel est l’objectif du club pour cette saison ?

L’objectif du club est déjà atteint. Cette année avec ses 12 équipes, la Ligue a mis en place un système de play-offs avec
des matchs aller-retour en deux poules de six équipes. Avec l’arrivée de bons joueurs locaux plus des joueurs étrangers, on a fait une bonne partie de la saison en haut de tableau. Aujourd’hui,
on est déjà certain d’être dans le top 6 pour les play-offs qui sont pour nous un bonus. 

– Aujourd’hui tu as 25 ans, un retour en France c’est envisageable ?

Oui pourquoi pas, après tout dépendra des conditions car je suis à Singapour depuis trois ans. C’est agréable, au niveau
du football ça me plaît aussi, et puis les temps sont durs en France. Pourquoi pas à l’avenir, mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité. Pour le moment il me reste un an sur mon contrat et on
verra s’il y a des opportunités. 

– Le football asiatique, c’est le futur ?

Non, même s’il y a beaucoup de joueurs-coachs étrangers notamment en Thailande, ils essayent de se développer mais il y a
encore un retard important avec le Japon notamment. Le Japon n’a presque rien à envier à certains clubs de Ligue 1 vu le niveau du championnat. Après la Chine ça reste inférieur même si ça reste
attirant comme la Corée du Sud, la Thailande etc… Alors de là à être le futur non, car il y a aura à un moment des questions de problème financier si ce n’est pas déjà le cas. 

– Tiens, raconte nous un peu ta semaine type de footballeur pro.

Tout dépend des semaines car en Europe les matchs sont programmés le week-end la plupart du temps mais ici, il y a un
match chaque soir, c’est assez bizarre car ça change la plupart du temps. Si on joue samedi soir, il y aura des entrainements quasiment chaque matin sauf la veille de match. Personnellement, je
vis pas très loin du stade et du centre ville donc je peux profiter pleinement de mon temps libre qui se résume à du repos, beaucoup de repos. 

– Tu as toujours été défenseur ou tu as commencé attaquant comme beaucoup ?

(rires) Au tout début on va dire, en débutant dans un tout petit club de village. Par la suite, je suis vite devenu un
joueur défensif et notamment un défenseur central jusqu’à aujourd’hui. 

 – T’as des anecdotes marrantes à nous raconter ?

(il réfléchit) C’est pas simple à trouver, mais je vais dire le fait d’avoir une voiture à Singapour. Ici, avoir une
voiture c’est limite impossible, c’est incomparable avec la France. A Singapour, un véhicule comme une Clio coûte trois fois plus cher qu’en Europe sans prendre en compte les taxes, ça revient à
une Clio à 60.000 euros (rires) ! Autre détail, il y a pas de retraite à Singapour. Par exemple, on peut voir une personne de 80 ans comme employé au Mcdo sans que ça pose un problème. Ce n’est
pas l’anecdote la plus marrante c’est certain (rires).

– Finalement, tu ne regrettes pas ton parcours ? 

Non pas du tout, je pense même que ça m’a forgé un caractère différent des joueurs qui sortent de centre de formation. Je
me suis jamais imaginer ce que je fais maintenant donc je me pose aucune question. J’ai la chance d’avoir encore un an de contrat donc j’évite de m’endormir sur mes loriers tout en essayant de
prolonger l’aventure car c’est une chance qu’on a de vivre de sa passion. Quand on m’a connu, j’avais commencé le monde du travail et que le football était ma passion, mon petit plus à côté. Je
pense aussi que l’histoire de l’Etoile est un facteur de mon caractère, ça m’a forcé à me remettre au boulôt et revenir déterminé avec un mental d’acier. Quand on signe un contrat de six mois, il
faut prouver très vite et aujourd’hui, ça me motive à travailler chaque jour pour pas que mon aventure s’arrête.

Propos recueillis par Benyahia
Ali.

 

En partenariat avec le site ManCity.fr, on vous propose une interview exclusive avec Ousmane Dabo, ancien joueur de
Manchester City durant la période 2006-2008, pour nous parler du Derby de Manchester à quelques heures du coup d’envoi de la rencontre.

Comment sentez-vous ce Derby qui se profile ?

J’imagine un très gros match, très équilibré. Ça va être un match vraiment plaisant à voir je pense. Deux grandes équipes
vont s’affronter et le spectacle sera au rendez-vous je pense.

Comment les joueurs étrangers comme vous vivent-ils le derby de Manchester ?

On est rempli de curiosité en fait. Quand je jouais, ce genre de choses faisait partie des moments incontournables de la
saison. Les derbys de Manchester sont uniques, au même titre que ceux de Milan ou de Rome. Ce sont des moments juste extraordinaires dans nos carrières. Tous les footballeurs rêvent de jouer ces
matchs-là. 

Vous sentez-vous vraiment impliqués par l’importance locale de ce match, même si vous venez d’autres
horizons que celui où vous évoluez ?

Mais bien sûr ! Quand tu arrives dans de tels clubs, tu es imprégné de l’ambiance, de la rivalité. Tout le monde te fait
sentir la pression, tout te fait ressentir l’importance de ce match. Ça te « contamine » en quelques sortes.

Quels sont pour vous les clefs du match de ce Derby de Manchester ?

Les clés du match ? Les deux défenses sans hésitations. Celle qui arrivera le mieux à contenir les offensive adverse
remportera la bataille, je pense. Malgré les points forts des deux équipes en attaque, c’est vraiment la défense qui va faire la différence. 

Selon, vous, quels sont les points forts et faibles des deux équipes de Manchester?

(Rires). Des points faibles ? Je ne vois aucun point faibles à ces deux équipes qui se valent vraiment. De n’importe quel
côté, il y a un tas de joueurs extraordinaires, tous ou presque internationaux. Franchement, j’ai du mal à trouver un véritable point faible a de telles équipes.

 

Quel est votre pronostique pour le Derby ?

C’est City qui reçoit… Moi je vois plutôt un match nul quand même. Le match va être vraiment équilibrer, c’est difficile
de deviner le résultat. Mais je vois le match nul.

Quelles sont pour vous, les deux joueurs clés de chaque côté ? Et pourquoi ?

Alors, pour City, c’est Yaya Touré, indiscutablement. C’est vraiment l’homme à tout faire de l’équipe, il sait tout faire.
Personnellement, c’est le genre de joueur que j’admire énormément et que j’adorais avoir dans mon équipe. De l’autre côté, à United, je dirais Rooney, on le connait tous. C’est le genre de mecs
qui tire une équipe vers le haut, qui font jouer les autres. Dis-on que ce sont les deux joueurs que j’admire le plus au sein des deux équipes.

Pensez-vous, que City a commis une erreur en ne signant pas Robin Van Persie ?

Je ne sais pas si c’est une erreur à proprement parlé. C’est peut-être Van Persie qui a fait son choix entre les deux
clubs. Mais je crois savoir qu’ils l’ont courtisé au maximum donc c’est difficile de parler d’erreurs quand deux clubs sont aussi intéressés. Je ne pense que ce soit une erreur des gestionnaires.
Aussi, avec des joueurs comme Balotelli, Agüero, Tévez, Dzeko… (Rires).C’est largement du niveau de Van Persie quoi. Moi je pense que c’est plus United qui avait besoin de Van Persie que City
de ce même joueur. 

 

Oui, énormément. City va avoir un sérieux avantage par rapport à United. Ils vont avoir beaucoup plus de repos sur la
saison. C’est le genre de choses importantes sur une année, surtout dans le championnat anglais qui demande beaucoup physiquement. Une saison sans trêve, comme c’est le cas en Premier League
demande une capacité physique énorme. Oui, ça va compter énormément, c’est clair.

Pensez-vous que l’élimination du club en Ligue des Champions va jouer un rôle sur le suite de la saison
? A l’heure H, qui vous semble le plus armer pour remporter le championnat ? City ou United ?

Justement, grâce à la Ligue des Champions, je vois plus City tout de même. Paradoxalement, les Citizens sont avantagés par
l’élimination européenne et ils vont donc en profiter. Ils n’ont l’objectif Ligue des Champions qui peut te prendre beaucoup d’énergie. A mon avis, ça va être un bien pour eux d’être éliminé pour
gagner le championnat. Ils vont être plus frais et n’ont plus que ça (et la Cup pourquoi pas) pour réussir leur saison.

Croyez-vous que cette équipe de City à la force de se transcender pour un match comme le derby ?

Oui je pense. C’est parce qu’ils viennent d’un moment difficile qu’ils doivent réagir. C’est sûrement le tournant de la
saison et dans des contextes comme ça, c’est les grands joueurs qui font la différence. J’attends un gros match.

 

Etes-vous inquiet à propos du jeu montré par City depuis la début de la saison ?

Non, pas du tout, je n’ai pas peur, je ne suis pas inquiet. Même s’ils ne jouent pas hyper bien, c’est vraiment une belle
occasion de faire une belle prestation et que montrer leur vrai niveau de jeu.

Remerciement à Mancity.fr pour leur collaboration. 

 

Azdine Aigoun est un des nouveaux visages du futsal français. Joueur de futsal depuis seulement trois ans, il a connu une
ascension impressionnante et fait désormais partie de l’équipe de France de Futsal. Après un passage au Paris Métropole, il débarque cette saison au Kremlin-Bicêtre  pour continuer de
progresser et gagner des titres. Entretien avec la nouvelle recrue du KB Futsal.

Artn’sport : Bonjour Azdine, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Azdine Aigoun, joueur du Kremlin-Bicêtre en région parisienne et joueur de l’équipe de France de Futsal depuis un
an.

Artn’sport : Comment es-tu arrivé au Futsal ?

Un ami à moi à créer un club dans mon quartier, j’ai fait une année dans ce club et par ce biais j’ai découvert qu’il y
avait un championnat de France. Du coup l’année suivante j’ai rejoint une équipe de ce championnat et en un an j’ai réussi à aller en équipe de France grâce notamment au club et à l’entraineur
(NDLR : Marcelo Serpa) avec qui je suis resté deux ans et qui techniquement m’a appris plus que certain qui font du futsal depuis 10 ans !

Artn’sport : Que penses-tu du niveau de la France par rapport aux autres nations ?

On a un peu de retard, même beaucoup parce que la formation en France est encore faible. En équipe de France, on a encore
le statut d’amateur. L’Espagne à côté c’est carrément autre chose.

Artn’sport : Et le niveau du Championnat de France ? 

Les deux dernières années, seules quelques équipes se détachaient et cette année c’est vraiment équilibré. Bien sûr, il y
a les équipes annoncées fortes et il y a les équipes qui travaillent depuis deux ans, qui amènent des coachs étrangers, des joueurs espagnols et qui commencent à bien progresser et qui
s’accrochent aux gros. Ça donne un championnat plus équilibré, plus intéressant.

Artn’sport : Crois-tu en la professionnalisation du Futsal ? Que manque-t-il à ce sport pour qu’il se
professionnalise ?

À court terme, la politique de la fédération va permettre de faire avancer la professionnalisation. On espère nous une
médiatisation qui ne s’arrête pas aux finales de championnats et de coupes. Déjà on nous avait promis la diffusion sur France 4 de la finale, ça ne sait pas fait, mais peut être que cette année
cela se fera. En France, il manque beaucoup de formations, car il y a encore trop d’écarts entre certains clubs. Il ne faut pas voir ce sport comme un sport de quartier, mais vraiment comme un
sport  spectaculaire et dynamique. La fédération met tout en œuvre pour relever le niveau et professionnaliser le futsal.

Artn’Sport : Le futsal est-il sous médiatisé selon toi ? Pour quelles raisons ?

Bien sûr que le futsal est sous médiatisé. Il faudrait que l’équipe nationale se qualifie pour les compétitions
européennes pour pouvoir être diffusé à la télévision, à l’image de l’équipe de France féminine de football qui à l’époque n’était pas médiatisé, mais grâce aux résultats elle a explosé. On
espère le même sort. Pour que cela soit médiatisé, il faut aussi un niveau élevé parce que si on voit des peintres sur le terrain ce n’est pas intéressant agréable à regarder.

Artn’Sport : Selon toi, quelles sont les qualités d’un bon joueur de futsal ?

Il faut être rapide, vif, savoir attaquer et défendre et être rigoureux tactiquement. 

Artn’Sport : Es-tu engagé dans le Futsal autrement qu’en tant que joueur ?

En tant qu’éducateur au Kremlin-Bicêtre, j’ai en charge une équipe féminine.

 

Le KB FUTSAL

Artn’Sport : Le KB construit une grosse équipe avec des internationaux français notamment :
pensez-vous pouvoir être capable de lutter pour le titre face au Sporting notamment ?

Le premier objectif est de terminer premier. Si ce n’est pas possible, on fera tout pour terminer dans les six premiers
pour rester en première division la saison prochaine. Pour jouer le titre, il faut éviter de perdre des points. On en a déjà perdu quelques-uns, on est un peu mal parti, mais l’arrivée du nouveau
coach espagnol va surement nous faire progresser. Le Sporting c’est un club bien structuré, il a une filière de recrutement basé sur les Brésiliens, mais pour les avoir joués, je sais qu’ils ne
sont pas imbattables. A chaque fois, cela se joue à des détails et leurs joueurs d’expériences font la différence. Il y a de plus en plus d’équipes fortes maintenant dans ce championnat et ça
donne plus d’intérêt au championnat pour les joueurs, mais aussi les spectateurs.

Art’n Sport : As-tu déjà eu envie d’aller jouer à l’étranger ? En Espagne par
exemple ?

Oui. Par le biais de mon ancien entraineur Marcelo Serpa, j’en ai parlé avec lui. S’il y a possibilités, j’irais, mais je
sais que si je dois y aller on me fera une proposition par mon ancien entraineur ou par des  connaissances que je me suis faite lors de compétitions. C’est toujours bien dans une carrière
d’aller jouer dans des pays ou c’est professionnel et tu joues avec des joueurs à l’entrainement ou tu es obligé de progresser à chaque fois.

Artn’Sport : Dernière question, un pronostic sur le Championnat de France de futsal cette
année ?

A mon avis, le champion de France ce ne sera pas le Sporting. Je les vois terminé premier de leur poule, mais pas
champion. Cela devrait se jouer entre Erdre, le KB et le Paris Métropole. Le FC Erdre a une grosse équipe, ils ont quelques joueurs espagnols de qualité, il faut les mettre dans les favoris.
Niveau effectif, le KB Futsal et le FC Erdre sont devants. Le KB est en pleine construction alors qu’Erdre travaille dans la continuité depuis plusieurs années.

Retrouvez l’équipe de France de Futsal  le 24-25 Octobre face à la Biélorussie à Angers.

 

Propos recueillis par Baptiste Duprat

Il est tout simplement le cerveau caché du FC Barcelone. Laurent Colette, 49 ans et originaire de Besançon est l’une des
personnes les plus importantes au sein du club catalan. Ce Français au parcours assez curieux est aujourd’hui le directeur marketing du club. Je le remercie encore pour cette interview très
intéressante et je vous dis bonne lecture.

 

Artnsport : Bonjour Laurent, merci d’avoir accepté notre interview. Tout d’abord avant de
commencer, pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?

Laurent Colette : Laurent Colette, 49 ans, citoyen français en Espagne depuis une vingtaine d’années,
séparé, deux enfants, au Barça pour la deuxième fois accumulant pratiquement cinq ans d’expérience dans ce club.

Depuis vos études à Lyon jusqu’à aujourd’hui, quel est votre parcours et comment
êtes-vous devenu Directeur marketing du FC Barcelone ? 

Diplômé de l’EM Lyon, je suis passé par différentes entreprises avant d’être le Directeur marketing de l’équipe du FC
Barcelone. En 1991, je travaillais dans une entreprise alimentaire. En 1996, j’ai été embauché par Nike Espagne et Portugal pour être le Directeur marketing de la péninsule
ibérique. C’est à cette époque que j’ai connu Sandro Rosell, l’actuel Président du Barça, avec qui je travaille aujourd’hui. C’est une histoire d’amitié qui nous lie depuis. On a
gardé contact, on a travaillé ensemble puis il m’a sollicité pour l’aider, comme ce fût le cas en 2003. C’était alors ma première expérience au Barça en tant que Directeur
d’exploitation. J’ai rejoint le club une seconde fois en 2010, quand il en est devenu le Président.

Concrètement, quel est le rôle d’un directeur marketing au sein d’un club de football ?

Concrètement il y a deux axes. Un premier axe plutôt marketing  »pur », c’est-à-dire développer la
marque Barça. Le football étant un spectacle regardé sur les cinq continents, il nous faut consolider la marque au niveau mondial. Il faut s’assurer de ne pas faire de bêtise. Le
deuxième axe est plutôt commercial et, dans mon cas, faire rentrer les deux tiers du budget du club à travers la gestion de l’exploitation comme la billetterie, les entrées  »VIP » et toutes les
ventes qu’un match fait découler jusqu’à la recherche de sponsor.

A quoi ressemble une journée dans la peau de Laurent Colette ?

C’est une journée très active, douze heures par jour (9h-21h). C’est beaucoup de réunion, peut-être trop. Il faut être sur
différents fronts comme dans un spectacle d’acrobaties chinoises où des assiettes doivent constamment tourner. Le meneur de ce numéro va toujours vers l’assiette qui est sur le point de
tomber, il y a toujours plein de choses sur le feu. Le défi c’est, en même temps, de gérer ces tas de choses et d’avoir le temps et la distance pour penser à d’autres choses plus conceptuelles et
plus orientée sur le long terme. C’est très électrique, très varié, à la fois national et international, à la fois business et marque, un travail en équipe et avec des gens extérieurs.

Avec la dette du club et l’arrivée de Qatar Fondation, un accord pour le sponsoring était
une nécessité économique ?

Oui tout à fait. Quand Sandro Rosell est arrivé en 2010 à la présidence du club, les comptes n’étaient pas vraiment
brillants. Il était absolument nécessaire, si on voulait s’assurer le futur sportif qu’on mérite, c’est-à-dire de jouer dans la cour des grands, de s’assurer un niveau de rentrée d’argent
suffisant pour faire face à la réduction de la dette et aux prochains investissements tant au niveau des joueurs, de l’immobilier, de la rénovation, de la maintenance, etc… C’est ce qui fait la
vie d’un club.

Depuis votre arrivée au sein du FC Barcelone, quel est votre plus beau souvenir ?

J’aimerais bien que mon plus beau rêve économique soit à venir car quand on travaille pour le Barça, on travaille pour
l’avenir et on sème des idées qu’on espère fleuries d’ici quelques années. Je ne vais pas commencer à me taper sur le ventre en me disant « oh qu’est ce que c’est bien ce que j’ai fait ». Mon
objectif est de faire mieux chaque fois et, qu’un beau jour, la personne qui viendra après moi dise  »Oh bah Laurent Colette n’a pas fait du mauvais travail ».

Niveau sportif, je crois qu’on a vécu ces dernières années de très grands moments comme le 5-0 contre le Real Madrid.
C’est un souvenir inoubliable comme la finale de Wembley ou certains autres matchs où on a vraiment proposé une avalanche de très beau jeu. Le plaisir et le privilège qu’on a, c’est de voir
une équipe qui a une façon de jouer très agréable et très travaillée. Ce n’est pas facile du tout mais le rendu est magnifique donc c’est vraiment de la jouissance et du plaisir que de voir jouer
l’équipe. 

Quelle est l’importance d’un joueur comme Messi dans le marketing du Barça ?

Alors nous d’abord, et personne ne dira le contraire, Messi est le meilleur joueur du monde. Ceci dit, le Barça est un
collectif, Messi est l’expression du jeu collectif du Barça. Il le dit lui-même, grâce à ses partenaires qui lui donnent de bons ballons et son sens de la finition. Il sait se positionner, il est
malin. Avec ça, il arrive à des performances astronomiques. C’est un joueur formé au club, très collectif, ce n’est pas du tout une star dans le sens  »moi moi moi ». Non non, il sait qu’il fait
partie d’un collectif. Il est exceptionnel comme le sont d’autres joueurs, c’est pour ça que le club est arrivé au sommet ces dernières années. C’est une grande chance d’avoir Lionel Messi
puisqu’il représente beaucoup des valeurs du club comme l’humilité, la formation, le goût de l’effort etc.

D’après vous, l’identité d’un club familial a-t-elle une réelle importance à vos yeux ?

Je ne sais pas si on peut appeler le FC Barcelone un club familial. C’est un club propriétaire de ses 175.000 socios.
Je préfère vous dire que c’est un club démocratique plus que familial mais, à chaque fois qu’il y a une démocratie, c’est plus sain, ça rapproche les gens, les joueurs sont aussi plus proches. Il
y a des devoirs et des obligations. On est obligé d’expliquer à nos propriétaires où on va et ce qu’on fait. Il y a des élections tous les six ans, c’est une certaine manière de bien
travailler parce qu’on n’est pas comme un club propriétaire d’un seul milliardaire qui arrive et qui peut partir du jour au lendemain. Ca donne aussi de la stabilité et puis ça évite d’avoir des
mouvements économiques incompris. On est un peu comme une association qui réinvestit les bénéfices pour l’activité du club et ça c’est très sain. Ce sont les bons côtés de la démocratie.

Quel est votre relation avec Sandro Rosell ? 

On a toujours été très ami, maintenant il est Président. On a une relation de confiance. Je reporte à un Directeur général
qui lui reporte à moi. Mais, ceci dit, quand on se croise dans les couloirs ou s’il y a un sujet important à aborder, on se comprend en une minute. Il sait que je ne vais pas l’embobiner, que je
ne vais pas lui raconter des salades ni lui prendre vingt minutes de son temps pour des bêtises. Quand je l’appelle, c’est que c’est urgent. Il sait très bien que la moyenne de mon appel sera de
trente à quarante-cinq secondes parce que je lui exposerai un sujet et je lui présenterai les options. Donc c’est une relation de confiance au bon sens du terme.

Avez-vous un club de coeur ?

Quand j’étais petit, j’habitais à Besançon donc mon club de cœur a toujours été Sochaux même si il y a le Barça pour
qui j’avais beaucoup d’admiration. Quand j’étais petit, les clubs français n’étaient pas à a hauteur du club catalan donc il y avait pour moi deux niveaux : le club au niveau français et le
club au niveau international, avec le FC Barcelone, qui était capable d’aller très loin dans les compétitions européennes. J’ai toujours eu cette dichotomie mais je garde toujours une
affection au club de mon enfance. Je suis leurs résultats, je suis très content qu’il se maintienne cette année après un bon finish. Ca m’a fait plaisir, c’est quand même le club qui ma fait
découvrir le football et ça ne s’oublie pas.

Que pensez-vous du fair-play financier que Michel Platini souhaite instaurer ?

Nous, c’est quelque chose qu’on applique déjà. Quand Sandro Rosell est arrivé en 2010, il y avait une grosse dette. Il
s’agit de la réduire et ce n’est pas si compliqué à penser, c’est pareil que l’économie d’une famille. A partir du moment où il y a un peu trop d’endettement, il faut commencer à desserrer
les taux sinon vous hypothéquez. Une famille qui est trop endettée ne pourra pas partir en vacances ou renouveler la voiture mais si par contre l’endettement est raisonnable, elle peut voir
l’avenir avec un oeil plus serein.

Vous êtes sous contrat avec le club jusqu’en 2016, quel est votre objectif pour la suite ?

Jusqu’en 2016, c’est de réaliser les objectifs du club et de transmettre les objectifs les plus raisonnables et ambitieux
pour mon département. C’est aussi de contribuer à que ce club soit l’un des meilleurs clubs au monde ou le meilleur du monde. C’est toute une chaîne, c’est un travail d’équipe, ce que je fais moi
aide mes collègues mais mes collègues m’aident aussi. On est tous ensemble, il s’agit de faire équipe et de ramer dans le même sens. Si on pourra en 2016 faire ce constat, c’est qu’on aura bien
travaillé, qu’on aura pu développer un certain nombre de projets. Si on a avancé avec les chiffres ou les concepts sur le papier en disant clairement les progrès qu’on a fait, on sera content.
Mon but est de mettre mon modeste talent au service de la collectivité et que tout ça nous permette de progresser. 

Que pensez-vous du développement du PSG depuis l’arrivée des Qataris ? 

Je n’ai pas l’occasion de suivre de près ce que fait le Paris Saint-Germain donc je ne peux pas émettre de jugement. J’ai
suffisamment de travail (rire) avec ce que je fais et quand je rentre à la maison j’ai envie de dédier un peu de temps à ma famille. Je ne peux pas et je suis personne pour émettre un jugement
sur d’autres clubs. Tout ce que je peux dire, c’est bien que le Paris Saint-Germain ait de l’ambition, c’est bien qu’il ait envie de viser haut et je pense que c’est un projet qui ira loin. Bien
sur, comme toujours dans le football, rien n’est fait, rien n’est écrit il faut travailler et se remettre sans arrêt à l’ouvrage. Mais qu’on a de l’ambition, quand on y met les moyens c’est déjà
une première étape et je leur souhaite que le meilleur. 

Quel est le bilan digital du club pour la saison 2011/2012 ?

On est encore en phase initiale quand on voit le sens de l’histoire, le développement des réseaux sociaux, d’Internet, des
applications. Ce qu’on fait en ce moment, quand on le comparera à ce qui se fera dans 10 ans, sera très petit. Donc on est en phase décollage, en phase d’analyse, en phase expérimentale. Il faut
être toujours plus ambitieux, gagner en expérience, essayer d’être concentré sur les meilleurs objectifs.

Avec plus de 30 millions de fans Facebook, comment ne pas tomber dans la caricature d’une course aux
fans ? Comment fidéliser et surtout faire interagir une si grande communauté ?

D’abord 30 millions de fans ce n’est pas beaucoup quand on les compare aux études de marché qui nous donnent plus de 350
millions de fans. On ne fait pas une course aux fans, ce n’est pas du superficiel. Je crois que ça reflète l’engouement que crée le club dans des pays qui ne sont pas des puissances
footballistiques comme l’Indonésie qui est notre pays numéro 1 sur Facebook. C’est une manière de nous relier avec nos fans les plus éloignés. Il est important d’avoir ce lien, de créer une
interactivité pour que le fan d’Indonesie, d’Argentine ou du Canada reçoive « l’imput » du club, que son lien se renforce. Le football, c’est une histoire d’amour, de passion et de sentiment et ça
s’entretient. Quand vous avez un bon copain ça vient tout seul de l’appeler et de l’inviter à dîner, nous c’est un peu pareil on pense qu’on a une relation très forte avec nos fans donc on essaye
de la préserver et de l’alimenter.

Comment un club de football peut-il inclure l’émergence du multitasking dans sa stratégie ? Quels
rôles ont à jouer les diffuseurs et la Fédération espagnole voire l’UEFA?

Oui cela fait partie des règles du jeu. On sait très bien que l’UEFA a ses règles pour la Ligue des Champions. Evidemment,
cela peut poser problème car ils ont leurs propres sponsors. Nos sponsors doivent être cachés le jour des matchs mais c’est la règle du jeu on le sait et grâce à ça, la Ligue des champions se
fait grande. Il faut essayer de tout voir positivement, je crois qu’on est plusieurs acteurs dans le même bateau et il faut que ce bateau aille dans la même direction, qu’on essaye d’intégrer ce
que font les autres. On a notre voix à défendre quand notre club est représenté dans les hautes instances, donc on essaye de se faire entendre et d’améliorer notre position.

Quelle place occupe l’Asie dans la stratégie digitale du club ? Quels sont les autres marchés
porteurs ?

Alors l’Asie est incontestablement un marché porteur. Il y a, par exemple, plus de fans du FC Barcelone en Chine qu’en
Europe ou plus de fans en Asie qu’en Europe et en Amérique confondus. Par la loi du volume, on est encore en phase de développement mais l’Asie devient très importante. Donc à partir du moment
où vous avez tant de fans là-bas, il faut garder le contact, l’alimenter. Si vous êtes capable de créer un lien mercantile avec ces fans, cela peut devenir rapidement intéressant.
L’Asie est un marché en croissance très important pour demain.

Le Barça a des valeurs qui lui sont chères et qui sont reconnues dans la société. Maintenant, quel rôle
le club a-t-il à jouer dans le domaine du digital et quel est son positionnement ?

Notre rôle est de créer une interactivité avec nos fans et de leur transmettre la réalité du club, nos valeurs, leur faire
partager nos projets, tout ce qui arrive pour les gens qui n’ont pas le journal du coin qui leur parlera du Barça comme les Barcelonais pour mieux connaître leur club et avoir leur fidélité
renforcée. Notre positionnement c’est de transmettre les valeurs du club à travers ses nouveaux outils qui seront demain plus fort que la télévision.

Avez-vous une dernière phrase pour les fans du football et du FC Barcelone ?

Je dirais surtout que si votre article est en langue française, nous allons ouvrir une page web en Français. Les fans
sont là où ils sont et on essaye de communiquer avec eux car on pense avoir un positionnement de club solide. On espère le conserver pendant de nombreuses années et apporter à ces fans de la
joie comme ils ont eu ces dernières années.

 

Propos recueillis par Benyahia Ali. 

Remerciement à François Brancaleoni et son site web -> http://marketingdigital-football.com/

On observe souvent des joueurs qu’on considère comme des espoirs du football par leur talent et leur potentiel. Malgré ses
deux atouts, il suffit d’une simple blessure ou de mauvais conseils pour qu’une carrière tombe à l’eau. Et pourtant, il y a des joueurs au mental d’acier, des joueurs qui ne baisseront jamais les
bras. C’est le cas de Wesley Baheng. De Newcastle au Blanc-Mesnil, il aura tout vécu à seulement 22 ans. Aujourd’hui à l’essai dans un club de Ligue 2, il pourrait retrouver le plus haut niveau
très rapidement. 

– Bonjour Wesley, merci d’avoir accepté notre interview. Tout d’abord avant de commencer, peux-tu te
présenter rapidement à nos lecteurs.

 Wesley Baheng, 22 ans, franco-camerounais, je suis
attaquant et je peux aussi évoluer au poste de milieu gauche.

– Tu effectues tes débuts dans le football au club de ta ville à Blanc-Mesnil SF, club qui a
formé Jonathan Babiany. Quels souvenirs gardes-tu de ton enfance dans ce club?

 

 Je garde un très bref souvenir car
j’ai eu ma première licence à l’âge de 8 ans et je suis parti très vite au Havre à seulement 10 ans. Par contre, je suis resté en contact régulier avec mes premiers dirigeants.

– Par la suite, tu rejoins le centre de formation du Havre AC et tu y restes près de 7 ans. A ce
moment-là, tu voulais déjà devenir footballeur professionnel? Comment se déroule ta formation ? 

 

C’est aller très vite pour moi. Sportivement parlant, j’ai souvent été parmi les meilleurs de ma génération et j’ai eu un
comportement exemplaire tout au long de ma formation ce qui ma permit d’avoir de
 très bonnes relations avec les dirigeants du HAC. Oui bien sur, je rêvais d’être professionnel, on nous a fait comprendre que
tout le travail fourni par le club pour les jeunes était
 aussi pour que certains finissent dans le groupe pro un jour.

– A 17 ans, le club te propose un contrat stagiaire pro de 3 000 €. Mais tu refuses. Pourquoi ce
choix? De meilleures propositions à l’époque ou de mauvais conseils?  

Le club m’a proposé un contrat stagiaire mais un évènement inattendu a provoqué ce choix. En effet, je suis
parti
 illégalement à Bolton pendant 3 jours, j’ai était très mal conseillé, les agents avec qui je travaillais m’avaient certifié
que le HAC et
 Bolton étaient d’accord donc je suis parti sans me poser la moindre question. En étant à Bolton j’envoyais des messages à mes amis du HAC sans
cacher quoi que ce soit.

– Ensuite, tu passes un essai dans le club prestigieux de l’Ajax Amsterdam mais tu décides
en août 2007 de signer à Newcastle un contrat pro de trois ans, « d’environ 10000 € par mois »  entraîné par Sam Allardyce que tu avais rencontré
à… Bolton. J’imagine qu’à ce moment-là, tu n’a pas hésité une seule seconde. 

Oui le mercato était pratiquement fini, Sam Allardyce qui avait apprécié mon jeu à Bolton avait signé a Newcastle et il a souhaité que je signe la bas. C’est aller très vite, c’était trop beau.. Qui aurait refusé un contrat pro
offert par
 Newcastle ? je n’avais pas encore 18 ans et me voilà avec dans l’effectif avec de grands joueurs.

– Que penses-tu des Magpies, de sa formation, de leur saison et de leurs infrastructures?
Comment s’est déroulé ton adaptation ? 

C’est vraiment un très grand club, tout est réuni pour être en confiance, pour se sentir à l’aise. Au niveau de la
formation, c’est un club qui cherche à développer leur centre de formation sainement. Les infrastructures sont vraiment bien, aucun joueur ne peut se plaindre dans ce club.

– Malheureusement, tu subit une grave blessure au ligament qui te laissa indisponible un long
moment et qui sera le début de blessures à répétition qui vont t’empêcher de disputer le moindre match professionnel. Malgré tout, quels souvenirs gardes-tu de ce passage
à Newcastle avec la réserve ?

Les blessures ont vraiment freiné mon évolution, je suis certain que sans blessures,
je serai en premier
 league aujourd’hui. J’ai fini meilleur buteur en réserve, j’ai joué contre de très bons joueurs tels que Gary Neville, Wes Brown etc… donc je garde vraiment un bon
souvenir, j’ai
 énormément appris pendant mes années la bas. 

– A partir de ce moment-là, ta carrière est en chute libre avec de nombreux essais non concluant. D’après
toi, pourquoi as-tu enchaîné autant de clubs dans un aussi court délai sans aucune réussite ? 

 C’est simple, je suis allé faire des
essais la ou on n’avait pas spécialement besoin de moi, je me suis
 précipité alors que mon parcours avait de quoi plaire…

– Lors de ce passage à vide, tu signes avec Hereford United en Ligue One(D3) avec un
contrat « par semaine ». Tu peux nous en dire sur ton contrat plutôt  »étonnant ».

C’était un contrat renouvelable chaque vendredi, tout dépendait donc de la volonté du coach. Je conseille ce type de
contrat à personne.

– Pour garder le rythme, tu décides de revenir jouer avec ton club d’enfance
le Blanc-Mesnil SF. Aujourd’hui, quelle est ta situation? Est-ce qu’on pourrait bientôt te revoir au plus haut niveau ?
Oui j’ai fait un choix très courageux, revenir dans le foot amateur pour me relancer. J’ai toujours
les mêmes ambitions et oui on me reverra au plus haut niveau, je n’ai pas de doute à ce niveau-là, je cherche à rebondir dans un club de national (interview réalisée mi-fin mai).

– Malgré tout, tu n’as que 22 ans. Quel est pour le moment ton plus grand regret dans ta carrière ?

 Le plus grand regret… surement la gestion de ma carrière après avoir
quitté Newcastle.

– Quels sont tes objectifs pour la suite ?

Revenir au plus haut niveau étape par étape. 

– Quel est ton modèle dans le football d’aujourd’hui ?

Mon modèle dans le foot est Didier Drogba, son parcours est incroyable tout comme sa prestation en finale de la
Ligue des Champions cette année.

On ma raconté que ta seconde passion était la musique, en particulier le rap. Peux-tu nous en
dire un peu plus ?

 Je fais du rap depuis mon jeune âge, c’est naturel, écrire me
permet de me changer les
 idées et d’évacuer tout ce qu’il y a en moi, je veille à ce que la musique ne devienne pas un obstacle dans ma carrière.

Dernière question, un petit mot sur Artn’sport ?

 C’est un très bon site au style
moderne et assez explicite, je recommande ce site à tous les fans de foot.

 
propos recueillis par Benyahia Ali  

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