Une année sans surprise – Artn’sport

 

Dans les cinq championnats majeurs européens, le titre de champion est revenu aux favoris qui ont souvent largement
distancés leurs outsiders. Dès lors, il s’agit d’expliquer cette domination tout en se demandant si ces équipes sont en mesure de reproduire une prestation de même niveau la saison
prochaine.

Le Bayern Munich : Une année de tous les records pour Heynckes avec à la clé un
triplé Championnat-Coupe d’Allemagne-Ligue des Champions. Après avoir écrasé toute concurrence en Bundesliga : meilleure défense (18 buts encaissés), meilleure attaque (98 buts marqués), une
défaite et 25 points d’avance sur le dauphin Dortmund ; les Bavarois ont (enfin) raflé la Coupe aux grandes oreilles au terme d’un parcours brillant (élimination de Barcelone en
demi-finale : 7-0 score cumulé) et d’une finale riche en suspens (victoire 2-1 face au Borussia Dortmund) à Wembley. Aussi, afin de compléter une saison exceptionnelle Ribéry and CO ont
battu le VFB Stuttgart 3-2 grâce à un doublé de Gomez et un but de Müller pour ajouter une seizième Coupe d’Allemagne au palmarès du club.

Ainsi, il semble difficile de renouveler pareille performance compte tenu de l’ampleur de ce triplé historique. Cependant,
Guardiola devrait conserver ses cadres (Ribéry a prolongé, Neuer, Lahm, Schweinsteiger et Müller ne souhaitent pas partir) à l’exception de Gomez annoncé à City ou Chelsea et dispose des moyens
nécessaires pour renforcer une effectif déjà bien rempli : Götze a signé un contrat, et l’arrivée de Lewandowski est imminente. En conséquence, le Borussia Dortmund s’affaiblit au profit du
Bayern, ce qui confère à ce dernier un statut d’ultra-favori pour le titre. Moyennant quoi, il faut rappeler que le successeur de Heynckes était déjà entraîneur d’une « machine à
gagner », c’est-à-dire Barcelone entre 2008 et 2012 où il a remporté quatorze titres dont deux Ligues des Champions (2009,2011).Donc, le Bayern s’inscrit naturellement sur la liste des
favoris pour l’Europe la saison prochaine.

Le FC Barcelone : les Barcelonais ont survolé la Liga puisqu’ils ont atteint la
barre des 100 points et relégués le Real à quinze points derrière en alignant la meilleure attaque et la meilleure défense du championnat. Bien entendu, Messi a terminé meilleur buteur du
championnat avec 46 buts en 32 matchs. Néanmoins, cette saison est matrice de nouveaux enjeux pour le Barca qui doit faire face à des difficultés inédites, tant ce club a dominé la planète foot
du fait de son palmarès et du jeu déployé sur les six dernières années. En effet, le parcours européen des Catalans s’est soldé par une inhabituelle déroute contre le Bayern d’autant plus que les
joueurs de Vilanova ont eu chaud en quarts de finale (2-2, 1-1 face au PSG).

Parallèlement, d’autres limites sont susceptibles de freiner la progression du Barca : la dépendance à Messi s’est
faite ressentir en Ligue des Champions notamment, or l’argentin traîne une blessure à la cuisse depuis deux mois, et son physique paye peut-être l’accumulation des matchs (128 matchs toutes
compétitions confondues sur les deux dernières saisons). De plus, certains des artisans du succès des rouges et bleus sont en bout de course, à l’image de Puyol dont la saison a été minée par les
blessures, d’Abidal qui quitte le club tout comme Valdès, le portier espagnol désire relever un autre défi. Et l’instabilité au poste d’entraîneur persiste étant donné la fragilité de l’état de
santé de Tito Vilanova déjà contraint d’abandonner le banc cette saison à cause de son cancer. Toutefois, il demeure l’entraîneur et peut compter sur l’arrivée de renforts pendant le mercato
estival, à l’instar de Neymar en provenance de Santos pour 57M d’Euros.

Le PSG : Alors que le titre leur avait échappé en 2012, les Parisiens ont
concrétisé une domination régulière en remportant leur premier championnat depuis 1994. L’objectif des qataris a été atteint en vertu de leurs investissements importants (Ibrahimovic, Thiago
Silva,Lucas, Beckham, etc.) au point de faire nourrir quelques regrets au vu de la double confrontation contre le Barca en quarts de finale de la Ligue des Champions où le PSG a frôlé l’exploit.
Même si Paris n’a jamais abandonné sa première place, termine meilleure attaque et meilleure défense de Ligue 1, ce titre ne doit pas éclipser certaines défaillances, à commencer dans le jeu où
les enchaînements offensifs ne se répètent pas suffisamment quand bien même des actions individuelles permettent de faire la différence. 

Par ailleurs, le contexte actuel n’est pas propice à une bonne préparation de la saison prochaine : l’image du club
est écornée (le coup d’épaule de Leonardo sur l’arbitre Monsieur Castro ; les émeutes successives au titre dans la ville), le flou autour de l’avenir d’Ancelotti, la montée en puissance d’un
rival sérieux dans la quête du titre : Monaco, qui a déjà recruté Falcao, Moutinho et Rodriguez et ne compte pas s’arrêter là. En conclusion, le mercato s’annonce agité du côté du PSG qui
s’attachera à obtenir de nouveau des titres en France, de même d’approfondir son expérience en Ligue des Champions.

La Juventus Turin : la Vieille Dame remporte son deuxième Scudetto d’affilée,
certes avec moins de prestige que la saison dernière (aucune défaite !), mais en maintenant une distance amplement suffisante pour s’assurer le titre de champion (neuf points d’avance sur
Naples). En Italie aussi, l’identité du vainqueur de l’exercice 2012-2013 n’est pas surprenante, puisque les Turinois n’ont jamais semblé être perturbés par des adversaires irréguliers. En effet,
excepté Naples, le Milan, l’AS Rome, la Lazio, sans parler de l’Inter, ont cumulé des semaines de disettes fatales pour espérer titiller l’ogre Bianconeri dont la solidité défensive a été, une
nouvelle fois, un facteur essentiel dans la quête du titre (meilleure défense avec 24 buts). Aussi, les excellentes saisons de certains joueurs (Marchisio, Pirlo, Pogba, Vidal etc.) conjuguées au
retour de suspension de Conte constituent des moteurs de la réussite de la Juve. Moyennant quoi, les italiens  ne sont pas parvenus à franchir les quarts de finale en s’inclinant contre le
Bayern Munich. 

Bien que la Juve ne soit pas limitée offensivement (Giovinco, Vucinic, Matri, Quagliarella, etc.), elle manque d’un
goleador attitré : cette année Vidal et Vucinic sont les meilleurs buteurs du club en championnat avec 10 buts à leur actif, à savoir 19 longueurs derrière Cavani. C’est pourquoi, le club
est à la recherche de la perle rare, après avoir enrôlé Llorente (ex-Athletic Bilbao), Gonzalo Higuain ne devrait plus tarder à le rejoindre. Dès lors, la Juventus devrait prolonger sa domination
en Série A, à condition que les jeunes talents confirment, que les cadres soient toujours à la hauteur (Pirlo, Buffon, Chiellini) et qu’un attaquant concourt pour la distinction de
Capocannoniere.

Manchester United : quelle fin de saison riche en émotions à Old Trafford !
Les adieux de Sir Alex Ferguson sur un vingtième titre de champion glané par les Red Devils mettent un terme à une ère couronnée de succès. Pour sa dernière année à la tête de MU, le coach
écossais s’est appuyé sur ses cadres habituels (Rio Ferdinand, Evra, Giggs, ou encore Scholes revenu de sa retraite) ainsi que sur une attaque de feu menée par l’intenable Robin Van Persie (de
nouveau meilleur buteur avec 26 buts inscrits) afin de battre les Citizens dans la course au titre (11 points d’écart). Les Mancuniens avaient à cœur de se racheter dans la mesure où ils avaient
laissé échapper le titre la saison dernière dans les ultimes journées : c’était la différence de buts qui avait départagé les deux clubs. C’est pourquoi ils ont réalisé un parcours de
champion de bout en bout, cette fois-ci, City ne constituant qu’une menace lointaine. Par ailleurs, l’échec face au Real Madrid en Ligue des Champions ne semble pas les avoir déstabilisés en
Premier League. 

Aujourd’hui, une nouvelle époque commence sous l’impulsion de David Moyes (ex-Everton). Les Red Devils formeront ils
toujours une machine à gagner des titres ? Sans aucun doute, selon les dirigeants du club qui ont placé l’équipe sous les ordres d’un entraîneur écossais fortement expérimenté en raison de
ses onze années passées à la tête des Toffees. De même, les joueurs sont persuadés que ce nouveau cycle sera synonyme de titres, à l’image des propos récemment tenus par RVP. Toutefois, des
changements sont à prévoir cet été, en plus de Scholes qui arrête définitivement sa carrière, Rooney a des envies d’ailleurs (Paris ?). Dans le sens des arrivées, la politique du club reste
similaire comme le montre le recrutement du jeune espoir uruguayen Varela au poste de latéral droit. Bien entendu, il est fort probable qu’une star débarque au mercato, le nom du Belges Fellaini
revient avec insistance dans la presse.

Benjamin Brousses

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