Jérôme Leroy, l’increvable

©PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE ; 06 août 2013 Le joueur d'Istre Jerôme LEROY, lors du match de coupe de la ligue contre Tours FC Photo : Hugues Le Guellec

 

 

Retraité depuis un an, Jérôme Leroy à la surprise générale a repris du service à Istres, en Ligue 2, dans un club convivial avec l’ambition de se maintenir. Un choix qui peut paraître surprenant mais pas pour un passionné comme lui qui compte bien prouver qu’il ne fera pas figuration.

 

Un an que le joueur au dix-huit saisons avait pris sa retraite après une carrière pleine et des passages au PSG, Lens, Marseille, Sochaux, Guingamp, Evian et une escale en israel. Sa reconversion ? Du MMA (Arts martiaux) comme pratique régulière qui lui apporte beaucoup de « sang-froid ». Mais pour cette saison 2013-2014, il est de retour sur les terrains, et ça se voit ! A 38 ans, Jérôme Leroy est en effet la belle surprise de notre Ligue 2. Lors de la première journée face à Angers (2-4), l’ancien Parisien ouvre son compteur malgré une lourde défaite à domicile. De plus, il récidive sur le terrain de Brest, en inscrivant ce qui sera avec certitude l’un des plus beaux buts de la saison. Face au but, à 25 mètres, il profite d’un ballon qui rebondissait devant lui pour décocher un tir plongeant qui finira sa course dans la lucarne d’un Alexis Thébaux impuissant. Somptueux. Mais inutile. La formation de José Pasqualetti s’incline en toute logique (3-1) et se retrouve à une bien triste 20e place.

 

Mais pour Jérôme Leroy, le bonheur est ailleurs, son retour sur le terrain est d’abord un véritable plaisir, un amour pour le football «Je ne joue que pour le plaisir. Moi, je ne suis pas un compétiteur même si je déteste perdre. Compétiteur, c’est le mec prêt à sacrifier son jeu pour gagner. Moi, je ne peux pas. Je suis un passionné. On m’a parfois reproché de mettre mon équipe en difficulté parce que je voulais me faire plaisir. C’est comme ça…» Voilà qui devrait donner des regrets à plusieurs présidents de clubs de Ligue 1 qui cherchaient un bon joueur d’expérience pour renforcer leur effectif.

 

 

C’est d’ailleurs un peu le thème de cette L2 2013-2014, qui compte cette année des joueurs d’expériences comme Jérôme Rothen (Caen) et Bernard Mendy (Brest) par exemple. Dans un championnat où le combat est rude, ou les attaquants ont parfois du mal à trouver leur place, Jérôme Leroy n’arrive pas à Istres par hasard. Pour le FC Istres Ouest Provence, survivre dans un championnat aussi rude avec un budget limité ou la région tourne autour du cador olympien, c’est une lutte sans fin. Il y apporte un peu de lumière, sa touche de technique et de simplicité tout comme le partenariat du club avec Fluminense (Brésil).

 

«Quand on parle de club convivial, là, on y est. Je n’avais jamais connu ça. J’ai l’impression de retrouver les mêmes sensations que quand je jouais en bas de chez moi. En début de saison, on est partis en stage en Estafette. Les joueurs conduisaient. J’avais l’impression de partir avec mon équipe de quartier. C’est super sympa. La convivialité, elle est là. Cette saison, on va faire plein de voyages en bus et en train. Pas grave. Pendant le trajet, ça vit. On n’est pas cloisonnés. On est dans la gare, on côtoie les gens.»

Capable, comme tous les joueurs avec un talent au-dessus de la moyenne, de briller sur quelques minutes ou sur un match précis, J.Leroy ne peut cependant pas cacher son âge. À bientôt 39 ans, les jambes ne répondent plus comme lors de ses plus belles années, et ses prestations pourraient en pâtir sur la durée. Pas sûr, mais possible. Montrer qu’il n’est pas cramé, c’est d’ailleurs le défi qu’il se lance cette saison, tout en prenant du plaisir. José Pasqualetti devra tirer le meilleur de l’homme au corps de jeune. La clé est désormais dans les pieds de la nouvelle idole des istréens.

 

Benyahia Ali

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