Barcelone : ville multiculturelle, follement amoureuse de son Barça

La capitale de la Catalogne est une ville fascinante sans aucun doute, qui mérite plusieurs jours, voire plusieurs semaines de visite pour la découvrir de fond en comble. C’était la première étape de ma visite éclair dans les Pays catalans, avec comme cerise sur le gâteau une énorme affiche : Fútbol Club Barcelona vs Athletic Club de Bilbao, au Camp Nou.

 

La dictature franquiste à tenté de modeler à sa façon une Espagne qui est toutefois demeurée très multiethnique (Catalans, Basques, Gallegos, Asturianos, etc.). C’est quelques choses qui demeure relativement ignorées par la masse populaire et je trouve cela intéressant d’en informer un peu plus les gens d’ici, surtout que la Catalogne et le Québec ont énormément de points en commun : deux sociétés distinctes à l’intérieur d’un pays qu’ils disent ne pas appartenir (et je ne lancerai pas un débat politique sur le sujet). Comme de fait, la région la plus riche du pays du roi bourbon Juan Carlos 1er est tout près de l’indépendance, qui pourrait survenir aussi rapidement qu’en 2015.

 

Lors de ma première visite à Barcelone l’an dernier (1 nuit seulement), je n’avais pas eu l’occasion réellement de remarquer la fierté du peuple catalan et je me tardais d’en apprendre un peu plus sur le sujet, étant un passionné des langues et des cultures latines. À mon désarroi, ou peut-être aussi à cause du début de la Semaine sainte (très célébré à travers le pays), mais l’afflue de touriste a fait en sorte que j’ai plus entendu d’espagnol, de français ou même de néerlandais, que de catalan, même si absolument tout dans la ville est écrit dans la langue natale de Carlos Ruíz Zafón (le Molière moderne des Catalans). Mes cours de catalan à l’université et ma copine catalanophone n’auront pas autant servi que je ne le pensais!

 

 

Revenons à nos moutons, soit le match Barça-Bilbao, disputé devantseulement 57 090 personnes, ce qui peut paraître bien peu dans le plus grand stade d’Europe (capacité de 99 354). Les journaux barcelonais Sport et Mundo Deportivo se sont d’ailleurs empressés de souligner la nouvelle. Pourquoi autant de sièges vides? Évidemment, la Semaine sainte encore une fois a peut-être joué un rôle dans la faible assistance, mais les mauvais résultats successifs des Blaugranas auront sûrement pesé encore plus lourd dans la balance.

 

Qu’à cela ne tienne, le jour du match, la ville est Barça. Que ce soit les locaux ou les touristes comme moi, on pouvait apercevoir dans les rues ou dans le métro une multitude de personnes arborant le maillot du club, tous très anxieux de vivre (ou revivre) une expérience unique. Rapidement, le vieuxNouveau terrain (traduction française du Camp Nou) jaillit devant nous sur la rue De Les Corts, avec une tonne de gens prenant des photos en face de l’enceinte du stade, désireux de ramener un souvenir à la maison. Les nuages gris dans le ciel laissent planer un doute d’averse, mais c’est plutôt le temps passablement froid qui retient l’attention, car en avril dans le nord de l’Espagne, il est loin de faire aussi chaud que ce que les gens croient.

 

Quand on pense à l’Espagne, on ne pense qu’à soleil, plages et bonne gastronomie, ce qui est totalement absurde. Voici un petit cours de géographie Espagne 101 : toutes les régions du nord ont un climat atlantique, avec beaucoup de pluie et des températures assez basses l’hiver. La Catalogne et la Communauté valencienne, qui bordent la mer de la Méditerranée, ont certes un climat méditerranéen, avec cependant des vents marins qui en surprendront plus d’un. La région de Murcia jusqu’à Almería en Andalousie est quasi désertique (plusieurs Westerns américains ont été tournés là-bas), le reste de l’Andalousie rappelle le Maghreb, alors que finalement le centre est un immense plateau, où il fait très froid l’hiver et très chaud l’été!

 

Ce match était très important à mes yeux, car l’opportunité de voir Lionel Messi à l’oeuvre était un rêve, surtout que lors de ma visite l’année dernière (victoire de 4-1 contre Málaga), la Pulga n’avait même pas joué, étant de retour en Argentine pour soigner une blessure. Lors de l’annonce du 11 de départ, apprendre que Messi et mon compatriote Alexis Sánchez formeraient un trident offensif avec le champion du monde Pedro Rodríguez, valait absolument son pesant d’or.

Les Culers

Les Culers

Rapidement, le Barça se met en marche et se crée quelques chances de marquer, sans pour autant concrétiser. De l’autre côté, l’Athletic peine pour l’instant à percer une défense composée d’Adriano, Javier Mascherano, Marc Bartra et Dani Alves. Tout d’un coup, une contre attaque des Basques, menée par l’excellent Aritz Aduriz, est venue complètement refroidir un public déjà très demandant. À suite du but des visiteurs, on a pu apercevoir plusieurs mouchoirs blancs s’agiter dans le stade, en signe de protestation. On aurait pu penser qu’une autre défaite apparaissait à l’horizon, mais le beau jeu du Barça ne s’affaiblit pas pour autant.

 

L’intensité et la passion d’Alexis, les éclairs de génie de Messi (quelle beauté de le voir jouer), les courses calculées de Pedro, le calme d’Andrés Iniesta (bien seul en milieu de terrain, avec un Xavi qui se fait vieillissant et un Alexandre Song qui n’a décidément pas sa place avec le club) et un Mascherano des beaux jours ont finalement eu raison d’un des clubs classiques de la Liga BBVA. L’Athletic Club est l’un des 3 seuls clubs (avec le Barça et le Real) à n’avoir jamais été relégué! Le but égalisateur est finalement venu du pied de Pedro (à la suite d’un jeu débuté par Dani Alves et Alexis) et le but de la victoire n’a été marqué par nul autre que Lionel Messi, sur un coup franc à l’entrée de la zone de réparation, directement en face de moi! L’Athletic Bilbao a presque réussi à égaliser en fin de match, mais l’intervention magique de Javier Mascherano, qui a presque marqué son 1er but dans l’uniforme du Barça à la suite d’une très belle montée plus tôt dans le match, a finalement gardé le pointage intacte.

 

Un 3 points très important pour le FCB, non seulement pour une Liga qui n’est pas encore décidée (même si l’Atlético de Madrid semble le mieux qualifié pour soulever un trophée qu’il n’a pas tenu dans ses mains depuis la saison 1995-1996), mais surtout pour calmer les ardeurs des socios blaugranas, décidément contre l’idée qu’un cycle aussi victorieux (15 trophées depuis 2008) ne se termine ainsi, en 2014.

 

Ritchie Soto

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