PL – Les clés du mercato : Manchester City

Le marché des transferts bat son plein en Europe. En Premier League, comme ailleurs, les spéculations et les rumeurs vont bon train. Les médias sportifs et les fans en raffolent, chacun essayant d’imaginer l’effectif que pourraient avoir les clubs européens. Mais ne vous y trompez pas, si les rumeurs supplantent les actes, ça travaille beaucoup en coulisses, dans les bureaux des staffs techniques et autres managers de club.

 

Pas possible de parler mercato sans évoquer Manchester City. Ce club, remonté en PL, il y a tout-justes 14 ans, doit son salut à ces fenêtres de tractations estivales et hivernales. Avant 2008, c’était un club « ordinaire » jouant le milieu de tableau de Premier League. 2008, c’est l’arrivée du richissime Khaldon Mubarak qui va faire entrer le club dans une nouvelle dimension. Manchester City bouscule la hiérarchie, ce que n’arrive pas à faire Tottenham, Everton par exemple. Il faut dire que les propriétaires émiratis n’ont rien fait dans la mesure. L’avènement de City coïncide avec les saisons difficiles de Liverpool post-Benitez.

 

Le Big 4 qui donnait à l’Angleterre 4 représentants en deuxième tour de Ligue des Champions n’est plus d’actualité. Les indemnités de transfert montent en flèche, le million d’euro en langage football n’a plus de valeur. Trop d’argent tue l’argent, les amateurs du football ne réalisent même plus les montants colossaux en jeu dans ces transactions financières. Après l’arrêt Bosman, c’est un nouveau déclic dans les finances du football. Il faut désormais préciser de quel club on parle quand l’on cite Manchester. Le renouveau des Citizens est en marche.

 

 

Résultats insuffisants ou victime de l’exigence sportive ?

 

Depuis quelques saisons, Manchester City se réclame prétendant au titre. Le club remporté 2 titres de PL, une coupe d’Angleterre et une coupe de la ligue. Quatre titres c’est peu comparé à l’ère Chelsea de Roman Abramovitch. Si City possède une grosse équipe, le nombre de titres nationaux remportés mais aussi les parcours européens ne donnent pour le moment pas raison à la politique financière du club. Ces dernières années, la stabilité est de mise. Pellegrini entame déjà sa troisième saison sur le banc des Citizens. Manchester City recrute moins depuis quelque temps mais recrute très cher. Le chilien possède un effectif stable depuis trois ans.

 

Yaya Touré, Sergio Aguero, Vincent Kompany et Joe Hart en sont les éléments clés. La saison 14/15 fut très classique par rapport aux saisons précédentes : lutter pour le titre à défaut de le remporter et nourrir des déceptions en Ligue des champions. Pourtant, le recrutement répondait aux besoins de l’effectif. Frank Lampard et Fernando pour améliorer la récupération de balle et solidifier le milieu de terrain, Mangala pour pallier les blessures de Kompany, Bacary Sagna pour concurrencer son compatriote Gaël Clichy et Wilfried Bony en milieu de saison en raison des blessures conjuguées d’Aguero et de Dzeko. L’équipe tourne très bien, déroule le championnat mais pas suffisamment pour tenir tête à la série impressionnante de Chelsea en début de saison.

 

La force de City, c’est son secteur offensif : près de 6 tirs cadrés sur 18 par match grâce au meilleur buteur du championnat Aguero (26 buts) qui par ailleurs tente le plus en PL (4.5 tirs par match). Derrière l’attaquant argentin, le duo espagnol Jésus Navas et David Silva mettent leur qualité technique et leur activité sur les côtés à contribution. Ils repiquent surtout au centre du jeu pour apporter le surnombre dans les 18 m adverse. Pour une équipe qui tient le ballon (57% de possession de balle), les latéraux participent beaucoup au jeu offensif en prenant les ailes, forçant les ailiers à devenir plus axiaux, plus près des attaquants pour combiner, jouer en triangle ou faire la différence individuellement. A ce jeu dans les petits espaces aux alentours de la surface de réparation, les passes décisives deviennent caduques. 57, c’est le nombre de buts marqués par City sur attaque placée mais les contres attaques sont aussi bien exploités. Cette phase de jeu a produit 10 buts grâce à la vitesse de projection du trio Navas, Silva, Agüero.

 

Au milieu de terrain, la récupération de balle fait tâche. Si City maîtrise la possession, il a du mal à la récupére. L’agressivité de Fernandinho et les replis défensifs difficiles de Yaya Touré mettent en danger une défense qui manque de sérénité et d’efficacité dans les airs malgré les joueurs qui la composent (Mangala, Kompany, Demichelis). La stabilitédéfensive ou le casse-tête de Pellegrini, City est la pire défense du top 4 de la PL et ce, malgré sa possession de balle. Yaya Touré s’illustre plus dans le jeu offensif que dans la récupération. Sa méforme globale en 14/15 et les blessures de Agüero ont fait défaut aux Citizens dans la course au titre. En ligue des champions, face à des équipes qui aiment garder le ballon et surtout qui déploient un pressing intense pour la récupérer et empêcher les premières passes dans l’entrejeu, City devient une équipe vulnérable. Cela explique les performances européennes. En tout cas, la direction technique mise une fois de plus sur le mercato pour améliorer l’équipe et rendre un meilleur bilan en ligue des champions.

 

 

Que retenir du recrutement ?

 

Le mercato de City se résume à très peu de choses. Fabian Delph vient remplacer numériquement Frank Lampard, malgré son désir avoué de rester à Aston Villa. Il va remplir son compte en banque aux dépens de son temps de jeu du fait de la concurrence de Fernando sur le banc. Le départ de Milner lui donne cependant motif d’espoir pour évoluer au milieu dans une configuration en 4/3/3 ou de rentrer en cours de match comme le faisait souvent la nouvelle recrue de Liverpool. Dans le secteur offensif, Pellegrini assainit son effectif avec le départ de joueurs intermittents (Jovetic et Dzeko). Raheem Sterling et Kevin De Bruyne font le chemin inverse. La qualité de Sterling sur les côtés décale David Silva dans l’axe, qui aura désormais la concurrence du jeune belge De Bruyne en provenance de Wolfsburg. L’ancien espoir de Chelsea va faire également de l’ombre à Samir Nasri, plus cantonné à un rôle de remplaçant la saison dernière.

 

City risque de faire très mal aux défenses de Premier League surtout en contre-attaques. Reste à faire cohabiter ses joueurs pour faire la différence face à des défenses regroupées. Inutile de revenir sur les indemnités de transfert, ce sont des montants banaux, surtout pour un club comme City. Enfin la défense accueille un énième joueur en la personne de Nicolas Otamendi. Pourtant la paire Mangala-Kompany tient la route, Martin Demichelis était plutôt décevant. Nastasic et Boyata partis, Otamendi vient postuler à un poste de titulaire. Demichelis est clairement le quatrième choix de Pellegrini dans l’axe. Mangala devait faire le chemin inverse mais son énorme match contre Chelsea lors de la deuxième journée de championnat en a décidé autrement. Il crée ainsi la seule incertitude sur les choix du manager chilien.

 

Eternel prétendant au titre, City entame cette nouvelle saison avec un effectif plus abouti et surtout plus impliqué dans les efforts. Le défi en championnat n’est pas de lutter pour le titre mais de s’imposer face aux concurrents directs et c’est très bien parti d’ailleurs. En Europe, c’est surtout de réaliser un meilleur parcours qu’une huitième de finale en terminant pourquoi pas premier de la poule. Les Citizens ont l’effectif pour rivaliser contre les grosses écuries européennes. La tâche aurait dû être plus facile cette année étant donné que City occupait le deuxième chapeau des tirages mais … rebelote. Les pensionnaires de l’Etihad Stadium se sont offert un groupe de la mort avec la Juventus et Séville notamment. Aucune excuse n’est permise. De toute façon la PL n’a plus aucune excuse pour défendre les maigres performances de ses clubs en Europe.

 

Bluvist (spécialiste PL)

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