La résurrection d’Aliadière – Artn’sport

 

A l’image d’un phénix qui renaît de ses cendres, Jérémie Aliadière dont la carrière a été jalonnée entre autres par des
blessures à répétition, est en train de s’épanouir (enfin) au FC Lorient. En effet, la trajectoire d’un des plus grands espoirs français n’a pas été aussi ascensionnelle qui l’aurait certainement
souhaité alors qu’elle en prenait la bonne direction. Désormais âgé de 30 ans, le buteur lorientais (14 buts en 28 matchs) semble se révéler sur le tard et confirme cette saison les espoirs que
certains avaient fondés en lui, dix ans auparavant. Alors, Aliadière : éternel espoir ?

Dans les faits tout démarrait bien pour ce jeune attaquant originaire de Rambouillet qui intègre l’INF Clairefontaine à
treize ans. Il attire rapidement la convoitise d’un homme, et pas le moindre : Arsène Wenger. Dès lors, à seize ans, la destinée du jeune joueur semble toute tracée avec la signature d’un
contrat à long terme dans un des clubs les plus prestigieux d’Europe. Un transfert qui avoisine les 2,3 millions d’euros, Aliadière va alors hériter d’une double étiquette qui ne le lâchera pas
tout au long de sa carrière : symbole médiatique du pillage des jeunes joueurs de centres de formation par les clubs étrangers et grand espoir du football français. Un nouveau statut qui va
lourdement peser sur les épaules d’un garçon de seize ans… Pourtant, il gère bien son arrivée à Arsenal et commence à jouer avec l’équipe de jeunes. Et un des premiers tournants de sa carrière
est son premier match de Premier League contre Fulham lors de la saison 2001-2002.

Toutefois, les ennuis commencent, et grand club oblige, la concurrence à son poste est accrue, notamment avec la présence
d’un certains Thierry Henry et de Denis Bergkamp. Aliadière est alors cantonné à rester sur le banc de touche, voire contraint de jouer avec l’équipe réserve. Pire encore, il souffre d’une
blessure de longue durée l’année du titre des Gunners en 2004. Moyennant quoi, conscient que sa progression est nettement ralentit par l’association de ces deux facteurs, Wenger va prêter
successivement Aliadière au Celtic Glasgow (2005-2006), où il ne joue pas et ne reste que deux mois, puis à West Ham où il connaîtra un manque de temps de jeu et d’efficacité. Il retourne ensuite
à Arsenal et malgré quelques étincelles au cours de la saison 2006-2007, en Coupe de la Ligue notamment (finaliste), il ne s’y impose toujours pas. En conséquence, il décide de partir à
Middlesbrough pour relancer sa carrière, contre deux millions de livres. Au total, il n’aura joué que 29 matchs de championnat avec les Gunners, la plupart comme remplaçant…

Fort de plus de temps de jeu dans son nouveau club, Aliadière enchaîne les matchs et fait autant de rencontres avec
Middlesbrough en une saison qu’avec Arsenal en cinq saisons. Néanmoins, ses saisons sont constamment entrecoupées par des blessures, il ne parvient pas, une nouvelle fois, à faire des saisons
complètes et donc à s’imposer durablement comme titulaire. Il joue tellement de malchance qu’il se retrouve au chômage durant une saison (2010-2011), après s’être fait une rupture des ligaments
croisés. On est alors bien loin de l’époque où il était annoncé comme un grand espoir, il sombre même relativement dans l’oubli pour une grande partie de la scène footballistique. 

Mais, il rebondit en trouvant un accord avec Lorient au mercato estival 2011 et il débute sous ses nouvelles couleurs
contre le PSG à l’occasion de la première journée de championnat. Bien qu’il ne fasse pas une saison entière (18 matchs crédités de 2 buts), il s’impose dans le système et la philosophie de jeu
de Gourcuff. Et à l’heure actuelle, Aliadière fait figure de titulaire indiscutable en attaque et aligne les bonnes performances… à tel point que l’on évoque un intérêt de plusieurs gros clubs
européens. On peut se demander, dans la mesure où il ne se blesserait pas, si l’espoir déchu serait capable de marquer de son empreinte une Premier League qu’il a difficilement traversé.
Quoiqu’il en soit, pour un joueur qui a connu tant de blessures, la pression d’un statut pesant, et même le chômage, il semble légitime qu’il aspire à plus de régularité et de tranquillité à
l’aube de ses trente ans. Chose qui est du domaine du réalisable quand on le voit évoluer du côté du Moustoir.

 

Benjamin Brousses – Ali Benyahia

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