Petit Verratti grandit

 

 

Après des débuts compliqués en championnat, Paris vient véritablement de lancer sa saison avec sa victoire tout en autorité et en maîtrise face au finaliste malheureux de la dernière Europa League. S’il a fallu attendre le mois d’octobre pour voir un PSG à son avantage, certains ont déjà eu tout le temps de noter l’excellent début de saison de Marco Verratti.

 

Il aura 21 ans dans un mois. 21 ans seulement et il s’affirme dès lors comme l’homme de base du système de Laurent Blanc. Bien entouré par Motta et Matuidi, l’ancien meneur de jeu de Pescara est la bonne surprise de cette entame de saison. Intraitable à la récupération, généreux dans le remplacement et agressif au pressing, M.V 24 étoffe sa palette du parfait milieu récupérateur par une technique hors pair. Doué d’une vista et d’une qualité de passe qui lui ont valu le sobriquet de « nouveau Pirlo », le futur homme fort de la Squadra épate par sa conservation de balle et sa capacité à se sortir du pressing de deux ou trois adversaires par un crochet ou un double-contact bien senti. Son entraineur d’ailleurs n’a pas tardé à encenser, en conférence de presse d’avant-match, les capacités exceptionnelles du garçon : « Verratti respire, sent le football et il le met en pratique. Quand il a le ballon, il ne le perd pas beaucoup. Il a une valeur ajoutée par rapport à d’autres, c’est qu’il a la possibilité de distribuer de bons ballons ».

 

Après sa première saison parisienne, on savait déjà que le jeune italien possédait ces qualités, on les avait vues à l’œuvre, parfois par intermittence –comme le reste de l’équipe-, mais elles étaient là et elles lui avaient même permis de s’incruster dans le onze type de la LFP. Aujourd’hui, pourtant il semble avoir franchi un cap et ces premiers mois nous promettent un Marco Verratti encore meilleur que l’an dernier et pilier de ce PSG. Alors pourquoi cette soudaine progression, quels facteurs expliquent la bonne forme du numéro 24 parisien ? L’attitude, tout d’abord, un comportement bouillant qu’on a dû lui apprendre à maîtriser.

 

Marco râle moins et se replace plus rapidement après ses fautes –fautes qu’il commet de moins en moins d’ailleurs. Cela lui « permet de rester dans son match » comme on dit et de s’éloigner progressivement du collimateur des arbitres. Il a également simplifié son jeu, capable de prouesses techniques, Verratti en abusait l’an dernier et n’hésitait pas à prendre des risques non loin des cages de Sirigu. Maintenant il économise ses actions de folies et cherche par ses dribbles, passes et crochets, à être efficace –il est vrai qu’on a quand même vu il y a peu une roulette zidanienne exécutée dans ses propres six mètres.

 

 

De plus, Verratti a trouvé sa place dans un milieu de terrain qui fonctionne à la perfection. Il est effectivement plus facile de jouer avec Motta que de le remplacer. Ces deux joueurs forment avec Monsieur « Blaise les trois poumons » un trident magique, capable d’équilibrer l’équipe : de pallier le manque d’efforts défensifs des attaquants (surtout sur le côté droit, qu’un Cavani aspiré par le but, délaisse souvent), de relancer propre (et ce malgré l’absence de Thiago Silva), d’alimenter les joueurs offensifs et enfin de se projeter devant pour créer le surnombre. Dans de telles conditions, pas étonnant donc, de voir Marco si à l’aise sur le terrain. Il est d’ailleurs l’un des seuls à avoir tiré son épingle du jeu lors du médiocre match contre Valenciennes et lors de la victoire peu convaincante face à Toulouse.

 

Seule ombre au tableau : des statistiques peu flatteuses. Toutefois, il semble, dans ce secteur, souffrir de notre système de comptage qui oublie malheureusement de tenir compte de la passe à l’origine d’une  action décisive : celle par exemple pleine de malice qui permet à Matuidi de centrer face au Benfica pour le but de Marquinhos ou celle très précise qui permet à Van der Weil d’adresser une balle de but pour Zlatan.

 

Ainsi, Il est certain que le prodige transalpin devra travailler ce domaine et se montrer de plus en plus présent aux avant-postes pour, à l’image de Matuidi, passer un cap et être décisif dans tous les secteurs de jeu. Gageons quand même qu’en maintenant ce niveau de jeu, Verratti devrait être le symbole du PSG version Laurent Blanc, ce dernier pourrait même en faire son Gourcuff époque bordelaise.

 

Cyril Daufresne

 

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