Valence CF : « Opération rachat » – Artn’sport

 

8e au soir de la 19e journée, endetté de plus de 300 millions d’euros, le club « ché » a récemment limogé son entraîneur Djukic, remplacé par Juan Antonio Pizzi. Le 15 janvier, Valence pourrait officialiser l’arrivée d’un riche investisseur pour ainsi combler sa dette. Tant sur le plan sportif que financier, le club qui fêtera son centenaire dans 5 ans, est en quête de rachat.

Un stade vide, une crise pleine : la descente aux enfers

Printemps 2006. Le projet d’un nouveau stade à Valence lancé par Juan Batista Soler, riche entrepreneur, est retenu. Printemps 2007, la première pierre du « Nou Mestalla » est posée. Ce stade moderne, pouvant accueillir 75.000 places, est situé à proximité d’un quartier complètement refait à neuf, permettant alors d’accéder bien plus facilement au sein du nouvel édifice. Une éventuelle rénovation du Mestalla, bâti en plein centre-ville, a de son côté rapidement été écarté, la faute au positionnement géographique du stade provoquant embouteillages à n’en plus finir les soirs de matchs.

Courant 2008, l’Espagne est frappée par une lourde crise immobilière. La région de Valence n’est pas épargnée par cette récession économique à tel point qu’au printemps 2009, la construction du Nou Mestalla est stoppée. En cause : une dette devenue trop importante dans un club qui subit de plein fouet la crise frappant alors l’Europe, et plus particulièrement l’Espagne. La livraison du stade ne cesse d’être repoussée : alors prévue pour fin 2009, elle a été reportée à 2011, puis 2015. Juan Batista Soler, qui avait alors lancé le projet « Nou Mestalla », démissionnait à la fin de l’exercice 2007/2008. Endetté de plus de 350 millions d’euros, le club valencian accuse progressivement le coup, incapable de rembourser sa dette.

Aucun ouvrier n’a posé les pieds dans le chantier du nouveau stade, totalement vide, depuis presque 4 ans. Un motif d’espoir est entrevu en 2011 : en décembre de la même année, le groupe Bankia et le Valence CF affirment passer un accord permettant la reprise des travaux du Nou Mestalla. La banque prétend pouvoir investir 140 millions d’euros afin de financer la suite du chantier. 9 mois plus tard, cet accord est rompu. Fin décembre 2013, les médias espagnols chiffraient à 220M€ la dette du club ché à l’égard du groupe Bankia. Cette conjoncture marque la descente aux enfers du club murcielago, symbole de la crise alors très marquée dans la péninsule ibérique.

Des pépites qui s’envolent, un classement qui dégringole

Le club de Valence a connu un début de XXIe siècle remarquable. Double finaliste de la Ligue des Champions en 2000 et 2001, il a remporté la Coupe de l’UEFA en 2004. Cette année-là, le club ché réalise d’ailleurs le doublé puisqu’il remporte la Liga, pour la 6e fois. C’est le dernier club à avoir enlevé le trophée national, avant que le Real et le Barça ne se le disputent durant chaque exercice. Si Valence réussit à maintenir un niveau de jeu élevé, la présence de plusieurs cracks au sein de son effectif y est pour beaucoup. David Villa, David Silva, Juan Mata, Jordi Alba et Roberto Soldado, pour ne citer qu’eux, ont fait partie intégrante d’un effectif qui fut contraint de lutter pour la 3e place, une place acquise en 2006, 2010, 2011 et 2012.

Mais au vu des dettes, toujours plus présentes au sein du club, ces pépites ont dû s’exiler afin de renflouer les caisses. Les ventes s’enchaînent alors. En 2010, David Villa est cédé au Barca pour 40M€. Dans le même temps, David Silva file à Manchester City, contre la somme de 28.7M€. Un an plus tard, Juan Mata prend la direction de Chelsea, acheté 26.5M€. Le latéral gauche Jordi Alba rejoint, lui, le Barca en 2012, contre 14M€. Enfin, l’été 2013 voit Roberto Soldado renforcer Tottenham en échange de 30M€. Au total, ses joueurs ont rapporté pas moins de 140 millions d’euros au club ché. Mais en mai 2013, il est dépassé par la Real Sociedad et ne peut donc pas compter sur la Ligue des Champions pour gagner encore un peu plus d’argent. 8e au soir de la 19e journée de Liga, le club accuse 13 points de retard sur le 4e, Bilbao.

Via l’arrivée de Juan Antonio Pizzi sur le banc orange, les supporters espèrent pouvoir remonter au classement et accrocher une place qualificative pour la prochaine Ligue des Champions. Le cas valencian, orphelin de toutes ses pépites, est ainsi résumé par Frédéric Hermel, consultant et spécialiste de la Liga pour RMC : « Le problème à Valence, c’est que le club et les supporters sont persuadés d’avoir encore de très grands joueurs au sein de leur effectif, ce qui n’est actuellement plus le cas ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

La fin du tunnel ?

En juin 2013, la parcelle administrative du Valence CF a été revue. Amadeo Salvo accédait en effet au poste de président. 5 mois plus tard, le 4 novembre, le directeur sportif Braulio Vazquez fut remplacé. Deux noms connus des travées de Mestalla prennent alors sa place : Roberto Ayala et Francisco Rufete. Ses deux joueurs emblématiques de Valence étaient des piliers de l’effectif champion d’Espagne en 2002 et 2004, puis vainqueur de la Coupe de l’UEFA lors de cette dernière année. Malgré ce changement aussi prometteur qu’ambitieux, la situation financière du club blanquinegro reste critique. La dette est toujours énorme, jugée aux alentours de 300 millions d’euros. En décembre 2013, un espoir renaît, il s’appelle Peter Lim. Cet investisseur singapourien, dont la fortune est estimée à 1.47 milliards d’euros, est peut-être l’homme de la situation.

Il n’est pas méconnu dans le monde du ballon rond : proche de l’agent Jorge Mendes, il était intéressé, il y a de cela quelques mois, pour entrer au capital du club colchonero. Quatre ans auparavant, il fut aussi candidat au rachat de Liverpool. Fin décembre, le président valencian Amadeo Salvo, s’enthousiasmait à l’idée de voir un investisseur parvenir à redresser les finances du club ché : « C’est une chance historique pour le Valence CF, qui va pouvoir régler tous ses problèmes ». Un cadeau de Noël avant l’heure. L’ultimatum est alors fixé au 15 janvier, par Bankia au Valence CF, pour choisir un investisseur. En tant que principal créancier du club, le conglomérat bancaire peut choisir l’homme qui reprendra la maison orange. Le singapourien a, de son côté, annoncé que son offre serait valable jusqu’à cette date, après quoi il se rétracterait.

Quoi qu’il en soit, Peter Lim n’a guère envie d’attendre : il serait prêt à investir entre 30 et 50 millions d’euros pendant le mercato hivernal afin de s’attacher les services de plusieurs joueurs de renom. Mais il a aussi en tête l’idée de reprendre les travaux d’un certain stade, arrêté depuis février 2009. Une allusion à la Rome antique est d’ailleurs réalisée par les habitants de Valence vis-à-vis du Nou Mestalla : ils le comparent ironiquement au Colisée. Bien vu, le Valence Club de Futbol semble prêt à réécrire son histoire.

Quentin Marais

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