La Liga : Le Trone Musical – Artn’sport

 

43 ans. 43 ans que la Liga n’avait plus été aussi serrée. Barcelone, champion d’Espagne en titre, est leader au soir de la 20e journée. Seuls quelques buts séparent les catalans des hommes de Simeone, solides deuxièmes. Un petit point derrière le duo : la maison blanche, toujours plus proche, avec un CR7 couronné et impressionnant. Cette année plus que jamais, la Liga a décidé d’opter pour l’option « suspense ». Mieux, 3 cobayes sont engagés pour la tester. Allez, Musique maestro !

Barcelone : La touche sud-américaine

Du Chili au Brésil, en passant par l’Argentine. La moitié de l’équipe type version Tata Martino est originaire du Nouveau Monde. Le coach barcelonais également. Alves, Mascherano, Neymar, Sanchez et Messi composent la touche sud-américaine du Camp Nou. Les trois derniers cités sont de leur côté décisifs avec 30 buts marqués en championnat sur les 54 du total catalan. Sans être meilleure attaque ni meilleure défense de son championnat, le Barca endosse néanmoins le costume de meilleure différence de but d’Europe : +41, contre +38 pour le dauphin citizen, +36 pour le leader turinois, et +34 pour la machine bavaroise. Tous ces chiffres illustrent une première partie de saison ahurissante : 51 points engrangés sur 60 possibles et une première place incontestée en phase de poules de la Ligue des Champions.

En Liga, c’est en toute logique qu’ils sont favoris à leur propre succession. Pourtant, les supporters blaugranas peuvent se souvenir que lors de la phase aller de l’exercice précédent, 55 points avaient été empochés par les hommes alors coachés par Tito Vilanova. En effet, seul le Real était parvenu à chiper 2 unités au Barça (2-2) à côté des 18 victoires des compères de Messi. Qu’importe, ce total reste tout de même remarquable.

L’apport de Neymar, blessé pour au moins quatre semaines, est, lui, conséquent : décisif pendant le Clasico (2-1), il sait se mettre au service de la Pulga tout en enchaînant ses dribbles fameux. En interne, le transfert du crack brésilien a, cependant, provoqué la démission du président Sandro Rosell. La plainte d’un socio au sujet du prix déboursé a été jugée recevable : le président en poste depuis juin 2010 a laissé sa place au numéro 2, Josep Bartomeu. Sur le pré, la patte de l’argentin Gerardo Martino se fait, elle, ressentir dans un jeu souhaité moins stéréotypé.

Le natif de Rosario innove par rapport à ses prédécesseurs : il n’hésite pas à remplacer le quadruple ballon d’or afin de le préserver, ce que Guardiola ou Vilanova n’avaient pas coutume de faire. De retour de blessure début janvier, Messi a aussi vu Ronaldo mettre fin à sa série de quatre ballons d’or consécutifs. Les deux stars se retrouveront le 23 mars au Bernabeu, pour un Clasico fort haletant. A 5 mois du mondial, l’argentin a à cœur d’être en pleine confiance avant de s’envoler vers Rio. Nul doute qu’il a aussi en tête l’épilogue de la Liga 2013/2014, qui le verra se frotter à un autre prétendant : l’Atletico.

Atletico : Diego + Diego = Jackpot ?

Solide 3e en 2013, l’Atletico est arrivé plus qu’armé à l’heure de démarrer l’exercice 2013/2014. Sa victoire en Coupe d’Espagne au Bernabéu face au Real a servi de préface : cette année, l’Atletico, c’est du lourd. La double confrontation estivale contre le Barça en Supercoupe n’a fait que confirmer l’ambition des colchoneros : la tête (très) haute, ils ont vu les catalans enlever le trophée sans gagner (1-1, 0-0). Une défaite au goût de victoire. Juste après, c’est une série de 8 succès consécutifs, dont deux en Ligue des Champions, qu’enchaîne les Rojiblancos. Ils en ont profité pour s’imposer de nouveau au Santiago Bernabeu, en championnat, afin de rester au contact du Barça (0-1).

Diego Costa, lui, en profite pour s’illustrer. C’est simple, il a scoré à 19 reprises en 20 matchs joués. En même temps que son équipe s’incruste dans le duel Barça-Real, l’attaquant naturalisé espagnol n’hésite pas à pointer le bout de son nez dans la lutte pour le Pichichi. Une lutte (pour l’instant) réduite à un duel entre lui-même et Ronaldo. De l’autre côté de la pelouse, le destin des colchoneros se joue souvent sur les prestations d’un futur grand : Thibault Courtois. Le gardien d’1m94, et de seulement 21 ans, justifie les espoirs placés en lui. Si sa défense est de qualité, ses performances permettent bien souvent à l’Atletico de rester en vie : pas étonnant qu’avec 12 buts encaissés, les rojiblancos soient la meilleure défense du championnat.

Et dans cette équipe de guerriers, le commandant s’appelle Simeone. Diego, de son prénom. En poste depuis décembre 2011, il a fait des prouesses avec l’Atletico où il n’a perdu que 12 matchs pour pas moins de 74 succès, toutes compétitions confondues. Cette année, c’est 50 points engrangés lors de la phase aller. Grâce à ce capital, il mène son équipe quasiment au sommet de la Liga où le Barça stationne grâce à une meilleure différence de buts. Quant au style de l’entraineur argentin, il est retranscrit dans le mental de ses hommes. En témoigne son attitude sur le bord de la pelouse : constamment debout, il passe son temps à haranguer ses troupes.

La hargne de ses soldats ressort d’ailleurs dans un jeu musclé, mais toujours dans les règles, avec un pressing continu. Seul souci relevé du côté du Vicente Caldéron : la profondeur de l’effectif. Des 3 prétendants, l’Atletico est certainement celui qui a le banc le moins performant. Qualifiés en ¼ de finale de coupe d’Espagne (matchs aller/retour), les colchoneros sont encore en lice en Ligue des Champions où l’A.C Milan les attend en huitièmes. Pour rester dans les roues du F.C Barcelone et éviter une rétrogradation à la 3e place, Diego Simeone devra surveiller de près l’accumulation de matchs, tout aussi cruciaux les uns que les autres. L’infanterie rouge et blanche n’aura même pas le temps de souffler : entre les deux soirées européennes, c’est Ronaldo, Bale et consorts, qui viendront au Calderon.

Real : Direction les étoiles

Peut-être le candidat actuellement le plus serein. C’est, en tout cas, ce qu’attestent les premiers chiffres de 2014. A 5 points du duo Barça-Atletico à Noel, les hommes de Carlo Ancelotti ont vu les deux équipes se neutraliser puis, de nouveau, perdre deux points, depuis la rentrée. Les madrilènes ne se sont pas privés de saisir la (double) occasion de se rapprocher : au soir de la 20e journée, un seul petit point les sépare des deux premières places. La première partie de saison du technicien italien est, comptablement, assez semblable aux années Mourinho. Après 20 matchs joués, le Real a engrangé 50 points : c’est 10 de plus que l’exercice précédent, mais 2 de moins que l’année du titre (2011-2012) et 1 de moins que lors de la première saison du « Only One ».

Et si le Real peut compter sur sa fusée nommée Cristiano Ronaldo, meilleur buteur avec 21 réalisations et couronné du Ballon d’Or début janvier, il possède dans ses rangs un rafale du nom de Gareth Bale. Plus gros transfert de l’histoire, le gallois s’est bien intégré au collectif madrilène : il est impliqué sur 15 des 58 buts de la maison blanche en championnat, avec 8 buts et 7 passes décisives.

Annoncée comme capable de ramener « La Décima » (dixième ligue des champions), la doublette Ancelotti-Zidane s’est pourtant inclinée à deux reprises en championnat contre… les deux leaders. Un mois avant la défaite au Camp Nou (2-1), les partenaires de Bale chutaient dans leur antre contre un Atletico virevoltant (0-1). Mais nul doute que cette année, les armements madrilènes sont de taille. La star portugaise est clairement dans une forme ahurissante. Sa première place au classement des buteurs (21) permet au Réal d’être la meilleure attaque de Liga, avec 58 buts (tout comme en Ligue des Champions avec 9 buts sur les 20 de son équipe en phase de poules).

A l’instar des deux autres prétendants, le Real est engagé dans les 3 compétitions. L’occasion pour Ancelotti de mettre en lumière un effectif toujours plus profond. Quand des bijoux techniques comme Modric ou Di Maria doivent souffler, de précieuses perles au nom de Isco, Illaramendi ou encore Jesé et Morata peuvent à tout moment montrer toute leur splendeur. Et quand Diego Lopez n’occupe pas les cages de la maison blanche, c’est un diamant au nom d’Iker Casillas qui prend le relais. Et toujours aussi brillant.

Quentin Marais

Be the first to comment on "La Liga : Le Trone Musical – Artn’sport"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*