Le PLM à nouveau sur les rails

 

A une journée de la fin des matchs aller, la ligue 1 redevient enfin sérieuse. Sur son podium, trônent les trois plus
grands clubs français  -du moins en terme de budget- et les trois plus grandes villes de l’hexagone –en terme de population. Avec cinq points d’avance sur les autres wagons, la locomotive
Paris-Lyon-Marseille mène le train et est bien partie pour être la première en gare. Hors, la réussite de ces trois clubs, qui a tout d’une bonne nouvelle pour le foot français qui retrouve
enfin  son « Big Three », découle de stratégies économiques et sportives différentes, voire diamétralement opposées.

Le TGV qatari

« A tout seigneur tout honneur », dit-on, commençons par le club de la capitale, le club qui a la stratégie la
plus simple à comprendre. Paris, cette saison encore, ne fait pas dans le détail, les actionnaires  veulent les meilleurs cheminots du monde, ils les recrutent. Après une entrée hésitante
sur le marché des transferts l’année dernière, avec les échecs Beckhamm et Pato, Léonardo a su se reprendre et réussi à faire signer Ibrahimovitch, Silva et Lavezzi, entre autres. Doté d’un
effectif pléthorique et surpuissant, le PSG s’apprêtait, selon la plupart des observateurs avertis, à filer seul en tête du championnat et arriver à destination avant le reste du convoi. Oui mais
voilà, avec cinq nuls et trois défaites, dont celle mémorable à onze contre neuf face à Rennes au Parc, l’équipe d’Ancelotti a eu du mal à digérer une intersaison dense et à assumer son nouveau
rôle de « leader sur le papier ».

Ainsi après des débuts difficiles et une première place acquise grâce à des individualités exceptionnelles, Paris s’est
fait peur et a perdu cette première place à la faveur de leur célèbre crise automnale. Il aura fallut un déclic, à la fois tactique et psychologique, pour que Paris reprenne sa marche en
avant et ne reste pas bloqué en gare. Depuis Porto en C1, le club de la capitale, a retrouvé sa vitesse de croisière et sa victoire contre Lyon lui permet de repasser devant, et ce malgré ses
cinq points de retard  la semaine passée. Qu’on se le dise, l’armada parisienne est enfin soudée, et c’est une équipe solide et solidaire que l’on voit désormais se déployer sur la pelouse
du Parc des Princes. Attention tout de même, « l’hiver est en train d’arriver », et les remous d’un mercato, qui s’annonce agité, pourrait déséquilibrer le nouvel édifice francilien. A
croire que la meilleure arme du club, son ambition et ses moyens illimités, pourrait se retourner contre lui en remettant en cause la formule tactique trouvée par Ancelotti et l’éclosion du onze
type.

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Rémi en chef de Garde

Pour Lyon les données sont tout autres. Austérité oblige, les Gones continuent leur restructuration budgétaire entamée,
notamment, à cause des difficultés boursières et du projet Grand Stade (rappelons qu’il s’agit de la construction du Stade des Lumières, nouveau stade de l’OLympique Lyonnais prévu pour la saison
2015-2016). Après les nombreux départs ces dernières saisons, et notamment celui de Lloris au dernier jour de l’intersaison, le club de Lyon maintient tout de même le cap et a complété son onze
séduisant sur le papier, par les jeunes issus du centre de formation. L’ancien ogre du football français, qu’on accusait de piller la concurrence pour assurer son monopole sur l’Hexagoal, est
aujourd’hui contraint de se tourner vers ses racines afin de répondre à des impératifs d’ordre financier.

Aujourd’hui les résultats dépassent les espérances du peuple gone, aussi bien sur le fond : au niveau des points
engrangés, que sur la forme. Lyon développe, il est vrai, un jeu porté vers l’avant et s’appuie sur un collectif solide, proposant un football efficace et télégénique. Cela peut notamment
s’expliquer par le recrutement intelligent et peu coûteux effectué par la direction du club. Ainsi les arrivées de Malbranque et Bisevac ont permis à Rémi Garde de bâtir une équipe ambitieuse et
capable de battre n’importe qui en France. Ce dernier, afin de compléter son effectif, s’est tourné naturellement vers la pépinière lyonnaise afin d’y cueillir des talents en train d’éclore.
Après Grenier, Gonalons et Lacazette, une nouvelle génération point le bout de son nez (citons par exemple :N’Jie,  Ferri ou Benzia) et gageons que Rémi Garde, ancien entraîneur des
jeunes à Lyon, saura la guider pour qu’elle arrive au plus haut niveau. Bien que la machine lyonnaise semble sur la bonne voie, le mercato pourrait perturber leur bon parcours et leur faire
perdre leur meilleur buteur : Bafé Gomis, toujours pour raisons financières.

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Le TER de la région PACA

Toujours plus au Sud, Marseille se retrouve dans une situation similaire à celle de l’autre Olympique. La période faste de
l’ère Deschamps s’est mal terminée et son départ coïncide avec une volonté de rigueur financière imposée par l’actionnaire principal, Madame Dreyfus, qui refuse de remettre davantage d’argent
qu’il n’en faut pour boucher les trous budgétaires. Alors pour tout reconstruire la direction du club a fait appel à Elie Baup réputé pour son management des jeunes prometteurs, tout comme son
homologue Lyonnais. Malheureusement la Commanderie n’est pas réputée pour la qualité de la formation et il y a quelques saisons encore, les minots performants préféraient tenter l’aventure
ailleurs, car ils voyaient leur progression freinée par  un groupe pro blindé de stars (on pourrait prendre l’exemple du Rennais Alessandrini ancien pensionnaire du centre de formation de
Marseille). Pour remédier à cela, le club le plus populaire de France, s’est aiguillé vers  une nouvelle voie : se procurer à moindre coût des joueurs issus de la région et arborant
l’amour du maillot.

De plus si l’on tient compte de l’arrivée de Barton et de la conservation de Gignac, l’OM 2012/2013 s’est construit autour
de valeurs morales, autour d’une mentalité. Dans une impasse financière et l’incapacité  à faire un recrutement digne de son rang, le club azuréen s’est attelé à faire naître une équipe de
caractère. La fatigue physique, omniprésente du fait de l’enchaînement des matchs et des manques de l’effectif, est compensée par un mental conquérant et des valeurs de combattant. Ce n’est donc
pas un hasard de voir l’équipe marseillaise, surfer sur la réussite de son buteur retrouvé, car c’est bel et bien un Gignac revanchard et déterminé qui est le principal acteur du début flamboyant
des hommes d’Elie Baup. Bien que tout ne soit pas parfait sur le plan du jeu et du spectacle, que les résultats en dent de scie ont de quoi décontenancer les supporters du club, Marseille a
atteint un objectif qu’il n’osait affirmer au début de l’exercice : être sur le podium à mi-saison. Le mercato va lui aussi devoir être bien géré par des Marseillais pour lesquels une place en
Ligue des Champions pour la saison prochaine tiendrait de l’exploit, sinon d’un état d’esprit hors du commun.

Ainsi pour les trois conducteurs de la locomotive, les recettes du succès sont différentes. Que ce soit dans la profusion
de moyens ou dans la recherche d’une stratégie alternative pour combler l’absence d’argent, nos trois gaillards ont bouclé avec succès la première partie du parcours. Cependant l’arrêt en gare de
« Trève Hivernale » va être déterminant pour la suite du trajet et il n’est pas impossible qu’une avarie ou qu’un mouvement de grève, retiennent l’un de ces protagonistes à
quai.

Cyril Daufresne

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