« Marseille, c’est à vous rendre loco »

Leader de Ligue 1 après 8 journées, l’Olympique de Marseille version 2014-2015 régale et semble s’affirmer petit à petit comme un prétendant au titre hexagonal. L’arrivée de Marcelo Bielsa, rapidement adopté, n’y est évidemment pas étrangère, avec la mise en place d’une idée de jeu tout aussi bouleversante qu’efficace au sein du collectif olympien.

 

 

Décollages réussis

 

 

Un nul à Bastia (3-3), une défaite face à Montpellier (0-2). Deux accrocs initiaux qui ont semé le temps de quelques jours le doute sur ce fameux effet Bielsa, effet qui n’a finalement pas tardé à porter ses fruits. 6 victoires plus tard, l’OM pointe à la tête du championnat avec des chiffres inédits. Depuis l’instauration de la Ligue 1 (2002-2003), 19 points en 8 rencontres représentent le meilleur départ du club provençal (avec les saisons 06-07 et 12-13). C’est aussi la première fois, durant cette période et toujours après 8 journées, que l’OM score à 21 reprises. A titre comparatif, il lui avait fallu attendre le 14e match de championnat l’année passée pour marquer autant… Si le décollage au classement est une réussite, celui du niveau de jeu l’est tout autant.

 

 

Peu emballante depuis quelques années, la manière de jouer de l’équipe bleue et blanche a connu une véritable révolution depuis l’arrivée d’ « El Loco ». « On se dépouille toute la semaine à l’entraînement » témoignaient plusieurs joueurs. Et ça se voit. Harcèlement, pressing, replacement rapide : les marseillais ont vite adopté le style de jeu d’un Bielsa fou de rage à la moindre perte de balle. Ils ont surtout aux pieds une arme des plus redoutables : la possession, en moyenne autour de 58.3%. Les marseillais l’ont toujours eue plus de temps que leur adversaire en championnat et cela a notamment débouché sur un plus grand nombre d’occasions. Et celles-ci d’être concrétisées par une offensive en pleine confiance et qui a réussi à marquer plus de 2 buts dans 5 des 8 matchs disputés. Sur l’ensemble de la saison précédente, elle y était parvenue seulement 6 fois…

 

 

 

 

 

Confirmations et résurrections

 

 

 

La réussite de l’attaque marseillaise est aussi celle de son numéro 9. André Pierre Gignac en est à 8 buts en autant de matchs depuis le début de la saison. C’est déjà la moitié des 16 inscrits l’an dernier, ce qui lui laisse du temps pour améliorer ce chiffre et, pourquoi pas, battre son record personnel de 24 réalisations (08-09) établi à Toulouse. La confiance est primordiale pour un tel poste, Gignac le sait tout particulièrement. Sa reprise de volée sublime face à Evian, son retourné face à Rennes, ou encore son doublé à Reims juste après avoir manqué un pénalty font de lui l’homme providentiel de l’Olympique de Marseille en ce début de saison. Attendu l’an dernier dans le cadre du fameux « Projet Dortmund » défendu par Vincent Labrune, Gianelli Imbula, pour ne citer que lui, est devenu incontournable. Il s’affirme enfin devant la défense marseillaise et prend des initiatives, comme en témoignent ses 3 réalisations depuis le début du championnat.

 

 

Mais Marcelo Bielsa est surtout parvenu à « ressusciter » certains joueurs, sifflés et en perte de confiance l’an dernier. Le cas le plus marquant est celui de Jérémy Morel, très souvent conspué au Vélodrome depuis son arrivée. Cette année, l’ancien lorientais est insolent d’efficacité défensive et, qui plus est, dans un poste inédit pour lui à savoir dans l’axe de la défense, aux côtés d’un N’Koulou lui aussi retrouvé. Enfin, repositionné en 10, Dimitri Payet n’est plus le même. Auteur (comme souvent) d’un bon début de saison puis par la suite performant que par intermittence l’an dernier, le Réunionnais a désormais les clés du jeu marseillais et semble se plaire dans cette position. L’image la plus symbolique : sa sortie à Guingamp, regrettée par Bielsa et suite à quoi les marseillais ont perdu toute fluidité dans leur jeu.

 

 

 

 

 

 

Système technique et limites physiques

 

 

 

Dès son arrivée, Marcelo Bielsa a mis en place une défense à 3, alignée pendant les matchs de préparation et quatre journées de championnat. Ensuite, le 4-2-3-1 a été privilégié par le technicien argentin qui a toutefois demandé à ses défenseurs de repasser à 3 dans certaines fins de rencontre. Pour mettre en place son idée de jeu, Bielsa a contraint chaque joueur de l’effectif à repousser toutes barrières, qu’elles soient physiques, techniques ou mentales. Si par ce pressing et ce harcèlement l’OM a souvent fait mouche en début de rencontre (8 buts marqués dans la première demi-heure) les fins de matchs montrent que tout n’est pas encore parfait. Les dernières demi-heures à Bastia, Guingamp et contre St-Etienne ont vu l’équipe de Marcelo Bielsa quelque peu usée physiquement et orpheline de son pressing. La statistique parle d’elle-même puisque Marseille a encaissé 4 de ses 7 buts dans la dernière demi-heure. Face aux verts, c’est pendant toute la seconde mi-temps que l’OM, qui sortait d’une semaine à trois matchs, à vraiment subi. Au vu du rythme et l’énergie nécessaires chaque jour, cet élément peut expliquer la nette baisse de régime au moment de conclure une succession de matchs inédite depuis le début de la saison. Malgré tout, la défense phocéenne a montré contre St-Etienne une certaine solidité pendant son temps faible où l’adversaire ne s’est pas réellement montré dangereux. Mais le soulagement du coach argentin, les poings serrés au moment du coup de sifflet final, en dit long…

 

Si tout n’est pas encore parfait, la patte de Marcelo Bielsa a pour l’instant son effet dans un collectif métamorphosé. Samedi, à Caen, les Olympiens voudront aller chercher une septième victoire d’affilée, qui, en plus de leur assurer la première place à la fin de la 9e journée, leur rappellerait de bons souvenirs. En mars-avril 2010 ils avaient également fait un carton plein durant 7 matchs, série qui les avait emmené sur le toit du pays un mois plus tard. Les plus superstitieux apprécieront.

 

 

 

Quentin Marais

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