Ballon d’Or : quel(s) intérêt(s) ? – Artn’sport

 

62 jours, le décompte est lancé. 62 jours avant la remise du Ballon d’Or, à Zurich, le 07 Janvier prochain. Nous pourrions débattre sur l’éternel débat « Plutôt Messi ou plutôt Cristiano ? », mais là n’est pas la question. Au football, nombreux sont les trophées qui se gagnent en équipe, mais aujourd’hui le Ballon d’Or fait beaucoup parler de lui. Le débat continue, mais que vaut ce trophée tant convoité par les joueurs ?

Le Ballon d’Or récompense, depuis 2007, un joueur au niveau mondial. Une liste de 23 joueurs est dictée deux mois avant la délibération, et 3 joueurs en seront sélectionnés à la fin de ce mois. Le trophée ira à l’un de ses trois joueurs, qui sera élu par ses pairs. Avant ça, de 1995 à 2006, le Ballon d’Or touchait simplement les championnats européens sans distinction de nationalité. Mais le trophée reste individuel, et il crée moult conflits. Entre déclarations bouillantes et aveux sincères, les stars du ballon rond se font plaisir. Et c’est pas Cristiano qui va me contredire : « On n’a pas le droit de voter pour soi-même. Mais si j’en avais la possibilité, bien sûr que je voterais pour moi. ».

En effet, à quoi bon offrir un trophée individuel alors que le football est le sport collectif par excellence. Un trophée individuel au basket est acceptable, sachant que ce sport est emmené par des performances personnelles. Mais là, c’est comme si c’était Messi qui avait fait gagner la Coupe du Monde des Clubs au Barça ou que c’était Iniesta qui avait permis à l’Espagne de faire le triplé historique Euro-Mondial-Euro. De plus, dans la liste des 23 énoncés, certains n’ont pas leur place : je pense, cette année, à Gérard Piqué ou à Karim Benzema, qui aurait pu céder leur place à beaucoup de joueurs comme Huntelaar, Gomez, Silva ou encore Ribéry, et j’en passe.

Mais le jury du Ballon d’Or prend en compte les compétitions collectives remportées, même si ça n’est pas inscrit dans les critères. Et surtout lors des années de Coupe du Monde. On se rappelle de 2006, non pas pour le coup de boule de Zidane en finale de Coupe du Monde (même si un des évènements les plus marquants), mais pour Cannavaro. En effet, il a remporté la plus prestigieuse des coupes en sélection nationale en tant que capitaine, et grâce à ça, il empocha le 27 novembre son Ballon d’Or. Dans ces cas-là, Xavi ou Iniesta auraient du remporter le trophée rond depuis 2009, ou au moins en 2010, vu leurs prestations en équipe nationale et en club. Mais pourquoi le génie argentin l’a remporté, alors qu’il n’a pas fait un parcours vierge et net, notamment lors de la claque reçue par l’Allemagne 4-0 en quart de finale de coupe du monde.

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Et dans le top 5 de 2010, pas un Casillas impérial, pas un Puyol capitaine et buteur, pas un Villa redoutable, mais un duo Iniesta-Xavi en deuxième et troisième position respectivement. Et pourtant, le règlement du Ballon d’Or notifie bien : « Les distinctions sont attribuées en fonction des mérites sportifs et du comportement général sur le terrain comme en dehors. ». Cette année-là, l’argentin n’a pas remporté de Champion’s League, pas de Coupe du Monde. Sneijder, lui, avait toutes les cartes en main : 3 titres avec l’Internazionale, une finale de coupe du monde et une coupe du monde des clubs. Il semblait pourtant méritant.
Mais il y a un autre défaut au Ballon d’Or. Il récompense un joueur, certes, mais il est le plus souvent délivré à un attaquant ou à un milieu de terrain. La preuve en chiffres :
54,39% des B.O sont attribués à des attaquants, soit 31.
36,84% des B.O sont attribués à des milieux de terrain, soit 21.
7,02% des B.O sont attribués à des défenseurs, soit 4.
1,75% des B.O sont attribués à des gardiens, soit 1.
Seulement 4 défenseurs et 1 gardien dans l’histoire du football ont été récompensés du trophée, sur 57 Ballons d’Or. L’équité n’est donc pas présente, et Raymond Domenech le résume très bien : « Le Ballon d’Or, symbole de l’individualisme, ne devrait pas exister. Ou alors un par poste ! ».

Finalement, est-ce vraiment utile de donner une telle récompense vue ce que certains anciens détenteurs du titre sont devenus par la suite ? Je pense tout de suite à Kakà, en 2007. Au Milan, tout va bien, tout lui réussit, transfert au Real, plus personne. Mais il n’est pas le seul, Rivaldo en 1999. Fabuleux au Barça, il part au Milan 1 an, et rentrera au pays l’année suivante. Un autre ? Chevtchenko, en 2004, il remporte son Ballon d’Or avec le Milan, il ira à Chelsea, et il ne s’en remettra jamais. Et Michael Owen, en 2001, avec Liverpool il brille, en 2004 il partira au Real Madrid, et il connaitra son déclin. Espérons que nos Messi, Ronaldo, Iniesta, Xavi … ne finirons pas comme eux !

David Zarrougui

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