Le Brésil gagne dans la douleur – Artn’sport

 

La Croatie a failli créer la surprise face à une équipe brésilienne qui n’a pas convaincue mais qui démarre la compétition par une victoire. Neymar s’impose dès ce premier match comme l’homme providentiel de la Seleção.

Les Croates ont attaqué le match avec beaucoup de dynamisme et de mordant. La Croatie s’est immédiatement mise dans le sens du but, en se créant les premières occasions du match et en remportant beaucoup de duels. Les passes de Rakitic et Modric ont souvent mise à mal la défense brésilienne. La technique de Perisic et la détermination d’Olic, qui a souvent joué juste, ont contribué à mettre le feu dans une ligne défensive auriverde qui s’est montrée désorganisée, voire fébrile face aux attaques répétées des Croates. C’est pourquoi, la Croatie a logiquement ouvert le score. Marcelo, après avoir marqué contre son camp sur une déviation de Jelavic (11°), s’est fait plusieurs fois recadré par son entraîneur, tandis que Dani Alves a été souvent débordé par Olic. Thiago Silva n’a pas été aussi performant que d’habitude, cependant il a assuré le minimum en coupant la trajectoire de quelques ballons chauds. David Luiz s’est montré tranchant dans ses interventions et a dégagé par moment de la sérénité. En revanche, Julio César a inquiété par son manque de promptitude sur les frappes de Modric et de Perisic en fin de match.

De plus, la Seleção a manqué de brio dans l’utilisation du ballon. Seuls quelques éclairs de Neymar, à l’instar de son but (29°) et d’Oscar qui s’est réveillé en seconde période ont permis d’accélérer le jeu. En effet, les Brésiliens ont multiplié les imprécisions techniques pendant le match et ont parfois abusé du jeu long. Ils ont eu la possession du ballon en seconde période, sans véritablement pouvoir construire un jeu fluide et efficace. Hulk n’a pas été heureux dans ses initiatives et peine toujours à s’imposer aux côtés de Neymar et d’Oscar. A l’inverse, Bernard s’est montré plus mobile et a bien combiné avec ses coéquipiers. Par là même ses qualités et cette bonne rentrée pourraient lui permettre de prétendre à une place de titulaire dans le schéma tactique élaboré par Scolari. Un autre élément offensif a été insuffisant : Fred. Il a été inexistant pendant toute la rencontre, à l’exception d’un fait de jeu qui change le cours du match.

En effet, l’arbitre gérait bien le match et la pression liée à l’enjeu. Fred, transparent jusqu’à la 71° minute, se laisse tomber aux six mètres de la surface croate. L’arbitre siffle un penalty très généreux. Certes, Lovren marque de très près l’attaquant de Fluminense mais Fred exagère le contact. Pendant que Fred remercie le ciel, l’arbitre sanctionne Lovren d’un carton jaune et tente de calmer la fureur des Croates. C’est Neymar qui se charge de tirer le penalty. Pletikosa, qui part du bon côté, n’a pas la main assez ferme pour détourner le ballon. C’est dedans. Neymar débute la compétition en ayant inscris un doublé. La Croatie ne lâche pas pour autant, mais un contre mené par Oscar dans le temps additionnel met un terme aux espoirs croates de revenir à la hauteur de leurs adversaires.

Ainsi, le Brésil n’a pas été brillant et ne semble pas encore au point sur le plan tactique. Des interrogations subsistent, et il n’est pas impossible d’assister à une légère recomposition de l’équipe type pour le prochain match face au Mexique. Moyennant quoi, les joueurs de Scolari ont assuré le principal : la victoire dans un contexte de pression intense. Quand bien même cette pression ne lâchera pas les Brésiliens tout au long de la compétition, on imagine qu’ils peuvent aborder la suite avec plus de confiance grâce à cette victoire.

En revanche, la Croatie peut regretter deux décisions arbitrales qui suscitent déjà des polémiques dans cette coupe du monde : le penalty accordé aux Brésiliens, et le but refusé aux Croates synonyme de l’égalisation à l’issue d’un contact qui semblait régulier entre Olic et Julio César. La fébrilité de Pletikosa a été un obstacle supplémentaire pour espérer battre le pays hôte. Les rouges et blancs étaient proches de gâcher la fête. Néanmoins, leur excellente performance confirme leur statut d’outsider dans ce mondial. Désormais, c’est à eux de rééditer cette prestation sur les deux prochains matchs (Cameroun et Mexique) pour sortir d’une poule dont le Brésil à déjà pris les commandes.

Benjamin Brousses

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