PL – Les clés du mercato : Everton

Le marché des transferts bat son plein en Europe. En Premier League, comme ailleurs, les spéculations et les rumeurs vont bon train. Les médias sportifs et les fans en raffolent, chacun essayant d’imaginer l’effectif que pourraient avoir les clubs européens. Mais ne vous y trompez pas, si les rumeurs supplantent les actes, ça travaille beaucoup en coulisses, dans les bureaux des staffs techniques et autres managers de club. Je vous propose d’égrainer les clés du mercato des 20 clubs de premier League du prochain exercice 2015/2016, les tendances, les secteurs à renforcer, les revues d’effectif…

 

Les clubs anglais sont à la peine en Europe. Cette année, les équipes qualifiées à savoir, Chelsea, Arsenal, Liverpool et Manchester City, Everton, Hull et Tottenham n’ont pas fait mieux qu’une huitième de finale de coupe d’Europe. Ces résultats sont cependant relatifs aux moyens financiers et sportifs. Si l’élimination de Hull est tout sauf une surprise, on peut considérer qu’Everton a accompli une campagne européenne tout à fait à la hauteur de ses moyens. Depuis l’avènement du « Big Four » et les enchères du mercato anglais, Everton évolue dans l’ombre, et quel ombre ! Comment exister au 21e siècle dans une ville comme Liverpool ? Liverpool, son Anfield, ses Reds, son Gerrard et ses titres… Vous me direz que Manchester City s’est fait un nom à côté de Manchester United et pourtant au niveau du palmarès il y a un fossé entre ces deux équipes. Everton, lui, à la différence de Manchester City, a la réputation d’un club sérieux, qui ne fait pas de folies sur le marché des transferts. Son salut, Everton le doit surtout à ses résultats sportifs et à son histoire.

 

111, c’est le nombre de saisons organisées par la fédération anglaise depuis sa création en 1888. Everton en a disputé 107, plus que tout autre club anglais. Le club participe ainsi à toutes les saisons de Premier League (depuis 1992). Au niveau du palmarès, le club de la Mersey a remporté le championnat à neuf reprises, ce qui le place au quatrième rang de la hiérarchie derrière Manchester United, Liverpool et Arsenal, une coupe d’Europe, 8 Community Shield et 5 FA Cup. Côté recrutement, on le sait, les joueurs anglais sont supplantés par les joueurs étrangers au niveau du temps de jeu en championnat, la sélection en pâtit. Accusez tous les clubs sauf Everton. 3e fournisseur de l’équipe nationale (57 joueurs) derrière Aston Villa et Tottenham, le club tient à son identité anglo-saxonne.

 

 

Forts d’une saison 2013/2014 réussie avec une longue course à la 4e place en compagnie d’Arsenal, les Toffees finissent 5e du championnat accédant directement à la phase de poules de L’Europa League. Roberto Martinez, aux commandes depuis 2 saisons, élargit l’effectif avec quelques arrivées. La Premier League est très épuisante et l’Everton de David Moyes évoluait avec très peu de joueurs mais des joueurs complémentaires. Elargir l’effectif, c’est s’offrir plus de possibilités tactiques à condition de choisir les bons éléments et de bien les incorporer dans le système. La réalité en fut tout autre. Les arrivées de Christian Atsu (en prêt de Chelsea), Mohammed Besic, Arouna Koné, Samuel Eto’o, Aiden Mc Geady et Antolin Alcaraz diminuent la qualité du banc et ne convainquent pas d’autant plus que Roberto Martinez avait besoin de faire tourner son effectif (30 joueurs utilisés cette saison).

 

Leon Osman, Sylvain Distin, Tim Howard, Gareth Barry et Steven Pienaar ne sont plus tous jeunes, et Steven Naismith, Leighton Baines et Kevin Mirallas ont été longuement blessés cette saison. Malgré ce, le manager espagnol a eu raison de se tourner vers les jeunes. Ross Barkley continue sa progression, John Stones et Luke Garbutt ont tiré leur épingle du jeu, profitant des blessures de Phil Jagielka et de Leighton Baines. L’arrivée d’Aaron Lennon en janvier sous forme de prêt fut insuffisante pour redresser le jeu offensif et pallier aux absences répétées de Lukaku. La saison 14/15 fut donc particulièrement longue et difficile. Le bilan est très équilibré : 12V/11N/15D pour 47 points et une 11e place décevante mais compréhensible. L’équipe jouait sur les deux tableaux, battant au passage deux fois le VFL Wolfsburg en phase de poules de la ligue Europa. Le plan de jeu de Martinez n’a cependant pas évolué et convenait assez bien à l’effectif : forte activité sur les côtés avec Baines (9 passes décisives) et Seamus Coleman (5 buts). Les absences de Naismith et Mirallas très importants dans l’animation offensive et le soutien ont forcément joué sur la saison moyenne de Lukaku (seulement 10 buts en championnat pour un attaquant qui a coûté 30 millions d’euros).

 

 

Malgré les déceptions, le recrutement reste dans la continuité. Phil Jagielka a prolongé son contrat, Stones s’est distingué en coupe d’Europe U20 mais Sylvain Distin, peu utilisé cette saison, n’est pas conservé. Le joueur français de 37 ans et ses 210 matchs sous les couleurs d’Everton rejoint le promu Bournemouth. Au poste de gardien, plus de rotation à prévoir pour parer aux bourdes de l’américain Tim Howard. Heureusement pour le Board, Everton ne connaîtra pas de départ notable. Le club a longtemps été forcé de céder ses pépites (Jack Rodwell, Marouane Fellaini, Wayne Rooney, Mikel Arteta, Joleon Lescott, Tim Cahill et David Moyes). La blessure de Leighton Baines va sûrement refroidir les ardeurs du Big Four mais les performances du jeune défenseur central John Stones ne sont pas passées inaperçues. Pour le moment, les renforts ont été réalisés au milieu de terrain, avec plus de liberté offensive pour Mirallas, Naismith voire Barkley. Les Toffees s’offrent en effet Tom Cleverley en provenance de Manchester United. Le jeune anglais peut faire du bien surtout en lieu et place de Gareth Barry qui commet encore beaucoup de fautes. Son association avec James McCarthy devrait apporter plus de mouvement et d’intensité dans l’entrejeu. L’autre bonne affaire, c’est Gerard Delofeu, jeune meneur de jeu espagnol en provenance du Barça. Il évoluera dans le sillage de Ross Barkley et offrira des solutions intéressantes sur le banc comme lors de son premier passage à Goodison Park. L’effectif actuel est tout à fait capable de tenir son rang en Premier League, surtout avec les recrutements de l’année dernière, si quelques joueurs reviennent au niveau.

 

Jouer sur deux tableaux pour une équipe de Premier League n’est pas donné à tout le monde. Les fidèles supporters ont malgré tout apprécié le parcours européen de la saison dernière. Les Toffees vont revenir en 2015/2016 avec un calendrier des plus classiques, quoi de mieux pour revoir le club de la Mersey titiller les équipes de tête. La tâche ne sera pas aisée, Southampton, Tottenham, Liverpool se sont requinqués entre temps, et ne l’entendent pas de cette oreille.

 

 

Bluvist (spécialiste PL)

 

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