Indian Super League: Des débuts attendus

Après une première tentative en 2012, l’Inde retente le pari d’un championnat fermé: l’Indian Super League. L’objectif pour les organisateurs de cette compétition est de valoriser son football pour que ce sport devienne aussi important que le cricket, en attirant notamment des vieilles gloires du ballon rond. Avec des joueurs en fin de carrière et d’autres qui reviennent de leur pré-retraite, cette ligue fermée composée de huit franchises se déroulera d’octobre à décembre. Focus sur un projet qui s’annonce passionnant pour les amateurs de football.

 

 

Une ligue à l’américaine

 

 

Si vous avez suivi le dernier mercato estival, vous avez dû suivre l’exode d’anciennes gloires du football en Inde mais aussi de nombreux joueurs français. Cette compétition qui débutera ce week-end s’inspire du modèle américain. Elle fonctionne comme une ligue fermée avec un championnat qui n’a ni relégation ni promotion en fin de saison, plus un système de play-off pour les 4 premiers avec des équipes sur le modèle des franchises. A l’origine de ce projet, on retrouve la Fédération indienne de Football (AIFF) mais aussi le groupe IMG-Reliance. Un projet qui peut parraitre original qui va permettre de rassembler une grande partie de la population y compris ceux qui ne connaissent pas ce sport. De plus, dans un pays de plus 1,3 milliard d’habitants, la taille du marché pour développer le football est immense que ça soit pour la fédération, les entreprises mais aussi pour les clubs européens.

 

Pour attirer du monde dans les stades, les organisateurs ont mis en place de nombreux joueurs avec un niveau assez homogène par équipes, un entraîneur de renom et une véritable star internationale. Chaque joueurs « stars » des franchises apportera une visibilité importante et permettre aux joueurs locaux d’élever leur niveau et d’apprendre au quotidien. Pour répartir les joueurs stars mais aussi les joueurs étrangers, il y a eu un système “draft” à l’américaine. Chaque joueur est mis aux enchères pendant cinq minutes et chaque club à tour de rôle sélectionne un joueur étranger pour compléter son effectif. Pour les stars comme Del Piero ou Anelka, c’est le plus offrant qui remporte le joueur pour sa franchise. 

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à regarder des matchs de très haut niveau surtout pour nous les européens, mais cette ligue fermée va permettre de développer le football en Inde mais aussi de relancer la carrière de plusieurs joueurs européens. Voici les huit franchises de ce championnat: l’Atletico de Kolkata, Chennaiyin, Delhi Dynamos, Goa, Kerala Blasters, Mumbai City, NorthEast United et Pune City.

 

 

 

 

1. Atletico de Kolkata

 

Pour cette première franchise qui appartient groupe Kolkata Games and Sports, son nom fait référence au club mythique de l’Atletico de Madrid (le club fait partie des propriétaires). Au niveau des couleurs, on suit la logique avec un maillot aux rayures rouges et blanches. Pour le choix du stade, le club hérite du Salt Lake Stadium de Kolkata et sa capacité de 120.000 places, une enceinte qui accueille notamment l’équipe nationale et plusieurs équipes du championnat. Au niveau de l’entraineur, la franchise a fait appel au coach espagnol Antonio López Habas, plus connu pour sa carrière d’entraineur avec la Bolivie et ses passages à Granada, à Valence et au Celta Vigo que sa carrière en tant que joueur.

 

Au niveau de l’effectif, la franchise compte 12 étrangers dont Luis Garcia, le « marquee player » de l’équipe. Ancien international espagnol, il a connu de nombreux clubs comme le FC Barcelone mais aussi l’Atletico de Madrid, Liverpool ou encore le Panathinaikos. À 36 ans, ce buteur qui revient de sa pré-retraite apportera toute son expérience à cette franchise. Elle pourra aussi compter sur d’autres Espagnols comme le milieu de terrain Jofre Mateu ou le défenseur Josemi, ancien joueur de Malaga et de Liverpool. Pour le reste de l’effectif, il y a notamment Apoula Edel et le français Sylvain Monsoreau.

 

 

2. Chennaiyin FC 

 

Pour cette franchise au sud de l’Inde, elle appartient à deux propriétaires: À l’acteur-producteur Abhishek Bachchan et au joueur de cricket Mahendra Singh Dhoni. Pour le reste, le club jouera en bleu et jaune et possède un stade de 40.000 places avec une piste d’athlétisme (Jawaharlal Nehru Stadium). Pour le choix de l’entraineur, l’équipe a fait appel à Marco Materazzi, ancien grand joueur de l’Inter de Milan. À 41 ans, l’ancien international italien débutera en Inde sa première expérience en tant qu’entraineur.

 

Au niveau de l’effectif, la franchise compte un effectif de qualité. Avec elle aussi 12 étrangers, elle compte dans ses rangs de nombreux joueurs connus comme le brésilien Elano, le « marquee player » de l’équipe. À 33 ans et près de 50 sélections avec la Seleçao, il est le joueur star de cette équipe. Ancien joueur du Shakhtar Donetsk, de Manchester City ou même de Galatasaray, il apportera beaucoup au milieu de terrain. Pour le reste de l’effectif, le coach Italien pourra compter sur deux Espagnols, deux Duédois, deux Colombiens et un autre Brésilien. Au niveau des français, la franchise aura l’apport défensif et l’expérience de Mikaël Silvestre et de Bernard Mendy, seulement connu à l’étranger pour son débordement sur Roberto Carlos. On n’oublie pas le gardien Bennaro Bracigliano, qui aura joué six matchs en trois saisons avec l’OM.

 

 

 

 

3. Delhi Dynamos

 

Pour cette franchise au nom qui s’inspire par son nom du modèle américain, elle appartient au groupe opérateur DEN Networks et en alliance avec le club néerlandais du Feyenoord. Le club qui jouera principalement en orange possède un stade multisport de 60.000 places: le Jawaharlal Nehru Stadium. Pour le poste d’entraineur, ça sera le Néerlandais-Belge Harm van Veldhoven qui sera à la tête de cette équipe. Après ses passages dans des clubs comme le Cercles Bruges, Malines et le Roda JC, c’est bien sa première expérience hors de son pays d’origine.

 

Au niveau de l’effectif, le club compte un « marquee player » de renom, l’attaquant Italien Alessandro Del Piero. Connu à l’échelle internationale pour sa grande carrière avec la Juventus de Turin et l’Italie, il est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football mondial. À bientôt 40 ans, il apportera toute son expérience du très haut niveau à cette franchise et aux jeunes joueurs. Il a marqué près de 290 buts en 705 matchs avec les Bianconeri et 27 buts en 91 apparitions pour la squadra azzurra, et je ne vous parle pas de son palmarès… Pour le reste des joueurs, il n’y a pas d’autres « stars » à l’inverse de Chennaiyin par exemple. Dans cette franchise, il y a plusieurs joueurs étrangers comme les deux anciens internationaux Danois: Mads Junker et Morten Skoubo. Il y a aussi Stijn Houben, un jeune défenseur de 19 ans en provenance de Feyenoord (oui oui, 19 ans…).

 

 

4. FC Goa

 

Le Football Club Goa est l’une des franchises de l’ouest de l’Inde avec plusieurs français dans son effectif. Elle a comme propriétaires Virat Kohli une légende du cricket, l’industriel milliardaire Venugopal Dhoot et des hommes d’affaires locales comme Dattaraj Salgaocar et Shrinivas Dempo. Avec son stade (Fatorda Stadium) plutôt moderne de 25.000 places, l’équipe risque de faire une très bonne affluence. Pour le choix de l’entraineur, l’équipe fait appel à Zico, l’un des meilleurs brésiliens de tous les temps. En tant que coach, il a notamment eu des expériences avec la sélection Japonaise, Fenerbahce, le CSKA Moscou, l’Irak ou encore l’Olympiakos. Ce joueur légendaire est un recrutement de taille pour la franchise de Goa.

 

Au niveau de l’effectif, la star c’est bien notre français Robert Pires, champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000. Aujourd’hui à 40 ans, l’ancien joueur de l’OM ou d’Arsenal qui n’a jamais réellement voulu prendre sa retraite apportera son expérience aux autres joueurs Indiens. On peut remettre en question sa condition physique ou même son niveau actuel vu que son dernier match en tant que professionnel remonte à son passage à Aston Villa. Pour le reste des joueurs, le FC Goa compte plusieurs joueurs étrangers comme le défenseur André Santos, ancien international brésilien (24 sélections) et ancien joueur des Gunners. Il y a aussi Zohib Islam, l’international tchèque Miroslav Slepicka et l’attaquant Tolgay Özbey, à la carrière d’un globe-trotteur presque aussi étrange qu’un Mickael Antoine-Curier. Si on ajoute les français Youness Bengelloun et Grégory Arnolin, le reste de l’effectif semble assez faible.

 

 

 

 

5. Kerala Blasters

 

Pour cette franchise de la ville de Kochi au sud de l’Inde, elle appartient à une légende du cricket Sachin Tendulkar et à l’entrepreneur Prasad V Potluri. Avec son stade multisport de 75.000 places, le Jawaharlal Nehru Stadium est l’un des plus beaux stades de cette Indian Super League. Pour le reste, l’entraineur mais aussi le « marquee player » de cette franchise est David James. À 44 ans, l’ancien international anglais Calamity James est de retour sur les terrains mais il aura sa première expérience en tant qu’entraineur. Une double casquette qui sera avec l’aide de Trevor Morgan.

 

En ce qui concerne leur effectif, la franchise compte sur ses nombreux étrangers comme l’Ecossais Jamie McAllister, le buteur anglais Michael Chopra et l’international canadien Iain Hume. Il y a aussi deux Brésiliens, un Australien, un Nigérian, un Espagnol et un Irlandais. David James pourra aussi avoir l’apport défensif de deux français: l’expérimenté Cédric Hengbart et Raphaël Romey.

 

 

6. Mumbai City

 

C’est peut-être la franchise d’Indian Super League au nom le plus marquant, qui a comme propriétaire Ranbir Kapoor, un acteur de Bollywood très célèbre en Inde. Avec un stade de 55.000 places, le DY Patil Stadium est plus habitué par sa forme à des matchs de cricket. Pour le reste, l’entraineur de cette équipe est Peter Reid, ancien international anglais mais aussi ancien entraineur de Manchester City, de Sunderland, de la Thailande et plus récemment de Plymouth Argyle.

 

Pour son effectif, il était difficile de choisir mieux que le « marquee player » de cette franchise: Fredrik Ljungberg. Aujourd’hui à 37 ans, l’ancien international Suédois très connu pour son passage à Arsenal est la star de cette équipe par son passé et son expérience du haut niveau. Malgré ce statut de « marquee payer », un autre joueur fait figure d’exception: Nicolas Anelka. Après son challenge à West Bromwich Albion, notre buteur national de 35 ans très critiqué tout au long de sa carrière débarque à Mumbai City pour un dernier défi. L’équipe compte aussi sur un grand nombre de joueurs étrangers comme l’ancien international allemand Manuel Friedrich, le jeune Suisse Tiago Ribeiro ou encore le buteur argentin Diego Nadaya.

 

 

 

 

7. NorthEast United

 

NorthEast United est une franchise à l’extrémité de l’Inde dans le Nord-est, avec comme propriétaire l’acteur de Bollywood John Abraham et le club indien de Shillong Lajong FC. Avec un stade de 35.000 places, le Indira Gandhi Athletic Stadium avec sa piste d’athlétisme risque d’attirer pas mal de spectateurs. Le coach de l’équipe est Ricki Herbert, ancien international néo-zélandais et ancien sélectionneur de la Nouvelle-Zélande jusqu’en 2013.

 

Le joueur star de cette équipe c’est Joan Capdevila, l’ancien international Espagnol avec près de 60 sélections et ancien joueur du Deportivo la Corogne et de Villareal par exemple. À 36 ans, il apportera son expérience du très haut niveau sur le plan défensif au reste de l’effectif. Il participe notamment à l’Euro 2008 et à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Pour le reste de l’équipe, il y a plusieurs étrangers comme le buteur anglais James Keene, l’international Leo Bertos, l’ancien marseillais Koke (oui oui..), Cornell Glen, le Zambien Isaac Chansa et le gardien Alexandros Tzorvas. C’est peut-être l’équipe la plus homogène avec beaucoup d’internationaux à chaque poste et de très bons buteurs.

 

 

8. FC Pune City 

 

Pune City est une franchise très proche de la mégalopole Mumbai, avec comme propriétaire l’acteur-producteur Hrithik Roshan, le groupe Wadhawan Group et un partenariat avec le club Italien de la Fiorentina. Le Shree Shiv Chhatrapati Sports Complex et ses 22.000 places vont pouvoir accueillir de nombreux spectateurs. La franchise fait confiance à l’entraineur italien Franco Colomba, qui enchaine club par club en italie depuis près de vingt ans. C’est son premier poste d’entraineur hors de l’Italie, après son passage à Parme et au Padova il y a deux ans.

 

Le joueur star de leur effectif c’est l’un des plus grands joueurs de sa génération: David Trezeguet. À bientôt 37 ans, l’ancien international français sera le joueur à suivre du côté de Pune City en championnat. L’ancien joueur de l’ASM, de la Juventus et même de River Plate risque de faire très mal en Indian Super League. Pour le reste de l’effectif, Franco Colomba pourra s’appuyer sur le gardien italien Emanuele Belardi, le défenseur historique en Grèce Kostas Katsouranis et le Colombien Andrés González.

 

 

 

 

Après cette présentation des franchises, ce championnat ou cette MLS à la sauce indienne n’attirera pas vraiment les européens ou habitués de Barclays Premier League. Par contre pour les Indiens, le pari peut être réussi surtout dans un pays à la population qui dépasse le milliard d’habitants et ou le football peut se faire une place. Même s’il y a plusieurs (ex) retraités internationaux, la grande majorité des étrangers sont des joueurs en bout de course ou à la recherche d’un contrat-défi pour relancer leurs carrières. Si les salaires sont une belle source de motivation, cela évite à certains étrangers ou même à plusieurs joueurs français de finir dans la liste des joueurs au chômage. Alors, quel avenir pour cette Indian Super League? La question se pose, réponse d’ici quelques mois. Eurosport diffusera en exclusivité 18 matches sur Eurosport et Eurosport 2, ainsi que chaque semaine un programme dédié aux temps forts du championnat indien.

 

En attendant, rendez-vous dimanche à 15h30 pour la première affiche de cette Indian Super League entre l’Atlético de Kolkata vs Mumbai City FC !

 

Ali Benyahia

 

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