PL – Les clés du mercato : Tottenham

Le marché des transferts bat son plein en Europe. En Premier League, comme ailleurs, les spéculations et les rumeurs vont bon train. Les médias sportifs et les fans en raffolent, chacun essaie d’imaginer l’effectif que pourraient avoir les clubs européens. Mais ne vous trompez pas, si les rumeurs supplantent les actes, ça travaille beaucoup en coulisses, dans les bureaux des staffs techniques et autres managers de club.

 

Depuis quelques années, le marché des transferts rime avec surenchère, le prix des joueurs dépend beaucoup du nombre de clubs prétendants et l’aspect sportif n’occupe qu’une infime partie de ces montants colossaux. Le Real Madrid est l’expert en la matière avec les deux transferts les plus chers de l’histoire, Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Le gallois quitte Tottenham en 2013 contre une incroyable somme de 91 millions d’euros, que son club doit ou est amené à dépenser. Problème de riche, Villas-Boas alors manager en chef recrute très maladroitement. Le portugais débute la saison 13/14 avec un effectif fort de nombreuses recrues, son objectif était alors de faire mieux qu’une 5e place, position à laquelle Tottenham se console depuis quelques saisons.

 

Une série de mauvais résultats lui sera fatale, malgré le meilleur taux de victoires pour un entraîneur viré de PL (55%). Son adjoint Tim Sherwood assure l’intérim et limite les dégâts avec une 6e place européenne. L’anglais se révèle au niveau national, il gagne la confiance d’Aston Villa aux dépens de Paul Lambert et officie sur le banc des Villans depuis 6 mois. Revenons à Tottenham : Daniel Levy, le président est connu pour être dur en affaire mais sa gestion du sportif se veut ambitieuse. La pioche Pochettino en est la preuve en provenance de Southampton. Le manager argentin vient d’une saison réussie à Southampton et arrive avec un projet cohérent pour restructurer la gestion sportive du club et ses nombreux transferts ratés et déceptions: Soldado, Chiriches, Sandro, Adebayor. Kaboul.

 

 

Enfin l’homme qu’il fallait ?

 

Le premier jalon de l’ère Pochettino c’est assainir l’effectif. Beaucoup de départs : Livermore, Gomes, Sigurdsson, Dawson, Soldado, Sandro, Assou-Ekoto et Naughton pour très peu d’arrivées. En effet, conscient des failles défensives des Spurs, Eric Dier (Sporting Portugal), Federico Fazio (Seville), Ben Davies, Michel Worm (Swansea) et Benjamin Stambouli (Montpellier) viennent booster l’arrière garde nord-londonienne. Le style de jeu de l’argentin reste la même : un pressing très haut sur le porteur, couper le plus possible les lignes de passes, un jeu de harcèlement sur les milieux de terrain adverses ensuite une projection rapide vers l’avant très souvent en rupture après de longues possessions dans son propre camp. Quelques chiffres pour corroborer ses constats : Tottenham est la 3e équipe la plus agressive du championnat derrière Stoke City et Sunderland, les Spurs réalisent 21.4 tacles par match, soit le 2e bilan de la saison en la matière.

 

Cependant ce travail de récupération du milieu de terrain contraste avec l’attitude en défense qui est beaucoup moins agressive et très attentiste. Tottenham est mise à mal par les tirs de loin, on ne sort que très peu sur le porteur dans les 18 mètres. Ajoutez à cela, les pertes de balle chroniques au milieu de terrain, 15 par match, aucun club ne fait pire. De quoi mettre en danger ses défenseurs. Le rempart défensif à Tottenham c’est le gardien, Hugo Lloris réalise 3.1 arrêts par match et sauve assez souvent son équipe. En attaque, la donne est tout autre, on tire beaucoup à longues distances (Dembele, Lamela, Eriksen), les ailiers offensifs repiquent aux centres pour laisser la place aux latéraux, très offensifs (Walker, Rose, Davies). SI l’efficacité offensive n’est pas le fort de l’équipe, Harry Kane s’est particulièrement illustré la saison dernière. Il conforte Pochettino dans sa volonté de faire émerger des jeunes joueurs comme Nabil Bentaleb, Ryan Mason, Andros Townsend, qui au passage ont été très convaincants. Le jeune avant-centre anglais compile 21 buts en championnat et 33 toutes compétitions confondues. Derrière lui, Nacer Chadli (11 buts) et Christian Eriksen (10 buts) sont les deux autres atouts offensifs de Tottenham. Musa Dembelé apporte en plus de son bagage technique, sa puissance physique et son sens de la récupération dans les grands matchs.

 

En sortie de banc, Andros Townsend et Erik Lamela apportent également beaucoup par leur percussion et leur aptitude technique. Au milieu de terrain, les confirmations ont surtout été au crédit des jeunes avec Ryan Mason et Nabil Bentaleb. Eric Dier apporte des options supplémentaires non seulement en défense centrale mais aussi comme arrière latéral et en porteur d’eau. Une solide 5e place à son actif malgré un début de saison poussif et une finale de Capital One Cup sont à mettre à l’actif des hommes de Pochettino, une saison très prometteuse d’autant plus que l’argentin a affiné une fois de plus son équipe durant le présent mercato estival.

 

 

Le chantier défensif

 

Pas beaucoup de mouvements si ce n’est le départ de joueurs décevants ou trop justes pour apporter une valeur ajoutée dans l’effectif : Paulino, Chiriches, Kaboul, Capoue, Holtby et Stambouli en attendant celui d’Emmanuel Adeboayor. Le travail a été une fois de plus concentré dans le secteur défensif. Kieran Trippier, arrière droit de Burnley vient renforcer le côté droit de Kyle Walker, souvent blessé la saison dernière tout comme Danny Rose sur le côté gauche. Dans l’axe Tobias Aldeirwereild est récompensé aprés son prêt réussi à Southampton de la part de l’Atletico Madrid. Le défenseur belge formera avec son compatriote Jan Verthonghen, l’axe central des Spurs. Le reste de l’équipe reste identique par rapport à la saison dernière.

 

Une dernière ligne reste à être renforcée, l’attaque. Harry Kane ne possède pas une vraie doublure. Soldado et Adebayor n’ont pas convaincu, le nom de Clinton Njie (Lyon) revient avec insistance. Harry Kane, auteur d’une saison XXL risque d’être trop juste pour jouer sur les 4 tableaux et se reposer sur un jeune attaquant dont on n’est pas sûr de la confirmation est assez risquée. Le jeune attaquant n’a pas montré grand-chose en préparation et il faudra attendre de voir comment il gérera cette attente qui contraste avec l’insouciance de la saison dernière. Autre donnée importante c’est quid de l’avenir d’Hugo Lloris. La valse des gardiens n’a pas encore connu son épilogue, David de Gea est régulièrement annoncé au Real Madrid et Man Utd aurait déjà ciblé le gardien français pour le remplacer.

 

 

Désireux de travailler sur le moyen à long terme, les dirigeants de Tottenham ne se sont pas trompés sur le choix de Pochettino. L’argentin réussit jusqu’à présent une carrière honorable (Espanyol, Southampton, Tottenham) et semble avoir trouvé une base de travail déjà assez solide. L’effectif est habitué à jouer sur plusieurs tableaux mais manque de souffle pour garder suffisamment haute la cadence durant 38 journées de PL et faire mieux qu’une 5e place. La compétition sera très rude dans le Top 8 mais une des challenges de Tottenham sera de soigner la défense, faire une bonne campagne en Europa League et pourquoi pas, jouer une place qualificative en Ligue des champions. L’effectif est-elle assez large pour y prétendre ? Ce qui est sûr c’est qu’ils ne montrent aucun complexe face aux équipes du Big 4, le match d’ouverture contre Man Utd en est la preuve !

 

Bluvist (spécialiste PL)

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