Bayern Munich : le discret bulldozer – Artn’sport

 

 

Les classico à répétition, la lutte des deux Manchester, la victoire retentissante du Milan sur le Barça…tous ces
événements permettent à l’une des meilleures équipes européennes de réaliser en toute discrétion, une des saisons les plus abouties de son histoire. Le Bayern de Munich est en effet presque
qualifié en quart de finale de Champion’s League et possède un matelas d’avance très confortable en championnat. Pourquoi, alors, l’Europe du foot ne tremble pas, et jusqu’à quand
encore ?

Une équipe en forme

Mis à part l’annonce de l’arrivée de Guardiola, le Bayern n’a cette année pas suscité d’intérêt médiatique. Pourtant le
finaliste malheureux de la dernière Ligue des Champions (perdue, rappelons-le, aux tirs au but sur sa propre Pelouse, contre l’équipe de Chelsea) s’annonce, cette saison encore, comme un sérieux
prétendant, dans la course à la C1. En effet, l’effectif qui avait permis au club bavarois de se hisser en finale n’a pratiquement pas évolué, mais il s’est tout de même renforcé avec les
arrivées notamment de Dante en défense, Mandzukic en attaque et surtout du milieu de terrain en provenance de Bilbao : Javi Martinez. Une équipe qui a l’air plus forte que la saison
précédente, avec des renforts sur chaque ligne, et qui, de plus, n’a plus à s’inquiéter pour le championnat, puisque, avec dix-sept points d’avance sur son poursuivant le Borrussia Dortmund,
Munich a de quoi voir venir. 

Absents de la cérémonie du Ballon d’Or et du onze UEFA de l’année, les rouges et blancs ne s’en laissent pas compter et
réalisent une saison hors norme. Avec dix-neuf victoire en vingt-trois matchs de championnat, le Bayern affole les compteurs et a depuis bien longtemps tué tout suspense en Bundesligua. Mais ce
n’est pas seulement cette maîtrise totale en terre teutonne, qui est impressionnante, la manière également est à commenter : soixante-trois buts marqués et seulement huit encaissés. Une
différence de buts de cinquante-cinq. Les chiffres donnent le tournis et pourtant les joueurs allemands ne semblent pas faire partie du « cercle très fermé » des stars de la planète
football.

Où sont les stars ?

Loin des frasques de Balotteli, des records de Messi ou de la politique capillaire de Rooney, le Munichois est discret,
collectif et modeste. J’en veux pour preuve les deux «stars», ou du moins les deux plus connus  de cette équipe : le duo Ribery et Robben. Ce dernier est en train de profiter de ses
récentes titularisations pour gratter des minutes de jeu et redevenir décisif. Le Français, quant à lui, blessé en ce moment, a été élu meilleur joueur de Bundesliga en 2012 par ces pairs,
et sert avant tout de détonateur et de percuteur. Le jeu bavarois ne dépend en rien de ses performances, on a pu le constater contre Arsenal en Ligue des champions, où il fut l’un des Allemands
les plus discrets.

Le véritable symbole de cette équipe est son capitaine Lahm. Le petit latéral, souvent injustement oublié au moment de
choisir les meilleurs joueurs de l’année, resplendit pas son efficacité, sa régularité et sons sens du devoir. Un joueur irréprochable sur le terrain, un capitaine par l’exemple, qui entraîne
avec lui ses coéquipiers de club et de sélection. Bien évidemment, il n’est pas tout seul sur le terrain : on pourrait également citer le prodige Kroos ou le taulier Schweinsteiger, mais il
incarne, de par sa personnalité et son football, cette force collective que dégage la machine allemande. 

Une machine collective

Car c’est le premier mot qui nous vient à l’esprit quand on évoque ce club, le collectif. Collectif qui se voit au
classement des buteurs où Mandzukic, qui a profité de la longue blessure Gomez pour s’installer sur le front de l’attaque, avec quinze réalisations partage la tête de ce classement aux côtés de
Kiessling de Leverkussen. L’attaquant titulaire n’a marqué que quinze des soixante-trois buts du Bayern laissant ainsi s’exprimer Müller avec onze buts, Kroos avec six et Ribery, Gomez et
« Schweini » avec cinq. Le danger surgit de partout. On pourrait penser que c’est cela qui fait de Munich une équipe sous-cotée, cette propension à jouer en groupe dans un univers ou
l’individualisme a pris le pas, un univers dans lequel une star incarne son club et est tributaire du destin de ce dernier. 

Cette puissance collective se retrouve également en défense, puisque ce secteur de jeu brille à Munich et ce malgré
l’absence de star : Daniel Van Buyten, Rafinha, Jérôme Boateng, Diego Contento Holger Badstuber, Dante… pas de quoi exciter les fans des Kompagny, Bonucci ou autre Hummels. Et pourtant le
Bayern n’a encaissé que huit buts en championnat, huit buts en vingt-trois matchs. Performance extraordinaire de cette défense «low cost» si on prend l’exemple de l’ancien Lillois Dante,
incapable de s’imposer dans l’Hexagone et qui aujourd’hui est un élément important de la meilleure défense en Europe : toutes compétitions confondues le Bayern a encaissé 0.49 but par
match.

Avec la victoire sur son rival Dortmund en coupe allemande mercredi dernier, les joueurs de Munich ont éliminé le seul
adversaire qui les inquiétait vraiment, la seule formation (si on exclut le Barça très à la peine en ce moment et qui est mal engagé en Ligue des Champions) capable de venir à bout de l’ogre
bavarois et qui brille avant tout par son jeu d’équipe. L’avenir s’annonce radieux et on est en droit d’espérer un triplé retentissant du côté de l’Allianz Arena. Avouons que ce serait une belle
manière d’accueillir le tacticien Catalan, qui pourrait s’appuyer sur cette saison extraordinaire et cette rigueur collective, pour sonner l’avènement d’une ère de domination munichoise sur le
football européen.

Cyril Daufresne

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