Tottenham : le pari Eriksen

 

 

Grâce au transfert historique du gallois Gareth Bale au Real Madrid pour 91M€, Tottenham Hotspur a pu se permettre quelques folies durant ce mercato estival. Roberto Soldado (30M€), Erik Lamela (30M€), Etienne Capoue (14M€), Vlad Chiriches (9,5M€) ou encore Nacer Chadli (7M€) ont été transférés vers le club londonien. Mais trois jours avant la fermeture du marché des transferts, le président des Spurs, Daniel Levy, réalise un joli coup en recrutant la perle danoise tant convoitée par le Barça et Chelsea, Christian Eriksen. Prix du transfert : 13,5M€. Une modique somme pour un joueur aussi débordant de talents et promis à un glorieux avenir.

 

21 ans, un talent précoce

 

Christian Eriksen a appris à marcher avec un ballon de foot. Dès l’âge de 3 ans, ses parents l’inscrivent dans le club de foot de sa ville natale à Middlefart. Depuis, il n’a plus jamais quitté le football, devenu sa plus grande passion. A 13 ans, il est repéré par le club danois OB Odense. Il y restera quatre années. Durant ces 4 ans, des clubs comme Chelsea ou le FC Barcelone conscients de son potentiel, vont s’intéresser à lui. Mais c’est finalement le club néerlandais de l’Ajax Amsterdam qui s’arrache le prodige danois. Il n’est alors âgé que de 17 ans lorsqu’il débarque dans le club le plus titré d’Hollande. Après une année complète à jouer avec la réserve, il signe son premier contrat de joueur professionnel l’année suivante, en 2010, et dispute son premier match pro face à NAC Breda. La machine est lancée. Son talent précoce se confirme en club, mais aussi en sélection.

 

Dès sa première année en tant que joueur professionnel, il est appelé en sélection du Danemark par Morten Olsen, qui va faire de lui son vrai chouchou. Mais aussi celui du public. Que ce soit avec l’Ajax ou avec le Danemark, il s’impose à 18 ans comme un élément titulaire et indispensable. Rien que ça. Sa maturité et sa vista sur le terrain font de lui un des meilleurs meneurs de jeu européen. Tottenham cherchait toujours un remplaçant à Luka Modric, parti un an plus tôt au Real Madrid. Avec l’arrivée d’Erik Lamela et de Christian Eriksen, les Spurs devraient trouver dans l’un deux (ou les deux), le remplaçant idéal. Mais cela pose aussi la question sur le choix d’Eriksen, qui s’est engagé dans un club où la concurrence ne sera désormais pas facile à gérer.

 

 

Tottenham, le bon choix ?

 

OUI. En signant chez les Spurs, le danois montre qu’il ne veut pas brûler les étapes, même si ce n’est pas l’avis de Morten Olsen, le sélectionneur du Danemark depuis 2000, qui lui avait conseillé de rester un an de plus à l’Ajax. Christian Eriksen veut progresser étape par étape. Signer trop tôt dans un club comme Chelsea ou le Barça peut s’avérer fatal. Tottenham fait partie de ces clubs qui exposent et font découvrir les futurs stars, avant de les revendre à des clubs plus prestigieux. Ça tombe bien, c’est exactement ce qu’Eriksen recherche. Il pourra aussi compter sur la présence de son ami et ex-coéquipier à l’Ajax, Jan Vertonghen. Mais pour s’imposer en Premier League, il faudra qu’il compte sur ses qualités principales. Son jeu de passe avant tout, car il aura un vrai rôle de meneur de jeu et de distributeur. Les coups de pieds arrêtés font aussi partis des atouts principaux du jeune scandinave. Si l’entraîneur portugais Villas-Boas lui confie les clés du jeu et le laisse tirer les coups de pieds arrêtés, il n’y a aucune raison pour qu’Eriksen ne s’impose pas du côté de White Hart Lane.

 

NON. Tottenham, le tremplin parfait ? Pas si sûr. Ce n’est pas par hasard si Morten Olsen aurait préféré que son petit protégé reste une saison de plus à l’Ajax.  Surtout à un an de la Coupe du Monde. Il est inquiet pour son temps de jeu et ça se comprend. La concurrence avec Erik Lamela et Gylfi Sigurdsson, qui ont déjà un profil assez similaire à celui du danois, sera rude. Sans compter la présence au milieu de terrain du brésilien Paulinho et du belge Dembélé. De plus, le club de Londres ne disputera que l’Europa League cette saison, alors que l’Ajax disputera la Ligue des Champions. Pourquoi tenter le diable à quelques mois de la Coupe du Monde alors qu’Eriksen avait une confortable place de titulaire dans un club qui dispute la plus prestigieuse des compétitions et qui est favori pour un quatrième titre de championnat à la suite ? Le sélectionneur Morten Olsen avait peut-être raison. L’avenir nous le dira. En attendant, la jeune pépite danoise n’a encore jamais connu d’échec sur le banc de touche.

 

 

Nicolas Laplume

Soyez le premier a répondre à "Tottenham : le pari Eriksen"

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.


*