Indian Super League (Saison 2): une suite logique

Après une première édition en 2014, l’Inde retente le pari d’un championnat fermé: l’Indian Super League. L’objectif pour les organisateurs de cette compétition est de valoriser son football pour que ce sport devienne aussi important que le cricket, en attirant notamment des vieilles gloires du ballon rond. Avec des joueurs en fin de carrière et d’autres qui reviennent de leur pré-retraite, cette ligue fermée composée de huit franchises se déroulera d’octobre à décembre. Focus sur cette seconde saison de ce projet qui s’annonce passionnant pour les amateurs de football.

 

Un projet récent

 

L’ISL, est un tournoi privé entre 8 franchises lancé par les géants IMG-Reliance et financé par des stars du cricket et du cinéma depuis 2014. À l’inverse de la première édition, on retrouve dans les effectifs moins de superstars « retraités » mais plus d’ex-internationaux européens et quelques joueurs étrangers moins réputés. Pour contrôler les finances et maintenir leur projet, cette année vient d’être mis en place un salary cap (2,8 millions d’euros). Pour ce qui ne connaisse pas la Indian Super League, c’est une compétition qui s’inspire du modèle américain. Elle fonctionne comme une ligue fermée avec un championnat qui n’a ni relégation ni promotion en fin de saison, plus un système de play-off pour les 4 premiers avec des équipes sur le modèle des franchises. Un projet qui peut parraitre original qui va permettre de rassembler une grande partie de la population y compris ceux qui ne connaissent pas ce sport. De plus, dans un pays de plus 1,3 milliard d’habitants, la taille du marché pour développer le football est immense que ça soit pour la fédération, les entreprises mais aussi pour les clubs européens.

 

Pour attirer du monde dans les stades, les organisateurs ont mis en place en plus du spectacle autour des matchs de nombreux joueurs avec un niveau assez homogène par équipes, un entraîneur de renom et une véritable star internationale. Chaque joueurs « stars » des franchises apportera une visibilité importante et permettre aux joueurs locaux d’élever leur niveau et d’apprendre au quotidien. Pour répartir les joueurs stars, les joueurs étrangers et les joueurs indiens, il y a eu un système “draft” à l’américaine. Cette année, le nombre d’étrangers par franchise est limité à 10 joueurs (sans compter le marquee player)

 

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à regarder des matchs de très haut niveau surtout pour nous les européens, mais cette ligue fermée va permettre de développer le football en Inde mais aussi de relancer la carrière de plusieurs joueurs européens. Voici les huit franchises de ce championnat: l’Atletico de Kolkata, Chennaiyin, Delhi Dynamos, Goa, Kerala Blasters, Mumbai City, NorthEast United et Pune City.

 

 

1. Atletico de Kolkata

 

Pour cette première franchise qui appartient groupe Kolkata Games and Sports, son nom fait référence au club mythique de l’Atletico de Madrid (le club fait partie des propriétaires). Au niveau des couleurs, on suit la logique avec un maillot aux rayures rouges et blanches. Pour le choix du stade, le club hérite une nouvelle fois du Salt Lake Stadium de Kolkata et sa capacité de 68.000 places, une enceinte qui accueille notamment l’équipe nationale et plusieurs équipes du championnat. Au niveau de l’entraineur, la franchise a fait appel comme la saison dernière au coach espagnol Antonio López Habas, plus connu pour sa carrière d’entraineur avec la Bolivie et ses passages à Granada, à Valence et au Celta Vigo que sa carrière en tant que joueur.

 

Vainqueur de l’édition 2014, elle repart avec dans son effectif six joueurs espagnols comme Josemi ou Borja Fernandez. Le « marquee player » de la franchise est l’international portugais Helder Postiga, ancien joueur du FC Porto, du Sporting Portugal ou encore de Saint Etienne. À 33 ans, ce buteur expérimenté apportera toute son expérience à cette franchise. Pour le reste de l’effectif, il y a notamment le Canadien Iain Hume ou encore l’international cap-verdien « Valdo ».

 

2. Chennaiyin FC

 

Pour cette franchise au sud de l’Inde, elle appartient à deux propriétaires: À l’acteur-producteur Abhishek Bachchan et au joueur de cricket Mahendra Singh Dhoni. Pour le reste, le club jouera en bleu et blanc et possède un stade de 40.000 places avec une piste d’athlétisme (Jawaharlal Nehru Stadium). Pour le choix de l’entraineur, l’équipe a fait appel une nouvelle fois à Marco Materazzi, ancien grand joueur de l’Inter de Milan. À 42 ans, l’ancien international italien débutera en Inde sa deuxième expérience en tant qu’entraineur.

 

Au niveau de l’effectif, la franchise compte un effectif de qualité. Avec elle aussi 11 étrangers, elle compte dans ses rangs de nombreux joueurs connus comme le brésilien Elano, le « marquee player » de l’équipe. À 33 ans et près de 50 sélections avec la Seleçao, il est le joueur star de cette équipe. Ancien joueur du Shakhtar Donetsk, de Manchester City ou même de Galatasaray, il apportera beaucoup au milieu de terrain. Pour le reste de l’effectif, le coach Italien pourra compter sur deux Italiens, quatre Brésiliens, un Colombien et un Ethiopien Au niveau des français, la franchise aura l’apport défensif et l’expérience de Bernard Mendy, véritable « star’ de l’Indian Super League. On n’oublie pas l’ancien gardien mythique du PSG, Apoula Edel.

 

 

3. Delhi Dynamos

 

Pour cette franchise au nom qui s’inspire par son nom du modèle américain, elle appartient au groupe opérateur DEN Networks et en alliance avec le club néerlandais du Feyenoord. Le club qui jouera principalement en blanc et noir possède un stade multisport de 60.000 places: le Jawaharlal Nehru Stadium. Pour le poste d’entraineur, ça sera le légendaire Roberto Carlos qui sera à la tête de cette équipe. Après ses passages comme entraineur dans des clubs comme Sivasspor et Akhisar Belediyespor, c’est bien sa première expérience en dehors de la SuperLig.

 

Au niveau de l’effectif, le club compte un « marquee player » Roberto Carlos, qui sera joueur-entraineur de la franchise. Pour le reste des joueurs, il y a l’ex international français Florent Malouda qui apportera toute son expérience. Dans cette franchise, il y a plusieurs joueurs étrangers comme les trois autres brésiliens, le Norvégien John Arne Riise ancien joueur de Liverpool. Il y a aussi Adil Nabi, un jeune attaquant de 21 ans en provenance de West Bromwich Albion (oui oui, 21 ans…).

 

4. FC Goa

 

Le Football Club Goa est l’une des franchises de l’ouest de l’Inde avec plusieurs français dans son effectif. Elle a comme propriétaires Virat Kohli une légende du cricket, l’industriel milliardaire Venugopal Dhoot et des hommes d’affaires locales comme Dattaraj Salgaocar et Shrinivas Dempo. Avec son stade (Fatorda Stadium) plutôt moderne de 19.000 places, l’équipe risque de faire une très bonne affluence. Pour le choix de l’entraineur, l’équipe fait appel une nouvelle fois à Zico, l’un des meilleurs brésiliens de tous les temps. En tant que coach, il a notamment eu des expériences avec la sélection Japonaise, Fenerbahce, le CSKA Moscou, l’Irak ou encore l’Olympiakos. Ce joueur légendaire est un recrutement de taille pour la franchise de Goa.

 

Au niveau de l’effectif, la star c’est bien Lucio, près de 105 sélections avec la Seleçao.. Aujourd’hui à 37 ans, l’ancien joueur du Bayern Munich ou de l’Inter apportera son expérience aux autres joueurs Indiens. Pour le reste des joueurs, le FC Goa compte près de sept joueurs brésiliens dans son effectif comme l’attaquant Reinaldo, ancien joueur du PSG ou encore l’ancien marseillais Elinton Andrade. Il y a aussi l’écossais Darryl Duffy, l’espagnol Jofre formé au FC Barcelone et le français Grégory Arnolin, encore présent avec la franchise du FC Goa.

 

 

5. Kerala Blasters

 

Pour cette franchise de la ville de Kochi au sud de l’Inde, elle appartient à une légende du cricket Sachin Tendulkar et à l’entrepreneur Prasad V Potluri. Avec son stade multisport de 60.500 places, le Jawaharlal Nehru Stadium est l’un des plus beaux stades de cette Indian Super League. Pour le reste, le « marquee player » de cette franchise est Carlos Marchena. À 36 ans, l’ancien international et joueur du Valence CF viendra apporter son expérience au poste de défenseur/milieu défensif. L’entraineur du Kerala Blasters est Peter Taylor, ancien joueur de Crystal Palace et des Spurs et ancien coach U20/21 de l’Angleterre ou d’Hull City.

 

En ce qui concerne leur effectif, la franchise compte sur ses nombreux étrangers comme le Portugais João Coimbra et le brésilien Bruno Perone. Il y a aussi cinq anglais et trois espagnols peu connus. Finaliste l’année dernière, la franchise de Kochi essayera de faire aussi mieux malgré un effectif plutôt faible.

 

6. Mumbai City

 

C’est peut-être la franchise d’Indian Super League au nom le plus marquant, qui a comme propriétaire Ranbir Kapoor, un acteur de Bollywood très célèbre en Inde. Avec un stade de 55.000 places, le DY Patil Stadium est plus habitué par sa forme à des matchs de cricket. Pour le reste, l’entraineur ET le « marquee player » de cette équipe est Nicolas Anelka, l’ancien international français mais aussi ancien joueur-entraineur du Shanghai Shenhua continue sa carrière de manager avec le Mumbai City à seulement 36 ans.

 

En plus d’avoir un sacré joueur-entraineur, l’équipe compte aussi sur un grand nombre de joueurs étrangers avec de l’expérience internationale. On note la présence de Frédéric Piquionne, de l’international tunisien Selim Benachour, l’haitien Frantz Bertin ou encore le défenseur Irlandais Darren O’Dea. Avec cet effectif, Nicolas Anelka peut clairement être un candidat au titre de l’Indian Super League 2015.

 

7. NorthEast United

 

NorthEast United est une franchise à l’extrémité de l’Inde dans le Nord-est, avec comme propriétaire l’acteur de Bollywood John Abraham et le club indien de Shillong Lajong FC. Avec un stade de 35.000 places, le Indira Gandhi Athletic Stadium avec sa piste d’athlétisme risque d’attirer pas mal de spectateurs. Le coach de l’équipe est César Farías, ancien sélectionneur du Venezuela.

 

Le joueur star de cette équipe c’est Simão Sabrosa, l’ancien international Portugais avec près de 85 sélections et ancien joueur du Benfica et de par exemple. À 35 ans, il apportera son expérience du très haut niveau au milieu de terrain au reste de l’effectif. Il participe notamment à l’Euro 2008 et à la Coupe du Monde 2006 en Afrique du Sud. Pour le reste de l’équipe, il y a plusieurs étrangers comme le buteur ivoirien Boubacar Sanogo, le français Cédric Hengbart, le Sénégalais Diomansy Kamara et l’espagnol Bruno. Une équipe avec quelques joueurs intéressants, elle sera à suivre cette saison.

 

 

8. FC Pune City

 

Pune City est une franchise très proche de la mégalopole Mumbai, avec comme propriétaire l’acteur-producteur Hrithik Roshan, le groupe Wadhawan Group et un partenariat avec le club Italien de la Fiorentina. Le Balewadi Sports Complex et ses 12.000 places vont pouvoir accueillir de nombreux spectateurs. La franchise fait confiance à l’entraineur David Platt, ancien international anglais et ancien entraineur de la Sampdoria et adjoint à Manchester City. C’est son premier poste d’entraineur hors de l’Europe et sa première en tant qu’entraineur principal depuis 2004.

 

Le joueur star de leur effectif c’est un joueur historique de la Roumanie: Adrian Mutu. À bientôt 36 ans, l’ancien international sera le joueur à suivre du côté de Pune City en championnat. L’ancien joueur de Chelsea, de la Juventus et même de la Fiorentina risque de faire très mal en Indian Super League. Pour le reste de l’effectif, David Platt pourra s’appuyer sur le milieu défensif expérimenté Didier Zokora, Yendrick Ruiz, l’international Kalu Uche et le Turc Tuncay Şanlı. C’est certainement l’équipe la plus compétitive offensivement de cette ISL.

 

Après cette présentation des franchises, ce championnat ou cette MLS à la sauce indienne n’attirera pas vraiment les européens ou habitués de Barclays Premier League. Par contre pour les Indiens, le pari peut être réussi surtout dans un pays à la population qui dépasse le milliard d’habitants et ou le football peut se faire une place. Même s’il y a plusieurs (ex) retraités internationaux, la grande majorité des étrangers sont des joueurs en bout de course ou à la recherche d’un contrat-défi pour relancer leur carrière. Si les salaires sont une belle source de motivation, cela évite à certains étrangers ou même à plusieurs joueurs européens de finir dans la liste des joueurs au chômage. Alors, quel avenir pour cette Indian Super League? La question se pose, réponse d’ici quelques mois. 

 

En attendant, rendez-vous ce vendredi à 15h30 pour la suite du championnat entre Pune City et NorthEast United. 

 

Ali Benyahia

Be the first to comment on "Indian Super League (Saison 2): une suite logique"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*