Le Clasico et la sécurité

Depuis les attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris, tout l’Occident est menacé par le terrorisme, dont les stades de football. En effet, le Stade de France était une cible d’un des commandos. Après ces événements tragiques, plusieurs matchs amicaux durant la trêve nationale ont été annulés comme Belgique-Espagne ou Allemagne-Pays Bas pour des raisons de sécurité. Les matchs de championnat ont repris ce week-end du 19 au 21 novembre, avec notamment un Clasico qui a bien eu lieu samedi 20 novembre, ponctué par une démonstration des Blaugranas. La sécurité autour du Bernabeu était immense et bien maîtrisée.

 

Pendant le France-Allemagne qui se déroulait au Stade de France, trois explosions eurent lieu aux alentours de l’enceinte sportive, l’une à la 16ème minute, la deuxième à la 19ème et la dernière pendant la mi-temps. Ce commando n’a quasiment pas fait de victimes et un énorme carnage est évité à Saint-Denis. Cette tentative d’attaquer un stade est quand même un énorme avertissement pour le monde du football et aboutit à une énorme inquiétude sur la sécurité des stades. Les abords du stade, où des milliers de supporters sont rassemblés peuvent devenir des zones en danger.

 

Samedi 20 novembre, le stade du Real Madrid, le Santiago Bernabeu accueillait le FC Barcelone pour un Clasico électrique en faveur d’un Barça qui a fait une leçon collective et footballistique (0-4), face à des madrilènes totalement à côté de la plaque. C’est l’un des matchs les plus médiatisés au monde, puisqu’il est vu par des millions et des millions de spectateurs du monde entier.

 

 

La sécurité était importante d’une part car le match est très suivi, et d’une autre part car l’Espagne a souffert du terrorisme que ce soit par Al-Qaïda le 11 mars 2004 à Madrid, par des attentats à la bombe dans des trains, ou par l’ETA, une organisation armée basque qui a commis beaucoup d’attentats sur l’ensemble du territoire espagnol. L’ETA a fait en 2002 près du stade Santiago Bernabeu avant un Clasico (la demi-finale retour de Ligue des Champions), un attentat à la voiture piégée. Dix-sept blessés sont à déplorer, et bien qu’il y ait eu quelques dégâts, le match fut maintenu il y a treize ans. Ainsi, le contexte actuel où la menace terroriste est permanente pour tout l’Occident (on a pu le constater à Bruxelles ce samedi), avec les différents attentats qu’a connu l’Espagne, cette dernière est obligée de mettre en place une sécurité draconienne.

 

Du moins, c’est ce qu’a promis le ministre de l’intérieur espagnol Fernandez Diaz, les derniers jours avant ce choc de Liga. Le ministre a dit qu’il « y aurait des renforts, d’importants effectifs de sécurité pour contrôler non seulement les accès au stade mais également les abords et les moyens de transports empruntés par les ‘aficionados’ pour assister au match ». Effectivement, les transports, tout ce qui est aux alentours du stade que ce soit par les différentes portes pour valider son billet, ou les différents espaces de restaurations et buvettes pouvaient être clairement visés, étant donné qu’un nombre important de supporters les fréquentent. Fernandez Diaz a l’air d’avoir saisi les principaux dangers auxquels peuvent être confrontés les supporters, puisqu’aucun incident n’est à constater.

 

Les lieux étant fixés, la quantité de forces policières fut très importante, pour assurer le mieux possible la sécurité des supporters. Selon les médias espagnols, un triple cordon de sécurité était prévu autour de l’ensemble du stade, composé d’un « premier filtre uniquement dédié à contrôler les personnes qui peuvent éveiller des soupçons, le deuxième à vérifier les sacs à dos par exemple et le troisième à (contrôler) la porte », affirmées par des sources policières et rapportées par des médias. En effet, avant le match et par des images provenant de particuliers, on a pu voir ce triple cordon en activité aux abords du stade.

 

 

De plus, 1200 policiers, soit six fois plus que pour un match de cette ampleur, 1300 stadiers, policiers municipaux et agents de la protection civile seront mobilisés. Par différentes photos, on a pu voir en partie tout ce dispositif, notamment des policiers sur un cheval comme en Angleterre. Enfin, on a pu apprendre également que des tireurs d’élite étaient présents autour des lieux. Javier Tebas, président de la LFP a montré sa compréhension autour de ces décisions, mais ô combien importantes : « Evidemment, il faut prendre des mesures cette semaine pour garantir davantage de sécurité pour tout le monde. C’est un domaine où la police sait quoi faire. »

 

Finalement, aucun problème n’est à signaler et tout le dispositif policier, stadier a réussi à gérer l’événement, que ce soit de la période avant le coup d’envoi et la venue des supporters, jusqu’à la sortie de tout ce petit monde. Est-ce que cette sécurité gigantesque qui a prouvé son efficacité pour un événement de cette ampleur, peut-elle devenir un modèle pour la sécurité des stades de football en Europe ? Dans un continent où les foules de supporters sont nombreuses et exposées à certains risques, la question mérite d’être posée. En tout cas, la France avec un Euro 2016 à assumer pourrait bien prendre des notes et pourquoi pas prendre exemple sur ce qui s’est fait pendant le Clasico

 

Raphael Benbouhou

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