Cet OM-là ne rend plus loco – Artn’sport

 

Septembre 2014. « L’OM, c’est à vous rendre loco ». Installé sur sa première place, victorieux à huit reprises et consécutivement, l’OM de Bielsa rendait fou. Six mois plus tard, cet effet si prometteur a peut-être trouvé ses limites à l’aube du fameux sprint final. Si certains se refusent à dire qu’il a disparu, affirmer qu’il est aujourd’hui freiné est inéluctable.

La pêche aux points n’est plus rentable

Etre premier au lieu de deuxième, sixième au lieu de septième ou maintenu au lieu de relégué, c’est avoir plus de points que son dauphin. Mais quand on n’arrive plus à récolter ces précieuses unités qui feront la différence au soir de la 38e journée, que faire ? Les hommes de Marcelo Bielsa, au soir de la 10e journée et du succès face au Téfécé, en comptaient alors 25. Tout semblait prometteur pour une formation aussi impressionnante que réaliste et au pressing toujours plus efficace. Mais 17 journées plus tard, les olympiens ont récolté le même nombre de points pour arriver à un total de 50 le soir de la 27e journée. Entre temps, ils ont concédé six revers et partagé les points quatre fois pour ne s’imposer qu’à sept reprises, à chaque fois au Vélodrome. Le nombre de points récoltés par match s’est vu, logiquement, être diminué, d’autant que les spécialistes et consultant rétorquent année après année qu’en vue de figurer parmi le peloton de tête du championnat, « une moyenne d’au moins 2 points par matchs » est nécessaire. Si cet objectif était largement atteint en début de saison, et même au soir de la dernière journée de la phase aller (les olympiens ayant 41 points en 19 journées), il est loin de l’être depuis la nouvelle année.

En effet, les marseillais n’ont engrangé que 9 points sur les 24 en jeu après 8 matchs de championnat disputés en 2015. Ils ont également perdu consécutivement leur première et deuxième place au profit de l’OL et du PSG… A 11 journées du terme, l’OM totalise donc 50 unités en 27 journées, soit un total d’un peu moins de 2 points par match. Si ce ne sont que des statistiques, elles peuvent d’autant plus être contredites par le fait que tout soit encore mathématiquement jouable pour le titre et que cet OM recevra ses deux prédécesseurs afin de ponctuer un sprint final s’annonçant prometteur. Mais le collectif est-il encore motivé pour ?

Un collectif et son guide toujours unis ?

« Clash Bielsa-Gignac », « Clash Payet-Thauvin »… Les coulisses de cet OM 2015 font parler. Si chacun des protagonistes a, à chaque fois, souhaité dédramatiser et calmer le jeu, les analyses réalisées sur le terrain par consultants et commentateurs poussent à penser que le collectif a, plus ou moins directement, pris un coup. Dans un match de l’OM de ces dernières semaines, il est possible d’entendre plus d’une fois qu’« Imbula garde trop le ballon. Il est capable de briser les lignes adverses et faire le décalage mais il en fait trop balle au pied ». D’autres s’attaquent au meneur de jeu, avec les mêmes reproches : « Payet doit la donner avant, il est capable sur un pas de donner des caviars. Il doit la lâcher plus tôt ». Mais le constat se répète aussi au sujet de l’entraîneur. Ses méthodes semblent faire de moins en moins l’unanimité au sein d’un groupe en apparence lassé par l’exigence demandée par le technicien sudaméricain et la longueur des séances dirigées par celui-ci. Vis-à-vis des entraînements, des sources internes du vestiaire marseillais n’hésitaient pas à affirmer que l’effet de surprise qui motivait les joueurs tout autant que ces séances les rendaient impliqués semble ne plus s’illustrer. Jan Van Winckel, préparateur physique, est quant à lui de plus en plus contesté par le vestiaire de par des changements de programme incessants et un planning qui se doit d’être respecté à la minute près. Face à cela, et vis-à-vis de l’impossibilité de pouvoir par moments « se poser », plusieurs joueurs répètent qu’ « (ils ont) quand même une vie à côté ». Cependant, Marcelo Bielsa continue de répéter que l’OM va jouer le titre jusqu’au bout, que les petites explications entre joueurs témoignent, pour lui, d’une volonté de s’impliquer d’avantage dans le groupe. Ce groupe devenu si fragile.

Un seul être vous manque…

Marseille vient d’encaisser le deuxième but contre Caen et est rejoint au score. Ancien défenseur, Eric Di Meco, chiffres à l’appui, constate : « 29 buts encaissés, ça fait beaucoup pour un prétendant au titre ». Quelques minutes plus tard, la défense olympienne s’ouvre et laisse Bénézet arrondir ce chiffre à 30 en même temps qu’est infligée à l’OM sa première défaite à domicile depuis août 2014. Malgré la série noire et les chiffres peu optimistes qui complètent le tout, les marseillais, toujours en lice pour la couronne finale, ont de quoi espérer. En effet, il y a cinq ans, ils ont été sacrés champions en ayant encaissé 36 buts. De plus, seul le Paris SG des deux dernières saisons a été titré en prenant moins de 30 buts (23 à chaque fois) : pour retrouver trace d’une telle performance avant l’épopée parisienne, il faut remonter au Lyon de 2007 qui n’avait concédé que 27 réalisations.

Mais avec le nombre de matchs qu’il reste à jouer (11) et la mauvaise habitude qu’on prit les marseillais avec un seul « clean-sheet » réalisé sur les 12 derniers matchs, difficile de penser que le nombre de buts encaissés restera arrondi encore longtemps. D’autant que le déplacement à Toulouse, vendredi soir, se prépare avec une défense pour le moins décimée ; Fanni, Dja Djédjé et N’Koulou manquant à l’appel… Forcément, l’absence de ce dernier est, pour beaucoup, la raison principale de cette perméabilité défensive. Comme un mauvais présage, une statistique révélait avant OM-Caen que les marseillais n’avaient gagné que 33% de ses matchs quand le défenseur camerounais était absent, contre 77% lorsque le numéro 3 était titulaire. Voilà 8 matchs que l’OM est orphelin de Nicolas N’Koulou, laps de temps durant lequel il a encaissé 13 buts, soit quasiment la moitié du total s’élevant à 30 au bout de 27 journées…

S’il reçoit tout de même les deux leaders coup sur coup, le club phocéen aborde ce sprint final avec des obstacles qu’il se devra d’éviter s’il ne veut pas voir tomber en miette une saison qui avait si bien démarré. Et parmi eux, un spectre réapparu dès le coup de sifflet final vendredi : en novembre 2008, les hommes d’Erik Gerets s’étaient inclinés 3 à 2 après avoir mené 2-0 au Vélodrome contre Lorient. 6 mois plus tard, au moment de faire les comptes, c’est de trois unités que Bordeaux matait l’OM pour être sacré champion. Moralité : mieux vaut parfois avoir la mémoire courte.

Quentin Marais

Soyez le premier a répondre à "Cet OM-là ne rend plus loco – Artn’sport"

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.


*