Filip Djordjevic, le canari a « enfin » décollé

 

 

C’est une histoire qui a débuté en janvier 2008, depuis cinq ans, Filip et le FC Nantes forment un couple solide, qui a eu des coups durs mais aussi des joies.

 

Tout a donc commencé il y a presque cinq ans, le Serbe débarquait à Nantes dans l’idée de réussir là-bas. Accompagné par son collègue et ami Stefan Babovic « le Messi des Balkans », le natif de Belgrade impressionne d’entrée en inscrivant la bagatelle de 7 buts en 18 rencontres. Une mise en bouche qui fait saliver les supporters des canaris, mais cette douce odeur ne durera pas. De retour en L1 après une année de purgatoire, la maison jaune ne parvient pas à se maintenir. Une équipe totalement hors du coup toute la saison, un club qui perd les pédales et dans tout ça le pauvre Filip Djordjevic qui ne participera qu’à dix-neuf rencontres et ne plantera que deux fois. Un exercice marqué par une blessure qui l’éloignera des terrains pendant plus de quatre mois.

 

Un petit tour et puis s’en va donc. Retour vers la L2 pour les canaris, ce purgatoire va durer pendant quatre exercices. Une première saison poussive, avec une 15ème place. Durant cette saison, Djordjevic ne sera jamais dans les plans des coachs nantais. Gernot Rohr, Jean-Marc Furlan et Philippe Anziani ne lui font pas confiance et il ne joue que dix-neuf rencontres, pour encore deux buts. La saison suivante est un premier tournant, revenu bien plus fort physiquement et mentalement, le jeune Serbe permet à son équipe ne pas descendre en National avec ses 12 buts en Ligue 2 et ses 5 passes décisives. Sans lui, le FCN aurait vécu une tragédie sans précédent.

 

 

Une grosse saison qui aurait pu faire croire que l’ancien joueur de l’Etoile Rouge soit enfin à la hauteur des attentes placées en lui, raté. L’arrivée de Landry Chauvin trouble les cartes, Filip est titulaire, mais pas indiscutable. La prise de poids sur Serbe avait changé considérablement la donne. Sylvain Wiltord qui jouait moins que Djordjevic a réussi à marquer plus de buts en championnat que lui, c’est dire. Malgré 6 buts en 28 rencontres, il ne parvient toujours pas à convaincre les observateurs et les supporters qui attendent énormément de lui et qui regrettent son côté trop « nonchalant » et son manque d’envie notoire sur certaines rencontres.

 

Chauvin débarqué, Michel Der Zakarian fait son retour et va être un tournant pour Filip Djordjevic. Lui qui l’avait lancé quatre ans plus tôt dans le grand bain de la Ligue 2. Une confiance s’est installée entre les deux hommes. Pendant la préparation, le Serbe, qui ne parle pas vraiment à la presse va déclarer une phrase assez symbolique aujourd’hui : « je veux rester ici et prouver ». En effet le canari qui est sur le départ ne souhaite pas quitter la Jonelière sans avoir convaincu. Quand Filip parle franchement, derrière il y a les actes. Auteur d’un début de saison tonitruant, tout comme sa formation, Djordjevic parvient à se hisser à la 1ère place au classement des buteurs de Ligue 2 en compagnie du Monégasque Ibrahima Touré. Avec 13 buts à la trêve, le nouvel international Serbe montre enfin l’étendue de son talent. Malheureusement, sa deuxième partie de saison n’est pas aussi florissante que la première, à l’image du FC Nantes qui se bat dans la course à la montée. L’arrivée de Fernando Aristeguieta, jeune attaquant Vénézuélien de 20 ans qui rappelle une certaine personne en janvier 2008 marque clairement une période difficile, même si les deux hommes s’apprécient et sont amis. « El Colorado » (le roux) comme on le surnomme inscrit 8 buts en seulement 15 rencontres.

 

Malgré son irrégularité, Filip Djordjevic sait être décisif. Lors du match à Caen comptant pour la 36ème journée, le FCN en cas de victoire peut enfin voir la montée à sa porte. Après une parade sur penalty de Rémy Riou et une rencontre fermée, la seconde période s’emballe et suite à un centre de Vincent Bessat, l’aigle Serbe inscrit un but d’une manière assez acrobatique. Cette réalisation permet alors aux hommes du président Kita de souffler et de jouer la montée face à Sedan, devant le public de la Beaujoire. Chose faite depuis.

 

De retour en Ligue 1 et malgré les envies de départ, « Djordjé » comme on le surnomme continue sur sa lancée de la saison dernière, auteur du premier but en L1 depuis 5 ans face à Bastia (qui pourrait toujours être annulé) suite à l’affaire Abdoulaye Touré. Après un léger passage à vide, Filip a repris sa marche en avant et a inscrit depuis cinq pions, contre Sochaux, Nice, Rennes et un doublé face à Evian. Sur ses six réalisations, cinq sont à la Beaujoire, le buteur providentiel à domicile donc. Oui car le très bon départ du FC Nantes, actuellement quatrième de la Ligue 1 coïncide aussi avec l’envol du Serbe. Totalement transformé depuis le début de l’exercice, physiquement et mentalement. La responsabilité du brassard de capitaine lui permet aussi d’être moins nonchalant sur la pelouse.

 

Beaucoup de formations de l’élite sont d’ailleurs sur lui, les étrangères également. En pleine renégociation de son contrat, Filip Djordjevic sait sûrement que son avenir ne s’écrit plus à Nantes et ceci malgré une envie de rester si « le club change ses ambitions ». Pour ça, il faut que les canaris réalisent une grande saison…

 

 

Portrait robot du Serbe

 

– Joueur de surface, un renard des surfaces, considéré comme ressemblant à « Super Pippo » Inzaghi par certains coéquipiers de sa sélection et d’autres joueurs de Serbie.

– Fort physiquement, très bon dans le jeu aérien et formidable dos au but, avec des qualités de remises assez déroutantes pour les défenses.

– Capable de gestes techniques, comme la Madjer, ou plus récemment le ciseau acrobatique.

– Nonchalant et irrégulier, son gros point faible.

– Joueur a fort potentiel s’il est enfin régulier sur une saison, peut inscrire facilement en moyenne 15 buts

 

Thomas Bernier

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