« Queens Park Strangers »: Mais qui sont ces imposteurs?

 

Dimanche soir, QPR affrontait Liverpool à domicile. Non pas le grand Liverpool d’antan. Le Liverpool boitillant qui joue
pas trop mal, mais est relativement à la peine en Championnat. Eh bien dimanche soir, devant toute l’Angleterre, les Queens Park Rangers ont réussi l’exploit de faire passer ce Liverpool-là pour
une équipe capable de gagner la Champion’s League. Alors on pourrait vous expliquer comment Suarez tout seul a ridiculisé l’ensemble de la défense londonienne, ou comment les R’s ne savent
toujours pas défendre sur les coup-de-pieds arrêtés, mais il y a plus grave. Parlons de l’état d’esprit de ces R’s qui semblent avoir rendu les armes. Un article de notre
partenaire QPR france qui montre malgré la situation du club, une envie de faire partager leur
passion pour le club londonien.

Entre plombiers limités et divas désintéressées

Contre Liverpool, le manque d’implication des joueurs était flagrant. Aucune cohésion d’équipe, aucune flamme pour
raviver les plus pâles espoirs d’une remontée au classement. Si les journaux anglais font état d’un vestiaire déchiré entre Rangers de longue date et mercenaires fraîchement débarqués, on peut
sans risque classer les R’s en deux catégories, rien qu’à la vue du match d’hier.  Pour cela, on va distinguer ceux que l’on va appeler les plombiers de ceux qui seront décrits comme les
mercenaires. Ian Holloway, ancien entraîneur des Rangers déclarait que chaque équipe pouvait avoir des virtuoses de grand talent, mais qu’ils avaient besoin de travailleurs pour porter leur
piano, sans quoi ils n’étaient rien. Nos plombiers entrent dans cette catégorie, de porteurs de pianos. Ils sont au club depuis deux à trois ans, et ont connu le Championship avec QPR.

Âme du club, ils sont vraiment limités techniquement, et trop justes pour faire une réelle différence, mais ils donnent
tout. C’était flagrant contre Liverpool, Jamie Mackie a travaillé tout le match comme un mort de faim, courant après des ombres, chassant des causes perdues. Sa débauche d’énergie est
précieuse, mais il n’a pas su vraiment amener du danger autour de la cage de Pepe Reina. Ryan Nelsen aussi, est un joueur assez limité. Limité par son âge et sa vitesse, mais encore une fois,
il s’est montré plutôt à son avantage, dans une défense en perdition. Parmi les plombiers, on pourrait aussi citer Shaun Derry, mais l’exemple parfait est Clint Hill. A 34 ans, il a beaucoup de
courage, mais très peu de talent, et le natif de Liverpool s’est fait littéralement déshabiller par Luis Suarez à plusieurs reprises. Pas assez rapide, souvent pris à défaut, il a la qualité
d’être extrêmement lucide. Lucide sur ses performances. Il sait qu’il n’est pas au niveau. Mais il fait de son mieux, et est un honnête travailleur, qui donne tout ce qu’il a pour les autres.A
l’opposé des plombiers, il y a les mercenaires, les divas, appelez-les comme il vous chante. Le parfait exemple de la diva est José Bosingwa. C’est vrai, on s’acharne un peu sur lui, mais il le
mérite. José Bosingwa a gagné la Champions League avec Chelsea. Alors forcément, ça fait joli sur son CV, et cela semble justifier son salaire de 70’000£ par semaine. Par contre, il a la
particularité de penser qu’il est trop bon pour s’asseoir sur le banc.

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Alors il ne joue plus, vu qu’il ne semble pas prêt à se battre pour le club. Mais il n’est pas le seul. Dans les
mercenaires, il y a aussi Bobby Zamora, qui déclare qu’il en a marre de jouer au football, ou Joe Barton, qui avoue avoir signé à QPR pour l’argent. Dans le lot, on peut aussi compter Cissé,
qui met la faute sur ses coéquipiers, si il ne touche pas assez de ballon, et ne supporte pas la critique, même venant des fans qui l’ont soutenus, malgré une série de suspensions l’an dernier.
Peu importe l’identité de ces mercenaires, une chose est sûre: Ils essayent, mais n’ont pas l’intention de se faire trop mal pour leur club. De toute manière, ils ont une clause libératoire en
cas de relégation, et ne perdront pas le sommeil si les Queens Park Rangers sont relégués.

Cette équipe n’en est pas une. Il n’y a aucune cohésion entre les joueurs, qui ne sont pas du même monde, ne se
comprennent pas, ne s’aiment pas, et ne tirent visiblement pas tous à la même corde. Où est l’issue pour QPR? Il n’y en a pas. Il sera difficile de se débarrasser de tous les joueurs ne faisant
pas partie des plans de Redknapp, vu leurs salaires, et les contrats en béton qu’ils ont signés sur le dos du club. Il ne reste plus qu’à espérer que l’argent dépensé pour ces joueurs viennent
directement de la poche des investisseurs, et ne va pas aller gonfler la dette d’un club dont les finances restent secrètes, mais que les dirigeants clament « sans dettes ».

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Une honte pour ceux qui se sont battus pour la survie du club

Quand il a racheté le club, Tony Fernandes avait la louable intention de faire de QPR un club établi en Premier League.
On ne peut pas le blâmer d’avoir installé Mark Hughes et son staff à la tête de l’équipe, vu le pedigree plutôt respectable du technicien gallois et de son équipe. Cependant, la suite ne fut
que dégringolade. En effet, un homme trop ambitieux avec trop d’argent entre les mains, cela donna des décisions assez douteuses. A coup de millions, Hughes a voulu bâtir une équipe, en
additionnant des individualités au palmarès respectifs honorables, une somme de joueurs moyens venant de grandes équipes, une somme d’égos et d’amour propre à soigner et dorloter. Sauf que ces
stars ont toutes été attirées par la même chose: l’argent. Et quand on utilise l’argent comme argument principal pour faire signer des joueurs, on ne peut pas se plaindre que ces mêmes joueurs
soient plus intéressés par leurs comptes en banque que par le destin de l’équipe. Ajoutez cela à un entraîneur froid comme la glace, possédant en lui autant d’enthousiasme qu’un cheval à
bascule, et vous obtiendrez une série de 17 matchs sans victoires.Mais si le fossé salarial entre les divers joueurs a causé une scission dans l’équipe, Fernandes, avec sa politique de
transferts attirant des multimillionnaires dans l’équipe, a créé entre supporters et joueurs une distance quasi impossible à combler.

Pour les non-initiés, rappelons que QPR est un club populaire, issu de la classe ouvrière de Londres, par opposition à
Fulham, club des beaux quartiers au bord de la Tamise, ou dans une moindre mesure à Chelsea, et à sa situation en plein quartier bobo-chicos de l’ouest de Londres. Shepherd’s Bush a toujours
été un quartier, certes pas mal famé, mais pas très aisé, et les fans de QPR ont souvent eu beaucoup de peine lors des quatre-cinq dernières années (avec les augmentations des prix sous
Briatore) à pouvoir s’offrir un abonnement. Alors il ne fait aucun doute que de voir cette équipe de millionnaires concéder si peu de sacrifices pour le club qu’ils aiment tant doit être très
douloureux pour les supporters des Rangers. L’histoire récente de QPR rend la situation encore plus inacceptable pour les fans. En effet, lors des dix dernières années, à maintes reprises les
R’s ont du lutter pour leur survie avec des équipes de joueurs vraiment pas très talentueux, mais généreux et crocheurs. Pour le supporter anglais moyen, une relégation avec une équipe limitée
mais combattive est acceptable. Par contre, tomber avec une équipe talentueuse, mais juste pas assez soudée et ne se battant pas assez, c’est un réel affront. N’ayons pas peur des mots,
l’effectif actuel fait honte aux joueurs, fans et dirigeants qui se sont battus corps et âme pour la survie du club sportivement et financièrement.

Il fut un temps pas si lointain ou personne ne savait si le club ne disposerait d’assez d’argent pour que les
projecteurs restent allumés jusqu’à la fin du match, ou alors ou les fans s’étaient cotisés pour offrir un nouvel attaquant à Ian Holloway, l’entraîneur de l’époque, attaquant qu’ils logeaient
chez eux, à tour de rôle. Cette équipe de 2012-2013 fait insulte au travail de Neil Warnock et à son équipe, qui a tout donné pour obtenir ce statut de club de Premier League, tant convoité.
Mais il n’est pas trop tard pour eux pour montrer qu’ils ont du caractère. Cela ne dépend que d’eux-mêmes.

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Recontstruire pour un avenir si incertain

Alors que de nombreux fans parlaient déjà de reconstruction, Tony Fernandes, le président, s’exprimait  à l’issue
du match en disant que rien n’était fini, et qu’il n’était pas trop tard pour s’en sortir. De toute manière, même si on considérait que les huit points de retard sur le 17ème étaient
rattrapables, un changement dans la philosophie de gestion du club est essentiel. En effet, le club ne peut plus continuer à dépenser des fortunes pour des joueurs moyennement intéressés. De
toute manière, il sera difficile pour Redknapp d’attirer des bons joueurs à bord du navire londonien que tout le monde sait à la dérive. Mais le mercato doit être effectué en considérant que le
club risque bien de se retrouver en Championship dès l’automne prochain. Ce club a besoin de joueurs en devenir, de joueurs avec de la grinta, et de l’envie, quitte à ce qu’ils soient moins
côtés ou moins expérimentés.Mais au-delà de la politique de transferts du club, de nombreuses interrogations subsistent.

La première est la présence de Fernandes en cas de relégation. Même si le président a maintenu qu’il resterait au club
quoi qu’il arrive, un départ pourrait plonger les R’s dans des difficultés financières insurmontables, malgré les « Parachute Payments » alloués aux clubs relégués. En effet, les
salaires déboursés par Fernandes signifient que QPR ne peut pas survire sans l’apport de fonds propres injectés par les propriétaires. Un départ des investisseurs conduirait peut-être les
Rangers à un destin similaire à celui de Portsmouth ou autres Coventry, toujours pas remis de leur relégation. Une autre interrogation est le futur de Redknapp. Si le manager anglais a signé un
contrat de deux ans et demi, sera-t-il encore là si le club descend? Sera-t-il l’homme capable de faire remonter QPR en Premier League? Et qu’en est-il des joueurs? De nombreux pourraient avoir
une clause en cas de relégation, qui partirait, qui resterait,  pour cela, nous sommes dans le brouillard le plus total.

En attendant des éléments de réponses, nous sommes condamnés à espérer que le miracle se produira, et si cela n’arrive
pas, prier pour que les Rangers ne s’en tirent avec le moins de dommages possibles. Quoi qu’il arrive, cela dépendra encore une fois de la profondeur des poches des investisseurs. Car si à QPR
comme ailleurs, l’argent ne fait pas le bonheur, personne n’aurait pu deviner que ces millions rendraient tout un club si malheureux.

QPRfrance

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