Instauration du système d'arbitrage vidéo allégé en National
Selon Sports – Orange, la Fédération française de football a confirmé vendredi l'instauration du Football Video Support (FVS) sur l'ensemble des matchs de Ligue 3, soit un arbitrage vidéo « allégé »

Le montage: deux contestactions, pas une de plus
Le FVS n'a rien à voir avec le VAR déployé en Ligue 1 depuis la saison 2018-2019. Ici, pas de salle d'arbitrage vidéo, pas d'opérateur aux manettes: les clés sont dans les mains des entraîneurs, qui peuvent contester une décision à deux reprises, à condition que l'action entre dans le périmètre du VAR – penalties, cartons rouges directs, erreurs d'identité et buts. L'arbitre central visionne les images en bord de terrain pour les trois premiers cas; le quatrième officiel prend le relais sur les buts, histoire de ne pas paralyser le tempo. Le tout s'appuie sur les deux à cinq caméras de Ligue 1+, le diffuseur exclusif du championnat – contre une trentaine en Ligue 1. D'où l'appellation « VAR light » que la FIFA promeut depuis ses expérimentations dans les compétitions de jeunes et de futsal lancées en 2021.
La L2 reste à quai: l'addition qui ne passe pas
La séquence a quelque chose de savoureux. Le troisième échelon national, nouvellement créé, hérite d'une brique technologique que la Ligue 2 – plus exposée médiatiquement et historiquement plus riche – ne parvient toujours pas à s'offrir. La raison est connue, et la Fédération ne s'en cache plus: la LFP fait machine arrière depuis plusieurs saisons sur le VAR en L2, faute de masse salariale suffisante pour absorber les coûts d'installation et d'exploitation. La FFF, elle, a fait un autre pari: miser sur un système low cost, réplicable, qui ne nécessite pas d'infrastructure lourde. Pour les clubs de Ligue 3, l'argument marketing est évident – être « le premier championnat français 100 % vidéo » – mais la réalité comptable reste la même: ce sont les entraîneurs qui paient le prix de l'imprécision arbitrale, puisqu'ils grattent leur crédit de contestations.
Ce qu'il faut surveiller
Premier indicateur: le nombre de contestations effectivement utilisées par match, et le taux de réussite – si les entraîneurs brûlent leurs deux jokers dès la première demi-heure, l'outil perdra rapidement sa valeur. Deuxième dossier: le précédent L2. Si la LFP trouve enfin un montage financier pour le VAR full format dans l'antichambre de l'élite, la cohabitation entre deux systèmes d'arbitrage vidéo distincts sur deux divisions professionnelles posera une question de cohérence réglementaire que la Direction technique de l'arbitrage devra trancher. Troisième point, plus stratégique: la convention avec Ligue 1+ sur l'accès aux flux caméras. C'est elle qui fixe la profondeur réelle du dispositif – et donc ce que la FFF pourra vendre, ou non, comme « arbitrage vidéo » aux partenaires commerciaux du championnat.