Les Canonniers le boulet aux pieds

 

 

Mardi soir dernier dans une indifférence symptomatique, Arsenal est allé se faire battre chez les Grecs de l’Olympiakos,
laissant du même coup le champ libre à Shalke 04 pour l’obtention de la première place du groupe B en Ligue des Champions. Ainsi en huitièmes de finale, les Gunners rencontreront une bonne
équipe, voire une très grande, puisqu’ils risquent de tomber sur Barcelone, Munich ou encore la Juventus, et ne sont pas du tout assurés de prolonger l’aventure européenne cette saison. D’autant
plus que, au-delà du tirage, c’est la forme et le jeu de l’équipe londonienne qui inquiètent en ce moment  : rappelons qu’elle s’est  inclinée ce week-end contre Swansea, surprenant
club gallois qui est remonté dans l’élite la saison précédente et qui, grâce à cette victoire, a doublé Arsenal au classement et se positionne à la septième position, soit trois places de mieux
que le club coaché par Arsène Wenger. Pourquoi cette équipe, habituée du « Big For », voit ses forces déclinées de saisons en saisons et comment va-t-elle réagir, elle qui est déjà sous
les feux des critiques et sous la pression populaire ? Cette saison marquera-t-elle un tournant dans l’histoire d’Arsenal, signifiera-t-elle la fin du règne du manager alsacien ?

Où sont les armes ?

Avec vingt-un points en quinze journées, les Gunners réalisent leur plus mauvais début de saison depuis 1994, soit le pire
départ qu’Arsène Wenger ait connu, lui qui est arrivé au club en 1996. Autre chiffre intéressant, et assez inhabituel pour être souligné, Arsenal est la troisième meilleure défense du championnat
mais seulement la septième attaque ; cette équipe nous avait pourtant habitués à un jeu rapide et alléchant en attaque et à une défense fragilisée parfois par cette envie d’aller de l’avant.
Ces statistiques confirment une impression générale  : depuis quelques saisons les Gunners ont changé de visage et la gloire d’antan, l’époque des Berkamp, Henry ou autre Pires, n’est plus
que le vague souvenir d’une période faste ponctuée de titres et de buts splendides. L’équipe aux treize titres de champion d’Angleterre (qui font d’elle la troisième équipe la plus titrée après
Manchester United et Liverpool) n’a rien remporté depuis la Cup en 2005, et pire elle semble s’appauvrir au fil du temps en terme de jeu et surtout d’effectif. 

Nous ne referons pas la longue liste des canonniers expatriés en manque de trophée, mais nous signalerons juste qu’en plus
de la vente annuelle des meilleurs éléments, ceux qui formaient la base de l’équipe et du jeu prôné par Arsène Wenger, le club londonien n’a aucun scrupule à renforcer ses concurrents directs. La
politique du club en terme d’investissement rappelons l’inauguration de l’Emirates Stadium en 2006 considéré comme le stade le plus rentable d’Angleterre et en terme d’équilibre des comptes (en
vue du Fair-play financier imposé par l’UEFA à partir de 2014), a obligé le club et ses dirigeants à répondre positivement aux offres proposées pour leurs meilleurs joueurs, même si elles
émanaient des autres membres du « big for ». Aujourd’hui Van Persie est à United, Cole à Chelsea, Nasri à Manchester City, et Arsenal se borne à aller chercher de jeunes joueurs ou des
joueurs étrangers pour lesquels un certain temps d’adaptation au jeu particulier de la Premier League est nécessaire, comme c’est le cas de Giroud par exemple. 

Le retour du Vieux Loup de Mer

Dans ce contexte morose, The Sun révèle qu’Arsène Wenger aurait trouvé la recette miracle pour sortir les anciens
pensionnaires d’Highbury, de la panade. Comme l’année précédente, Thierry Henry, l’idole des supporters, qui a même sa statue à l’entrée du stade, profitera de l’intersaison en MLS afin de venir
faire une courte pige dans son club de toujours. De plus, cette année le manager alsacien essaiera de trouver un accord avec les New York Redbulls (club actuel de « Titi ») et de
prolonger ce prêt afin de retenir son ancienne gloire au moins jusqu’en Mars. Il est vrai que le coup de poker avait fonctionné la saison précédente et que bien plus que ses deux buts, Henry
avait apporté son expérience à cette jeune équipe et de l’espoir à tous les fans des rouge et blanc. Pourtant, cette volonté de retenter l’expérience apparaît ici comme un constat d’impuissance
de la part de Wenger qui semble sentir de plus en plus son heure approcher et la fin de sa belle aventure londonienne se profiler.

Changer la conduite de tir ? 

Depuis quelques saisons, une partie du public de l’Emirates a pris Arsène Wenger en grippe et considère le lent
affaiblissement de leur club comme découlant de la politique de l’Alsacien qui s’obstinerait à un recrutement moins onéreux que celui de ses rivaux en championnat, et se contenterai de jeunes
joueurs inexpérimentés. Malgré l’arrivée du double champion d’Europe: Cazorla pour presque 20 millions d’Euros, les critiques ne cessent pas et les mauvais résultats du début de saison, ont pour
conséquences de les intensifier et de les faire surgir au grand jour. Ainsi Tony Cascarino, ancien attaquant de l’OM et aujourd’hui chroniqueur pour The Time, écrit après la défaite contre
l’Olympiakos : « Les grands clubs limogent les managers et Arsenal est un grand club. Ils ont le meilleur stade de la Premier League et une belle histoire […].Quand je le regarde (ndlr
Wenger), je vois un gars qui croit en une philosophie basée sur la simplicité. Il ne changera pas. Il était un génie mais il a fait son temps. Il reste à son poste en raison de l’estime que lui
porte son club. » Ainsi La particularité du club qui s’appuie sur un collectif plutôt que sur les individualités, qui préfère former et revendre plutôt qu’acheter et s’endetter; qui faisait
la fierté de tous les fans des Gunners à travers l’Angleterre, commence à agacer et l’absence de titre ces sept saisons écoulées, apparaît comme la preuve parfaite qu’un changement est
nécessaire. 

Arsène Wenger, à qui il reste deux saisons de contrat dont celle qui vient de débuter, semble proche de la sortie et les
rumeurs qui l’envoient Porte d’Auteuil chez ses amis Qatariens, semblent en voie de prendre forme. Avec l’arrivée de Henry et un mercato d’hiver, durant lequel Arsenal risque de se montrer
enfin  gourmand, le manager français disposera de nouvelles munitions afin de redresser la barre et de terminer le mieux possible ce qui ressemble de plus en plus à sa dernière saison
sur le banc des canonniers.

Cyril Daufresne

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