PSG: Un champion sur papier glacé – Artn’sport

Ça y est, c’est fait le Paris-Saint-Germain peut enfin fêter son troisième titre de champion de France et brandir dès
aujourd’hui ce si joli trophée qu’est l’Hexagoal. Si cette récompense ne souffre d’aucune réclamation sur le terrain, il n’en reste pas moins que beaucoup trouvent à redire sur la manière, et que
nombre de médias s’interrogent sur la beauté dégagée par le club sous gouvernance qatari et à l’amour que la nation lui voue. Et sur cet aspect en particulier la réponse est sans appel : la
France n’aime pas son champion !

Avec ce titre, le club francilien se positionne comme le club prêt à prendre la relève de l’Olympique Lyonnais qui attend
un successeur depuis 2008 (date de son dernier titre). En effet aucun champion depuis cette date n’a été en mesure de conserver son bien. Pire que cela, les champions successifs ont eu du mal à
s’approprier le titre et (si on met de côté le Marseille de 2010) doivent leur trophée dans une certaine mesure à une deuxième partie d’exercice sur les chapeaux de roue. Le club de la capitale,
cette saison, est quant à lui leader incontesté, et ce, sur tous les tableaux : buts marqués, buts encaissés, victoires à domicile, victoires à l’extérieur… il se paye même le luxe d’être
toujours dans la course pour le classement des cartons obtenus (espérons qu’une fois la suspension de Veratti levée, Paris rattrape le club de Bastia et mette fin du même coup à cette
anomalie).

Ainsi il n’est pas question de remettre en doute la qualité footballistique de ce groupe de joueurs, programmé pour être
champion. Pourtant une trace d’acidité demeure et la France du football, dans sa grande majorité, conserve cette petite gêne gastrique au moment de digérer la nouvelle. Le plus fort a gagné
certes, mais surtout : le plus riche a gagné, le plus râleur, le moins aimé et le moins français a gagné… Voilà les ressentiments qui dominent et qui sont tout à fait compréhensibles au vu
des relations toujours compliquées qu’ont développées les Français envers le club de leur capitale ressentiments fortement exacerbés depuis l’arrivée du nouvel actionnariat. Seulement, il serait
trop facile de blâmer uniquement nos compatriotes pour cette histoire d’amour qui n’a pas eu lieu entre son pays et l’institution Paris-Saint-Germain qui s’apprête à devenir le grand club enfin
capable d’aller défier les géants européens et de replacer l’hexagone sur l’échiquier UEFA.

Il y a bien eu un flirt, une petite amourette de vacances… Sur les bords de la Méditerranée, au pied de la cité de Gaudi,
le club francilien a usé de tous ses charmes et a presque fédéré la nation entière derrière lui. Pourtant le retour au quotidien fut difficile et après une élimination aux penaltys à Annecy
contre l’ETG, les cartons à répétition, le dédain affiché par certaines de ses stars et le coup d’épaule de Léo, ont finit de briser tout espoir de « happy-end » pour le PSG. Alors
pourquoi ? me direz-vous. D’abord parce que la domination de cette équipe n’a été que numéraire, dans le jeu le constat est plus nuancé. Il me revient ainsi en tête des victoires 4-0 contre
Troyes ou Evian qui ne reflétaient pas réellement ni le match, ni le niveau afficher par les Rouge et Bleus.

Ensuite car, à l’image des ses éléments offensifs, le Paris de cette saison fonctionne par à-coup, il n’arrive pas
toujours à garder la mainmise sur le jeu, et quand c’est le cas il se contente du minimum (comme se fut le cas contre Lyon dimanche). Les meilleurs atouts du club ne donnent jamais entière
satisfaction en championnat, les Lavezzi, Menez, Zlatan ou Patore ne semblent jamais à 100% de leurs capacités. Enfin parce que, comme annoncé dans le titre de cet article, le PSG est un champion
sur papier glacé.

Comprenez : un champion d’apparat, une icône médiatique, un footballeur starlette, un individualiste qui, à la
manière d’un Beckham, serait à des kilomètres de ses fans et rechignerait à leur signer des autographes. Même s’il ne s’agit là que d’une impression générale plus que d’une réalité vérifiable, et
que des joueurs comme Sakho ou Matudi me semblent à même de faire remonter la côte d’amour envers les hommes de Nasser Al Khelaifi, ce champion là souffre d’un gros déficit d’image. On peut
invoquer la défiance du Français envers l’argent et la réussite, son attachement à d’autres équipes plus emblématiques (Sainté et l’OM), son inquiétude vis à vis du monde arabe ; il n’en
reste pas moins que Paris doit maintenant exporter sa réussite sur la scène européenne  et être plus régulier dans le jeu, s’il veut conquérir le cœur des Français et se détacher de cette
image de nouveau riche inaccessible, d’une équipe photoshopée pour faire la une des magazines.

Cyril Daufresne

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