Napoli – Fiorentina, vent de renouveau sur la Série A

 

 

C’était écrit. Après une saison exceptionnelle pour les deux équipes, ponctuée par une deuxième place pour le Napoli, et une quatrième pour la Fiorentina, il fallait s’attendre à voir partir les meilleurs joueurs de ces deux équipes, attirés par les sirènes des Grands clubs européens. Derrière chaque saison réussie, suit parfois une saison plus compliquée, entre le départ de certains joueurs et le manque de motivation d’autres, il faut savoir s’ajuster. Ce n’était une surprise pour personne et ça a fini par arriver, les deux joyaux de ces clubs sont allés voir ailleurs. Ciao Cavani, parti pour 64,5 millions au PSG, et ciao Jovetic, parti à Manchester City pour une trentaine de millions d’euros.

Après de telles pertes, comment ces deux clubs si rayonnants l’année dernière ont tenté de se reconstruire ?

 

Le Napoli sur sa lancée

 

A Naples, lorsqu’il s’agit de foot, tout n’est que démesure. Après deux saisons magnifiques, certainement parmi les plus belles de leur histoire, les tifosi napolitains ont dû se résoudre à voir partir leur chouchou, Edinson Cavani. Alors que leur président s’est fendu d’une lettre ouverte magnifique de fair-play et d’amitié à l’égard du Matador, les supporters n’ont pas accueilli la nouvelle avec autant de calme. Des banderoles au langage fleuri disséminées toute la ville laissent à penser que Cavani n’est plus le joueur chéri par tout San Paolo. Pour les calmer, le président De Laurentiis a rapidement trouvé la solution. Monter une équipe qui joue le titre, pour lutter contre l’ennemi juré turinois. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a mis qu’il s’en est donné les moyens.

 

Alors que les clubs français profitent des revenus des transferts pour combler les déficits, le président napolitain a clairement annoncé la couleur après la vente de Cavani : « Les 64,5 millions de Cavani s’ajoutent aux 60 que nous avions débloqués pour le mercato. Nous avons 124,5 millions à investir. » Et c’est bien parti pour. Les deux départs principaux ont déjà été comblés. Le coach Walter Mazzarri remplacé par Rafael Benítez et Cavani remplacé par Higuaín pour près de 40 millions. Ça garde quand même fière allure.

 

 

Avant, Callejon et Albiol avaient déjà fait le voyage depuis Madrid pour un total de 21 millions et l’ailier belge Dries Mertens était arrivé en provenance du PSV pour 10 millions. Pepe Reina étant arrivé libre, on peut considérer qu’il reste encore une petite cinquantaine de millions d’euros dans l’enveloppe des transferts (en comptant Calaío à 1,25M€, Rafael à 5M€, et l’option d’achat de 4M€ levée pour Armero). En attendant une dernière recrue offensive souhaitée par Mazzarri (surement Jackson Rodriguez), le 11 type du Napoli a déjà de quoi rassurer les tifosi napolitains. Et même plus, ces recrutements ont permis au club de Naples de s’acheter un banc, après quelques saisons à puiser sur un groupe restreint.

 

Un gardien expérimenté, une défense centrale solidifiée (Albiol, Cannavaro, Britos), un milieu réglé comme une montre suisse (Dzemaili, Behrami, Inler) et une incroyable addition de talents offensifs (Hamsik, Insigne, Mertens, Callejon, Higuain, Pandev). Voilà qui devrait raviver l’espoir des supporters de voir leur club de cœur remporter une nouvelle fois le calcio, 24 ans après. Pourtant, il faudra pour cela que Benitez trouve une alchimie entre tous ces talents portés sur l’offensive. Quid du 3-5-2 qui fonctionnait si bien sous Mazzarri ? Adepte du 4-2-3-1, Benitez devra réussir à imposer son projet de jeu à son groupe pour pouvoir réussir. Nous verrons bien. Pour l’instant, le match amical contre Galatasaray a montré que Naples était bientôt prêt. De là à faire un beau parcours en Ligue des Champions ? Ils auront déjà fort à faire pour lutter en Série A…

 

En effet, ils ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. D’autres jeunes loups ont les dents bien longues, à commencer par la Fiorentina de Vincenzo Montella.

 

 

Auteur d’une saison folle, la Fio s’est retrouvée. Portée par un entraineur novice mais excellent, l’équipe a montré un visage offensif merveilleux tout au long de la saison. Pourtant adepte du 3-5-2, Montella a dû se résoudre à instaurer un 4-3-3 plus stable derrière. Finalement, il s’est avéré que c’est dans ce système que le jeu Florentin s’exprimait le mieux, au point d’en devenir l’un des plus léchés de Série A. Au milieu, le petit Pizarro a retrouvé ses jambes d’antan. Agressif dans la récupération, il s’est avéré excellent dans la première relance. Devant lui, deux autres artistes de la passe : Aquilani, pour une première saison pleine, et le maestro Borja Valero. En attaque, le trio Ljajic-Jovetic-Cuadrado a martyrisé plus d’une défense en deuxième partie de saison. Malheureusement, le club a été contraint de laisser s’envoler leur perle Monténégrine, auteur de 13 buts cette saison en championnat.

 

Pour le remplacer, il fallait viser juste, et Mario Cognigni (le président) ne s’est pas trompé. Tout d’abord, en recrutant malin. Le « vieux » Ambrosini est arrivé gratuitement pour étoffer l’effectif, apporter sa mentalité et un gros plus d’expérience indéniable pour lutter à la fois en Ligue Europa et  en Série A . Autre arrivée à prix réduit, l’espagnol Joaquin, libéré pour seulement 2 millions par Malaga, qui pourrait s’en mordre les doigts. Pas certain que ces deux joueurs expérimentés auront leur place dans le 11 type de Vincenzo Montella, mais nul doute qu’ils auront leur carte à jouer si la Fio veut bien figurer dans toutes les compétitions.

 

Et puis, les dirigeants ont sorti le chéquier. 30 millions pour Jovetic ? Pourquoi pas les réinvestir rapidement ? Et c’est chose faite, avec l’arrivée d’un gros « cador » en lieu et place du jeune monténégrin. Ni plus ni moins que Mario Gomez, sérial buteur de Stuttgart, puis du Bayern Munich. Pour près de 20 millions d’euros, la Fio s’est offert l’un des plus beaux transferts de l’été. Accueilli par la foule en délire du stadio Artemio-Franchide, le club a trouvé son nouveau chouchou. Au-delà de l’aspect marketing et rockstar, Gomez devient le nouveau buteur du club. Enfin un top-player, capable de marquer plus de 25 buts dans la saison, ce qu’il manquait à l’équipe pour franchir un palier à l’échelon national, et pourquoi pas en Europe.

 

 

Juste après Gomez, la Fiorentina a déboursé pas moins de 10 millions d’euros pour s’attacher les services de l’ailier fantasque et dribbleur de Palerme, Josip Iličić. De quoi déstabiliser encore plus les défenses de la Botte. Un subtil mélange entre vitesse sur les ailes, jeu de passe au milieu et finition en attaque, voilà ce à quoi devrait ressembler le jeu de la Fiorentina la saison prochaine. Grâce à l’expérience des recrues, peut-être pourront-ils faire mieux que lutter avec la Juve, à condition de tenir le rythme tout la saison.

 

Le mercato a donc permis à ses deux équipes d’affirmer clairement leurs ambitions, lutter pour le titre. Déjà portées sur l’attaque l’année dernière, elles ont permis à une Série A en perte de vitesse de renouveler son image. Grâce à leur mercato clinquant et intelligent, elles attirent tous les regards et se positionnent comme les plus grandes rivales de la Juventus. Même si l’affaire paraît compliquée pour le titre, elles ont pris une sérieuse option pour les places qualificatives en Ligue des Champions, et ce alors que le championnat n’a même pas commencé. La faute à des grands clubs devenus par la force des choses outsiders, et qui ne se sont pas forcément donné les moyens d’inverser la tendance. Un Milan et une Lazio en demi-teinte sur ce mercato, et qui vont avant tout chercher à rééditer leur « bonne saison ». Et deux clubs importants qui tentent de se reconstruire et d’effacer leur saison blanche (Roma et Inter).

 

Après cette intersaison agitée (et ce n’est pas terminé !), tout devient possible. Après la Premier League et la Bundesliga, voici venu le temps de la Série A ? Un vent nouveau souffle sur le Calcio. Régalez-nous ! Andiamo !! Pendant ce temps-là, alors que leurs rivaux mettent tous les moyens de leur côté, la Lazio et le Milan préfèrent miser sur la stabilité, alors que la Roma et l’Inter amorcent une reconstruction.

 

 

Tristan Baudenaille

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