Mais qui sont ces mecs ?-Artn’sport

 

Débarqués d’on ne sait où, venus pour une « bouchée de pain » ou se révélant au sein d’une équipe qui pensait
les connaître, les « buteur-surprises » sont une race difficile à débusquer et surtout à comprendre. Chaque saison voit la naissance de ces drôles de créatures capables de tenir la
dragée haute aux grandes stars mondiales pendant quelques mois et déjouer ainsi tous les pronostics. Petit tour européen des hommes que l’on n’attendait pas et qui squattent pourtant le haut du
classement des buteurs.

En France la surprise se nomme : Cvitanich, a.k.a. Super Dario, joueur de Nice, actuellement troisième buteur de
Ligue 1 seulement devancé par le régulier Bafé Gomis (qui va finir sa septième saison consécutive à au moins dix buts en championnat) et l’insatiable Zlatan, parti pour trôner sur ce classement
la saison entière. Acheté cet été pour 400 000 euros à Boca Junior, une broutille quand on regarde le prix des transferts ces dernières saisons, Dario impressionne le Stade du Ray par son
implication, son efficacité et sa dimension collective. Il n’hésite pas en effet à jouer dos aux buts afin de faire remonter son équipe, il se trouve souvent au départ et à la conclusion des
attaques niçoises. « Et ça paye ! », puisqu’il en est à dix réalisations pour seulement seize matchs en championnat, un rythme impressionnant qui en a surpris plus d’un. Autre
particularité son style de jeu : les plus anciens d’entre vous se remémoreront : Suker, Inzagi, Raul, Trézéguet… tous ces attaquants participant au jeu de l’équipe par de simples passes
et déviations en attendant que la balle arrive au cœur de leur territoire de chasse : la surface de réparation.

Car au-delà du prix du transfert et de l’efficacité de cet inconnu en France, c’est son style qu’on apprécie, un léger
côté vintage qui ravira les plus nostalgiques d’entre nous : Dario est un renard, un renard des surfaces. Une  espèce qu’on pensait en voie d’extinction mais qui semble réapparaître ça
et là en Europe. Pourtant rien ne laisser présager une telle réussite, car lors de son premier passage en Europe l’adaptation fut plus difficile et ses trois saisons à l’Ajax Amsterdam
entrecoupées d’un prêt au Mexique, n’ont pas permises à Cvitanitch de se faire un nom. Heureusement la cellule de recrutement niçoise a fourni un gros travail d’observation et ayant l’aval de
Claude Puel, a vite bouclé l’affaire. Aujourd’hui notre prédateur en est à douze buts toutes compétitions confondues pour seulement dix-huit matchs joués et symbolise à lui seul le bon début de
saison des Aiglons.

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En Angleterre ce phénomène  « Putain mais c’est qui ce gars ? » est encore plus accentué puisque le
classement des buteurs a longtemps été dominé par un strict inconnu au sobriquet rappelant les plus belles heures des cabarets parisiens, l’espagnol Michu. Arrivé cet été en provenance du Rayo
Vallecano, le joueur de Swansea s’est tiré la bourre avec Van Persie pour le titre de meilleur scoreur et s’est vu rétrogradé à la troisième place après les matchs de fin d’année et le « so
british » Boxing Day. Toutefois son début de saison reste exceptionnel, puisqu’il en est à treize buts en championnat  et trois en Cup, soit un total de seize réalisations pour
seulement vingt-cinq matchs disputés. Si on prend en considération le prix de son transfert estimé à moins de trois millions d’euros, on constate dés lors la superbe affaire réalisé par le club
gallois. Son entraineur, le fameux danois Michael Laudrup, ne s’y est pas trompé et estime aujourd’hui la valeur de son protégé à près de trente millions d’euros. Cet attaquant longiligne s’est
même payé de luxe de marquer contre Arsenal, Manchester United et, plus récemment, Chelsea en Cup, augmentatnt du même coup sa renommée, lui qui est venu en perfide Albion, dans l’anonymat le
plus total.

Peu de surprises en revanche en Espagne, ou la sainte trinité : Messi-Falcao-Ronaldo, domine le classement des
buteurs. Nos trois lurons, élus dans l’équipe FIFA FIFPro World XI 2012 (comprenez l’équipe type FIFA 2012) écrasent la concurrence et ne laissent guère de place aux autres buteurs. Néanmoins,
un  joueur moins connu est en train de réaliser un bon début saison et pourrait, en fin d’année, prétendre à être réappeler en sélection espagnole. En effet le basque Aduriz, fraichement
débarqué du FC Valence, est le monsieur but de l’Athletico Bilbao, avec onze buts en Liga il est seulement à une unité de son record personnel (douze buts lors de la saison 2009/2010 avec son
ancien club de Majorque). Preuve qu’on ne cesse jamais de progresser, Aduriz réalise à trente et un ans ce qui pourrait être la meilleure saison de sa carrière, permettant ainsi à son club (ex
finaliste de l’Europa League) de retrouver de sa superbe, lui qui est embourbé en fin de classement.

En Italie, c’est le petit suisse (j’étais obligé de la faire celle là !) El Shaarawy qui a surpris tout son monde.
Lui qui avait marqué deux buts en vingt-deux matchs de Serie A la saison précédente, en est déjà à quatorze réalisations pour dix-neuf rencontres disputées ; si on rajoute ses deux buts en
Chanpion’s League, on comprend vite que cette saison est celle de l’avènement du jeune milanais. Avènement qui masque en partie les difficultés qu’a eu le Milan AC en début de saison, sans nul
doute que la réussite de son buteur vedette a permis à l’équipe d’Allegri, de maintenir le cap et de relever la tête. Au sein d’un effectif appauvri par de nombreux départs (Ibra, Cassano, Pato…)
l’attaquant de poche, archétype du joueur moderne, a su, grâce à sa vitesse, sa technique et sa précision face aux buts, s’imposer au plus haut niveau et devenir la star de ce nouveau Milan AC
« discount » en proie à d’importantes difficultés financières.

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Nous terminerons ce tour D’Europe  par le championnat Allemand ou le classement des buteurs est dominé par deux
joueurs presque inconnus en France (excepté par quelques mordus de jeux vidéos), j’ai nommé le joueur du Bayer Leverkusen : Stefan Kießling , et le milieu de l’Eintracht Francfort Alexander
Meier. Ce dernier, peu habitué à squatter ce classement, en est déjà à onze buts, soit son meilleur total sur une saison entière, réalisé en seulement dix-sept rencontres. Meier, qui a vingt-neuf
ans, entame sa huitième année avec son club de Francfort, une huitième saison, qui s’annonce dés à présent comme la plus réussie. Pour Kießling la donne est différente, puisqu’il avait déjà
réalisé une grosse saison en 2009/2010, qui l’avait vu finir deuxième au classement des buteurs (derrière l’ancien De Wolfsburg : Dzeko) et avait permis à son club de Leverkusen de se
qualifier en Europa League. Celui, dont certains déplorent l’absence en Equipe nationale, en est déjà à douze buts  en dix-sept matchs et compte, à bientôt vingt-neuf ans, réaliser la
meilleure saison de sa carrière et être enfin sacré meilleure buteur de Bundesliga.

Il existe ainsi, au cœur de la planète des buteurs, des espèces peu connues au rendement impressionnant. L’argent
véritable nerf de la guerre, ne peut être une véritable garantie sur l’efficacité d’un joueur et inversement. En effet cette saison nous donne encore l’occasion de constater que des
transferts « low cost » peuvent s’avérer être d’excellentes affaires et que des joueurs jusque là « moyens » peuvent se révélaient et montraient tout l’étendue de leurs
talents. La dimension psychologique d’un buteur prend alors tout son sens et gageons que sur les quelques inconnus qui flambent actuellement, certains ne retrouveront jamais cette réussite et
retomberont peu à peu dans l’anonymat, comme ce fut le cas récemment pour Ibisevic, Papis Cissé ou encore Jelavic.

Cyril Daufresne

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