Toulouse a la moyenne. – Artn’sport

Wissam BEN YEDDER (tfc) vs Benjamin STAMBOULI (mhsc)

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Depuis son retour dans l’élite, le Toulouse Football Club d’Olivier Sadran a pour ambition de s’y maintenir. Concrètement,  l’objectif comptable, c’est une place parmi les dix premiers de ligue 1. Contrat rempli ?

Cette année, après un assez bon début de saison,  récompensé par une belle mais flatteuse position sur le podium au soir de la 10ème journée (le chiffre dix, déjà), les toulousains sont tombés dans leur travers : déclarations enthousiastes, ambitions étalées et démonstrations de coupé décalé sur télé foot, les pitchouns version 2013, Ben Yedder en vedette, se voient plus beau qu’ils ne sont. Trois journées et autant de défaites plus tard, le TFC est neuvième. 

Toulouse s’apprête à passer la saison en queue de peloton, et l’ambiance des vestiaires en pâti: à l’intersaison, Sadran, en épicier expérimenté, gagne un bras de fer difficile mais légitime avec le milieu international Moussa Sissoko, transféré à Newcastle. Sadran vend aussi à Monaco, sans trop de pertes, un Emmanuel Rivière qui n’aura jamais su s’imposer en violet, et en profite pour s’octroyer les services de deux joueurs au profil intéressant, l’attaquant Ben Bassat du Stade Brestois et le milieu défensif et ancien Lensois Adil Ermach. Le premier sera utilisé comme joker de luxe, le second s’imposant rapidement dans le onze titulaire. L’indéboulonnable Etienne Capoue, un peu décevant, finira d’ailleurs par reculer d’un cran, sans doute aussi pour pallier aux blessures à répétition de Zébina, dans un shéma inédit en 3-5-2.

En effet, le maintien assuré tardivement, les dernières journées manquent d’enjeu et Casanova en profite pour tourner le dos au bon vieux 4-5-1 des familles. Alors que Sadran vient de lui renouveler sa confiance, l’ancien gardien souvent critiqué pour ses choix timorées prépare la saison suivante, et on ne peut voir que d’un bon œil les jolis succès qui en découlent: un beau 4-2 contre Lille, puis un but du jeune Issiaga Sylla, la surprise de la fin de saison côté gauche contre Sochaux, et enfin un doublé de Ben Yedder contre Montpellier, deux fois servi par un autre jeune qui semble s’épanouir à Toulouse, le pas encore bachelier mais déjà champion de France Adrien Rabiot, prêté par le PSG.

Mais les supporters attendent mieux de ces poètes du ballon rond, car ce sont des poètes, nos jeunes, que Nougaro n’aurait pas renié: Ali Ahamada, d’abord, dans le style héroïque, auteur du but égalisateur contre Rennes, puis Serge Aurier, lyrique, qui fait chanter l’extérieur du droit contre Sainté… Que de talent, que d’envie, que de promesses… Quant aux anciens, Braaten, le nordique, le tank, il est excellent dans son registre percutant… Et comment oublier Blondel ? Le tragique, héros déchu du quart de finale contre Lille, sort finalement de cette ligue sur une blessure et sous les huées après sa seule erreur de la saison. Oui, il y a du talent et de la jeunesse, il y en a même à revendre… et c’est peut-être là que le bât blesse.

Mais si on peut reprocher au président Sadran de faire de la gestion comptable, on ne peut que s’émerveiller de la justesse de ses calculs, et c’est dans l’univers fascinant des chiffres que se cache le véritable exploit des toulousains, l’exploit d’un club géré avec mesure et qui justifierait à lui seul la création d’un nouveau trophée : celui de l’équipe la plus médiane pour ne pas dire la plus moyenne de la ligue 1. Il semblerait en effet que chez les violets tout se résume cette année à l’obsession du point médian. Si vous cherchez la définition d’une équipe de « milieu de tableau », regardez le TFC, c’est le prototype, et je ne sais pas si aucune équipe a jamais réussi à être aussi moyenne en même temps sur autant de tableaux : classement général : 10ème sur 20, 9ème attaque, 9ème défense, 9ème budget, 12ème au nombre de cartons, 8ème  en affluence, 49 buts inscris (la moyenne nationale est de 48, 35) pour 47 encaissés, ce qui donne un ratio de un virgule zéro et des poussières, pour une moyenne cumulée de 2,5 buts par match, soit à un centième seulement de la moyenne nationale.

Impossible de faire mieux, le TFC n’a décidément pas volé son dix sur vingt, le défi sera maintenant, pour Adrien Rabiot, de faire aussi moyen au bac. Seule ombre au « milieu-de-tableau », le taux de remplissage du Stadium, à ne pas confondre avec l’affluence, sur ce point le club se classe bon dernier et est le seul à descendre, mais pour un petit dixième seulement, sous la barre fatidique des 50%. Il est donc temps de se reprendre, au moment ou des sponsors tels que le leader de la location de voiture pas cher Hertz recommencent à s’intéresser de prêt au football. En effet, Hertz reviens vers le football et a signé dernièrement deux gros contrats de sponsoring avec l’équipe de Melbourne et le West Brom. C’est la fameuse question du stade à moitié vide ou à moitié plein. Mais attention tout de même, y en a qui ont raté leur bac pour moins que ça.

Pablo Belaubre

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