God save the Three Lions

 

 

En football, il est des équipes que l’histoire ne peut oublier, le Brésil du roi Pelé (champion du monde 1958), l’Argentine de Maradona (championne du monde 1986), l l’Allemagne de Beckenbauer (champion  d’Europe 1972, et champion du monde 1974) , la France de Platini (champion d’Europe 1984), celle de Zidane (champion du monde 1998 et champion d’Eurooe 2000), et plus récemment l’Espagne des Casillas, Iniesta, Xavi..et son triplé historique (double champion d’Europe 2008 et 2012, champion du monde 2010).

 

Cependant, il faut reconnaitre que l’absence de certaines équipes au tableau du palmarès international apparait comme une aberration pour l’histoire du football.Par exemple, la Hollande de Cruyff, finaliste des coupes du monde 1974 et 1978, ou encore le Portugal d’Eusébio, troisième de la coupe du monde 1966, ou même dernièrement la Nationalmannschaft qui ne parvient pas remporter de tournois internationaux en dépit d’un football de grande qualité. Pourtant portées par de véritables légendes du football, ces équipes ne sont pas parvenus à leurs fins dans les compétitions internationales.

 

Il y a en Europe une équipe qui reflète de façon flagrante cette forme d’incohérence qu’est l’absence de trophée pour des équipes de telle qualité. L’équipe nationale anglaise, plus connu sous le nom des Three Lions (nom tiré d’une chanson dédiée à l’équipe anglaise pour la coupe du monde 1966), reflète en effet  à merveille cet inexplicable vide dans le palmarès de certaines équipes nationales pourtant bien apprivoisées en joueurs. Si l’Angleterre fait figure d’exception grâce à son titre de champion du monde 1966 sur ses terres, ses résultats depuis l’euro 1968 (troisième place) font bien pâle figure pour un pays où le football est roi.

 

Toujours nommés parmi les favoris, trop rarement sur la ligne d’arrivée dans le rôle avec lequel on les attendait, les Three Lions ont habitué le patrie de Shakespeare à ces déceptions de lendemain de défaite lors des dernières compétitions internationales. Pourtant, cette équipe jouit d’un soutien populaire inconditionnel, à l’image de la culture anglaise et sa passion pour le ballon rond, les joueurs anglais font partis des équipes les plus suivis dans le monde. En effet chaque compétitions internationales donne lieu à un véritable pèlerinage du peuple anglais, remplissant les pubs de toutes les villes accueillant les Three Lions, reprenant les célèbres chants à la gloire de leur équipe, les supporters anglais se déplacent en masse et imposent leur répertoire partout où ils passent. Ce sont de véritables marées humaines blanche et rouge qui déferlent sur les pays organisateurs, et à chaque fois ces milliers de supporters qui prennent place dans des stades, rendant les enceintes toujours acquise à la cause britannique.

 

 

 

Peu de Pays jouissent d’un soutien populaire aussi significatif mis à part peut être la Hollande et son peulpe orange souvent nombreux lui aussi, mais la vérité des tribunes n’est hélas pas celle du terrain. Si les performances anglaises ne sont pas flamboyantes lors des compétitions internationales, elles ont même viré à la désillusion totale ces 20 dernières années. Incapable d’atteindre les demies finales depuis 1996 en championnat d’Europe, il faut remonter à 1990 pour voir les Three Lions atteindre les demies finales d’une coupe du monde. Depuis, plus grands choses, quelques quarts de finale européens, des huitièmes de finales mondiaux, une élimination au premier tour de l’euro 2000, et pire encore, une non qualification il y quatre ans pour l’euro 2008 qui se déroulait en Suisse / Autriche. Comment expliquer qu’une équipe autant fournies en joueurs, et qui plus est en joueurs aux qualités reconnues, n’ait pu faire mieux ces 20 dernières années ?

 

La sélection anglaise a probablement connu ces dernières années, les plus grands noms de son histoire. David Beckham, Gary Neville, Jamie Carragher, Rio Ferdinand, John Terry, Ashley Cole, Steven Gerrard, Frank Lampard, Paul Scholes, Joe Cole, Wayne Rooney, Peter Crouch.. la liste est interminable, mais le palmarès lui, totalement vierge. A l’heure où l’emblématique mais pas moins controversé capitaine – John Terry – a décidé de prendre sa retraite internationale face au caractère insoutenable de sa situation personnelle, le peuple anglais semble s’impatienter de (re)voir son équipe rejoindre l’outre manche avec un trophée. L’Angleterre est aujourd’hui en reconstruction, elle se compose de deux générations qui forment un groupe séduisant.

 

En effet si John Terry a décidé de ne plus être de l’aventure pour le mondial 2014, l’Angleterre peut toujours compter sur ses fidèles milieux de terrain que sont Frank Lampard et Steven Gerrard, véritables patrons de cette sélection les deux milieux auront la lourde tâche de faire le lien entre une défense composée de jeunes joueurs et des attaquants plus expérimentés. Pour les deux légendes anglaises, le mondial 2014 sera probablement leur dernière aventure, du moins commune, Lampard aura 36 ans contre 34 pour Gerrard lorsque les Three Lions disputeront le mondial brésilien. Si les deux joueurs devraient jouer jusqu’à 38 ans – comme Giggs ou Scholes – il semble cependant que Lampard n’ait pas prévu de se projeter plus loin que 2014, quant à Gerrard, il souhaite prendre le temps de la réflexion désirant avant tout pouvoir jouer le plus longtemps pour Liverpool. Le mondial 2014 apparait donc comme l’ultime chance d’une génération dorée qui n’a rien remportée, dont les Gerrard, Lampard, Green, Carrick, ou même Rooney (entre les deux générations) sont les derniers représentants.

 

Se pose actuellement pour cette équipe, le choix d’un capitaine, si Roy Hodgson a confié le brassard à Steven Gerrard depuis sa prise de fonction, le sélectionneur anglais ne semble pas pour autant avoir tranché définitivement quant au choix de celui qui emmènera l’Angleterre au Brésil. Depuis que ce brassard a été retiré a Terry (début d’année), les candidats ne manquent pas, si Gerrard et Lampard semblent être les plus aptes, Roy Hodgson a évoqué cette semaine la possibilité de confier la tâche à Wayne Rooney, qui, en l’absence des deux milieux de terrain à brillamment accompli la tâche face à Saint-Marin (victoire 5 à 0 des anglais et doublé pour Rooney). Cependant, Steven Gerrard reste le grand favoris pour le mondial 2014, même si la piste menant à Frank Lampard ne doit pas être négligé, le sélectionneur semble tout de même pour l’instant privilégier la continuité (Gerrard était capitaine 5 jours plus tard contre la Pologne).

 

 

Le véritable chantier pour le sélectionneur sera de combler le vide laissé par John Terry, si l’écrasante victoire face à Saint-Marin avait dans un premier temps rassuré la Grande-Bretagne, la performance défensive 5 jours plus tard en Pologne (1-1) n’a pas manqué de rappeler que cette équipe était encore très fébrile dans ce secteur du jeu. Cette défense peut pourtant s’appuyer de jeunes joueurs talentueux que sont Bertrand, Gibbs, Caulker, Jones Richards, Smalling, Martin Kelly ou encore Phil Jones. Ces jeunes joueurs évoluant tous dans le championnat anglais devront toutefois faire face à la concurrence de joueurs plus expérimentés, tels que Ashley Cole, Glen Johnson, Baines ou Lescott. La reconstruction de cette défense devrait prendre plusieurs mois, mais une tendance se dégage déjà, en effet Jagielka semble actuellement avoir le vent en poupe, titularisé à chacune des dernières apparitions des Three Lions il faudra probablement composer avec lui à l’avenir.

 

Si le milieu de terrain semble acquis à la cause de la paire Gerrard – Lampard, la bascule offensive semble elle ouverte à la concurrence. Seule certitude, Wayne Rooney aura sa place, et ce, quelque soit le dispositif mis en place. Ce dernier peut évoluer en numéro 10 comme à Manchester, en pointe, ou même sur un côté. Un véritable plus pour Roy Hodgson qui peut profiter de cette polyvalence pour mettre en place le meilleur dispositif offensif possible. Les prétendants étant nombreux, les places seront chères, et pour cause l’Angleterre dispose d’un effectif plutôt garni dans ce domaine, Milner, Walcott, Downing, Cleverley, Defoe, Caroll, Chamberlain, Henderson, Young et Welbeck, presque tous titulaire en club aspirent à une place de titulaire chez les Three Lions.

 

La qualification à la coupe du monde 2014 ne devrait donc pas être un souci pour des anglais favoris d’un groupe plutôt faible, la 5° équipe mondiale au classement FIFA (derrière l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal et l’Argentine) jouit d’un tirage clément et se trouve déjà en tête d’un groupe composé de la Pologne, Saint-Marin, l’Ukraine, la Moldavie et du Monténégro. Si la Pologne et l’Ukraine sont deux adversaires susceptible de participer à cette compétition en passant par les matchs de barrages, ces deux formations ne devraient pas inquiéter celle de Roy Hodgson dans la lutte pour la qualification directe (seul le premier est qualifié directement, les équipes terminant deuxième disputeront les barrages entre elles). Pour beaucoup de spécialistes anglais, la coupe du monde au Brésil devrait être une mise en jambe pour l’euro 2016 qui se déroulera en France, et, où les Three Lions devraient être plus expérimenté et par conséquent plus attendus.

 

Cependant la coupe du monde au Brésil pourrait être une belle occasion de combler un gouffre de 48 ans de disette, so come on England and God save the Three Lions..

 

Omar Bendjador

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