LIGA BBVA 2014-2015 : Mode d’emploi

Passionnante jusqu’à son épilogue l’an dernier, la Liga a repris ses droits depuis maintenant cinq journées. Va-t-on de nouveau assister à une lutte à trois pour le titre ? La bataille pour l’Europe sera-t-elle aussi acharnée ? Qui prendra l’ascenseur en mai ? Eléments de réponse.

Un trône convoité

La saison 2013-2014 a accouché d’une bataille entre trois écuries pour le trône suprême. Et l’Atletico est venu bouleverser la tradition espagnole, longue de 10 ans, durant laquelle le Barça et le Real Madrid se sont partagé la suprématie. Avec le recrutement et le monopole financier toujours aussi rocambolesque, logique est de penser que les deux mastodontes sont (encore) favoris pour s’adjuger une nouvelle Liga. Champion en titre et vainqueur de la Supercoupe face au Real, l’Atletico, qui a remplacé intelligemment le départ de ses stars, postule lui aussi pour un doublé. Le cas échéant, ce serait le deuxième de leur histoire après les succès consécutifs de 1949 et 1950. Mais voilà qu’un autre bolide tente de se mêler à la course. Ironie du sort ou simple hasard, c’est le dernier club à avoir bousculé la hiérarchie qui se présente : le Valence C.F.

 

Proche de l’implosion financière pendant quelques années, le club, récemment racheté par Peter Lim et désormais coaché par Nuno Espirito Santo, a ravivé la flamme du Mestalla l’an dernier en Ligue Europa où ils ont échoué au seuil de la finale. Leader au soir de la 5ejournée, le récent vainqueur de Cordoue (3-0) réalise un début de saison quasi parfait avec 4 victoires et 1 nul mais, surtout, est absent de toute coupe d’Europe, ce qui peut être un mal pour un bien. En effet, des quatre formations citées, l’hôte du Mestalla est celle qui aura le calendrier le plus allégé, ce qui, à l’image de Marseille en France, peut devenir au fil de la saison un atout important pour l’un des clubs les plus titrés du pays.

 

Des étoiles plein les yeux

 

La course à l’Europe est aussi le théâtre d’une lutte de tous les instants en Espagne. Avec les mauvais départs de Bilbao et de la Sociedad conjugués à une avance déjà confortable sur Villareal, tous les feux sont au vert pour le F.C Séville, habitué à jouer le haut de tableau. Sur les dix dernières saisons, les hommes d’Unai Emery ont fini à 8 reprises dans le Top 6 du Championnat. Les andalous semblent cependant encore trop friables face aux géants du pays pour espérer se mêler à la course au titre : la défaite sans appel en Supercoupe d’Europe face au Real Madrid (2-0) ajoutée aux statistiques face au trio de tête l’an passé (4 défaites pour 1 nul et 1 succès) approuvent cette tendance. Autre candidat à la course à l’Europe : Villareal, promu l’an passé et qualifié pour l’Europa League cette année. Solide puissance espagnole du début du XXIe avant sa terrible descente en 2012, le Sous-marin jaune a retrouvé de l’ambition en remontant l’année suivante et en compostant immédiatement un billet européen grâce à une belle 6e place.

 

Que dire du début de saison manqué par les basques ? Respectivement 14 et 18eme, la Sociedad et l’Athletic Bilbao éprouvent les plus grandes difficultés à confirmer le succès d’un exercice 2013-2014 qui avait vu la première se classer 7e et le second terminer au pied du podium. Eliminée au tour préliminaire de l’Europa League, la Real Sociedad aura à cœur de se rattraper. Engagé en Ligue des Champions, l’Athletic a, de manière aussi vite qu’inattendue, perdu son invincibilité dans son nouveau San Mames, preuve d’une difficulté certaine à lancer sa saison.

 

 

 

 

A la fin, il y en aura trois

 

Si chaque année le suspense pour les premières places est palpitant, celui pour les trois dernières devient de plus en plus excitant. L’ultime journée de l’édition 2013-2014 témoigne de cette tension dans le bas de tableau : le 17e se déplaçait chez le 19e alors que le dernier, seul à être déjà condamné, rendait visite au 18e. Au final, Grenade sauvera sa peau en s’imposant sur le terrain de Valladolid qui accompagnera en Liga Adelante le club d’Osasuna, dont la victoire face au Betis n’aura servi que pour l’honneur…

Souvent, les premiers à être concernés par une éventuelle relégation sont les promus : cette année, c’est Eibar, La Corogne, et Cordoue qui arrivent de deuxième division. Encore plus déterminant en vue du maintien, le départ du champion de Liga Adelante est plutôt réussi et pourra faire la différence au moment de faire les comptes.

 

A contrario, celui de Cordoue, toujours sans succès, place le promu à la dernière position. Européen expérimenté dans les années 2000, le Depor alterne, lui, entre espoir et désillusion depuis quatre ans : relégué en 2011, il est remonté en 2012 pour de nouveau descendre un an plus tard. En mai, les galiciens sont parvenus à valider leur accession, qui, finalement, ne fera peut-être pas le bonheur des plus superstitieux des supporters… Promu en 2011, Grenade est parvenue à se maintenir en Liga non sans difficulté : en 2012, 2013 et 2014, 1, 6 et 2 points l’ont respectivement sauvé d’une relégation en Liga Adelante. Les cas d’Almeria et Elche, dans l’élite depuis 2013 et maintenus d’un point l’an passé, sont également à surveiller de près, à l’instar d’un début de saison délicat pour les deux formations.

Quentin Marais

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