La Belgique, le favori des outsiders ? – Artn’sport

 

La Colombie, l’Uruguay ou encore le Chili vont susciter beaucoup d’attention pendant ce mondial au Brésil, avec notamment un vrai statut d’outsider. Mais si une nation a déjà étonné par sa campagne de qualification et sa position de tête de série à l’heure du tirage, il s’agit bien de la Belgique. Au moment d’aborder leur 12e participation en phase finale, les Diables Rouges ont les cartes en main pour passer un bel été… mais pas que.

La revanche de Marc Wilmots

En mai 2012, Georges Leekens, sélectionneur de l’équipe belge depuis deux ans, file au FC Bruges. Son adjoint Marc Wilmots prend alors sa place à la tête des diables rouges. Un espoir, un souhait, une détermination : se qualifier pour la prochaine coupe du monde au Brésil, en 2014. C’est une opportunité grandiose pour l’homme qui fut victime d’une des plus grandes injustices. Le 17 juin 2002, il affronte, avec la Belgique, le Brésil en huitièmes de finale de coupe du monde. 35e minute, 0-0 au tableau d’affichage. Wilmots reprend alors de la tête un centre venu de la droite et envoie le ballon au fond des filets. Mais Peter Prendergast, l’arbitre jamaïcain de la rencontre, refuse le but de l’attaquant pour une faute imaginaire. Le Brésil bat finalement la Belgique 2-0 et prive cette dernière d’un quart de finale qu’elle n’avait atteint qu’à une seule reprise. Lors de l’édition 1986, la Belgique était parvenue à se hisser dans le dernier carré. Le natif de Jodoigne prend ensuite sa retraite internationale. 26 ans plus tard, il a l’occasion d’envoyer la sélection belge au Brésil, pour la plus belle des revanches.

C’est aussi une opportunité pour les diables rouges de goûter à nouveau à l’ambiance d’un mondial, compétition qu’ils n’ont plus jouée depuis ce fameux épisode brésilien. Pendant les éliminatoires, qui les oppose notamment à la Croatie et à la Serbie, les belges se baladent. Avec un sans-faute à l’extérieur et deux matchs nuls à Bruxelles, c’est invaincue que la Belgique conclut sa phase de qualification. Des joueurs comme De Bruyne, Benteke ou encore Lukaku gagnent de l’expérience et attirent le regard des grands clubs européens. En Croatie, les diables rouges s’imposent 2-1 et valident définitivement leur ticket pour le Brésil. Pari réussi pour Wilmots. Parmi les groupes à 6 équipes, la Belgique est, avec l’Angleterre, la meilleure défense de la campagne européenne avec seulement 4 buts encaissés en 10 rencontres. C’est aussi la sélection qui totalise le deuxième plus grand nombre de points avec 26 unités, contre les 28 engrangées par les allemands et les hollandais.

La génération dorée

En Belgique, les journaux et les supporters sont extrêmement ambitieux, au vu de l’effectif qui témoigne d’une véritable « génération dorée ». Dans tous les secteurs de jeu, la sélection de Marc Wilmots se révèle très prometteuse et peut envisager avec sérénité le prochain tournoi, mais aussi les années à venir. L’exemple du poste de gardien suffit pour montrer que les diables rouges ont un bel avenir devant eux. Le numéro 1, Thibault Courtois, est titulaire à l’Atletico Madrid depuis 3 ans et récent champion d’Espagne. Agé de 22 ans, il s’apprête à disputer une finale de Ligue des Champions face au Real Madrid. Si sa situation est assez particulière, puisqu’il est prêté au club colchonero par Chelsea depuis 3 ans, ses performances ont tapé dans l’œil des géants européens. En doublure du gardien madrilène, c’est le portier de Liverpool Simon Mignolet qui fait figure. Plus âgé de quatre années, il vient de conclure une superbe saison dans les buts des reds, solides 2es de Premier League. Si le dernier rempart est plus que fiable, les autres murailles belges sont aussi bien fortifiées.

Le capitanat de l’équipe belge est assuré par Vincent Komany, indéboulonnable à Manchester City depuis 6 saisons déjà. D’autres défenseurs comme Jan Vertonghen ou encore Thomas Vermaelen, respectivement pensionnaires de Tottenham et Arsenal, sont eux dans la short-list d’un certain Louis Van Gaal, manager de Manchester United à compter du début de saison prochaine. Le milieu de terrain est aussi prometteur que talentueux avec des noms comme Fellaini, De Bruyne, Dembélé ou encore Chadli. Si la moyenne d’âge de ces derniers ne dépasse pas 25 ans, celle de l’attaque n’est que de 22.5 années. La récente naturalisation de Adnan Januzaj, convaincant avec United, ou encore la montée en puissance de Divock Origi avec le LOSC, rend le bloc offensif complémentaire. En effet, des cadres plus expérimentés comme Kevin Mirallas et Eden Hazard (43 capes chacun) viennent s’ajouter à la liste d’attaquants de Wilmots, dans laquelle on retrouve aussi le napolitain Dries Mertens.

L’après-qualification Qualifiée sans passer par les barrages, la Belgique a également eu droit à une seconde surprise. 5es au classement FIFA en octobre 2013, les diables rouges sont tête de série en vue du tirage de la phase de groupes. En plus d’avoir obtenu le meilleur classement de son histoire, la Belgique peut donc attendre sereinement le sort qui lui sera réservé à Rio. En effet, celle-ci est certaine d’éviter, en phase de poules, le Brésil, l’Espagne, ou encore l’Allemagne pour ne citer qu’eux. Placés dans le groupe H, les diables rouges ont eu un tirage plutôt clément puisqu’ils devront se frotter à l’Algérie, la Russie, et la Corée du Sud. Respectivement 32e, 19e et 56e au classement FIFA, les trois nations qui complètent le 8e groupe de ce Mondial brésilien ne doivent surement pas être sous-estimées par les diables rouges. Mais les belges gardent tout de même à l’esprit que leur poule aurait pu être, potentiellement, composée du Chili, du Mexique et des Pays-Bas…

Depuis son dernier match de qualification, le 15 octobre face aux Gallois (1-1 à Bruxelles), la Belgique a foulé à trois reprises la pelouse du Stade du Roi Baudoin. Autant dire que le scénario n’a pas été celui des phases de poules puisque deux défaites et un match nul sont venus quelque peu freiner l’enthousiasme belge. Le 14 novembre, face à la Colombie de Falcao et Rodriguez, les troupes de Wilmots, certes quelque peu remaniées (Courtois et Kompany absents) se sont inclinées 2 à 0. Cinq jours plus tard, le Japon de Kaisuke Honda est venu l’emporter par 3 buts à 2, face à une formation toujours privée de ses deux cadres. Sous les sifflets, la Belgique accuse le coup et essuie une deuxième défaite d’affilée, ce qui ne lui était plus arrivé depuis septembre 2010. A trois mois du mondial, les diables rouges, cette fois-ci au complet, accueillent la Côte d’Ivoire. Pleine de détermination, la Belgique mène 2-0 jusqu’à la 75e minute et un quart d’heure durant lequel Drogba et Gradel finissent par ramener la Côte d’Ivoire à égalité. Georges Grün, international belge de 1984 à 1995, accusait alors les belges de faire part d’une certaine nonchalance…

Avec des talents à tous les niveaux et un groupe à leur portée, les belges peuvent créer la surprise dans ce mondial. Si la campagne de qualification fut de haute volée, cette « génération dorée » a clairement levé le pied durant les matchs amicaux qui ont suivi. L’excès de confiance et le manque d’expérience de l’effectif doivent être rapidement muselés par Wilmots, qui a toujours en tête le spectre brésilien susceptible de faire vivre, à nouveau, un enfer aux diables rouges…

Quentin Marais

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