Post Euro 2012 : un oeil sur la Pologne – Artn’sport

 

 

Sous les projecteurs en juin dernier à l’occasion de l’Euro 2012, le football polonais peine aujourd’hui à retrouver son
lustre des années 70 et 80. La dernière défaite des blancs et rouges face à l’Ukraine est quasiment synonyme d’une non qualification pour le prochain mondial au Brésil. Qu’en est-il alors du
football polonais qui se retrouve aujourd’hui sur la touche?

Le déclin commence avec la transformation politique et la fin du régime communisme. Nous sommes au début des années 90 et
le football se retrouve soudain amputé du soutient de l’état, qui à l’époque finançait la majorité des clubs. Symbole de cette décadence – l’Ekstraklasa. Longtemps affecté par la corruption, le
championnat polonais est devenu entièrement professionnel en 2002 et comporte actuellement 16 équipes. L’attribution de l’Euro 2012 en 2006 a permis d’engager une lutte contre le fléau des
matches truqués, qui ont énormément affectés le milieu du football. Depuis, la justice polonaise n’en finit plus d’enchaîner les  auditions. Plus de 600 personnes ont été inculpés jusqu’à
présent, mais ce chiffre risque encore d’évoluer car le parquet de Wrocław mène toujours l’enquête. 

En dehors de la corruption, c’est une mauvaise gestion des clubs qui fut à l’origine de la dégringolade du football
polonais. Depuis la saison 1996/97, aucune équipe polonaise n’est parvenue à passer le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Le Widzew Łódź de Franciszek Smuda demeure la dernière
formation à avoir atteint les phases de poules. Même la réforme Platini (qui rappelons-le devait favoriser l’accession à la Ligue des Champions aux plus petits) n’y a rien changé. Un paradoxe si
l’on prend en compte les traditions footballistiques et le potentiel d’un pays de presque 40 millions d’habitants, où le football est considéré comme le sport national. L’incapacité de se mesurer
aux plus grands clubs européens abaisse peu à peu le niveau des clubs et des joueurs polonais. Pour gouter au haut niveau, ces derniers doivent désormais quitter le championnat local

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Autre facteur lié à la gestion des clubs, le nombre excessif des joueurs étrangers. Sous pression des résultats et d’un
point de vue financier, la plupart des dirigeants préfèrent embaucher des footballeurs déjà formés et expérimentés venus du Brésil, de Serbie ou des pays africains. Cette tendance a entièrement
remplacé la formation des joueurs locaux, marginalisée par les clubs professionnels durant toute la dernière décennie. Même si cette pratique a sensiblement diminué ces dernières années, les
joueurs étrangers représentent actuellement près de 35% des footballeurs de première division. Certaines équipes, comme le Zagłębie Lubin ou le Wisła Cracovie, ont au sein de leurs effectifs plus
de 10 étrangers. 

Heureusement, l’Euro 2012 a apporté un souffle nouveau et fut un réel catalyseur de changements. Tout d’abord, les
infrastructures. Quatre stades flambants neufs furent construits à l’occasion du Championnat d’Europe – à Poznań, Varsovie, Wrocław et Gdańsk. À cette liste s’ajoutent de nombreux complexes de
haut niveau, qui ont hébergés la plupart des sélections pendant le tournoi. Voulant suivre le modèle Allemand, d’autres clubs se sont aussi lancés dans la construction de nouvelles arènes.
Cracovie, Varsovie, Lubin, Kielce et Gliwice bénéficient déjà de nouvelles installations édifiées en plus de celles qui furent construites à l’occasion de l’Euro 2012. Le tournoi a facilité les
investissements et de nombreuses villes comme Białystok ou Zabrze vont inaugurer leurs propres stades dans un futur proche.

En dehors des infrastructures, l’organisation du dernier Championnat d’Europe de football fut à l’origine d’une remise en
question en matière de formation. Depuis quelques années, des clubs comme le Lech Poznań et le Legia Varsovie s’appuient de plus en plus sur les jeunes joueurs issus de leurs académies. Il faudra
certainement quelques années afin de rattraper le retard dans ce domaine, mais les premiers résultats sont déjà visibles. En mai dernier, la sélection U-17 entrainée par Marcin Dorna s’est
illustrée lors des championnats d’Europe en terminant le tournoi à la troisième place. Un premier succès depuis la génération ‘82 (qui a remporté le championnat d’Europe U-18 en 2001) qui laisse
entrevoir l’espoir d’un futur meilleur. 

Jordan Berndt (Correspondant Ligue 1 pour l’hebdo.
« Piłka Nożna »)

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