Ligue 1+ : les enjeux financiers d'une deuxième saison sous haute pression
D’après Télérama, Ligue 1+ entame sa deuxième saison avec une équation financière plus exigeante: diffuser seule les neuf matches de Ligue 1 et la nouvelle Ligue 3, tout en relevant ses tarifs pour soutenir les droits télévisés des clubs.

La plateforme de la Ligue de football professionnel doit désormaisTransformer un démarrage encourageant en revenus réguliers, au moment où son montage économique reste encore très éloigné de ceux des diffuseurs qui l’ont précédée.
Le prix de la consolidation
Ligue 1+ avait été lancée dans la précipitation il y a un an. Le premier exercice reste néanmoins significatif: Télérama rapporte une moyenne de plus de 1,1 million d’abonnés sur la saison 2025-2026, soit au moins 400 000 de plus que l’offre multisports proposée un an plus tôt par DAZN.
L’objectif fixé en mai par Nicolas de Tavernost, alors directeur général de LFP Media,atteint 1,3 million d’abonnés pour cette saison. La marche est volontairement chiffrée, mais elle s’accompagne d’un ticket d’entrée nettement plus lourd pour les nouveaux clients. L’abonnement avec engagement d’un an passe à 19,99 euros par mois, contre un prix d’appel de 14,99 euros previously. Les abonnés actuels devront, eux, acquitter 16,99 euros mensuels.
Cette hiérarchie tarifaire doit être lue précisément avant toute souscription. Le montant de 14,99 euros constitue le prix d’appel, et non le tarif général affiché pour les nouveaux contrats annuels. À l’inverse, le passage à 16,99 euros concerne les clients existants. Pour les clubs, l’opération repose sur l’hypothèse que 200 000 abonnés supplémentaires et la majoration des prix généreront 100 millions d’euros de recettes additionnelles, selon le scénario alors présenté par Nicolas de Tavernost.
Le besoin est concret. Les droits télé versés aux clubs la saison dernière ont représenté environ 100 millions d’euros, très loin des 600 millions versés par Canal+ jusqu’en 2020 ou des 400 millions apportés par DAZN en 2024. Les clubs français doivent en plus se passer des 78 millions d’euros jusqu’ici payés par beIN Sports pour le neuvième match de Ligue 1. L’augmentation tarifaire de Ligue 1+ ne compense donc pas, à elle seule, l’effacement de ce diffuseur.
Le match se joue aussi dans la distribution
Le principal verrou reste l’absence d’accord avec Canal+. Le groupe dispose d’une base d’environ dix millions d’abonnés en France, mais son conflit avec la Ligue depuis l’attribution des droits à Téléfoot en 2021 bloque toujours un accord de distribution autour de Ligue 1+.
La LFP a donc dispersé les canaux d’accès en nouant des partenariats avec une douzaine d’acteurs. DAZN, L’Équipe, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR figurent parmi les partenaires cités par Télérama. Cette multiplication évite de dépendre d’un seul opérateur, mais elle produit un paysage commercial plus fragmenté: avant de payer un abonnement direct, il faut vérifier si l’offre est incluse dans son offre télécoms ou accessible via un partenaire.
La répartition des matches change également la donne. Ligue 1+ devient le diffuseur de la totalité des neuf rencontres de Ligue 1 et ajoute la Ligue 3, nouvelle appellation de l’ancien National. Le produit vendu ne se limite donc plus au seul match jusque-là proposé par la plateforme. Reste une question simple pour le consommateur: l’accès à l’ensemble du championnat et à cette nouvelle compétition justifie-t-il encore le relèvement du prix?
Plus qu’un écran, un montage à rentabiliser
Pour tenter de convertir cette contrainte en argument commercial, Ligue 1+ renforce son offre éditoriale. Certaines rencontres seront proposées en ultra haute définition, avec des drones derrière les buts pour renouveler la captation. De nouveaux commentateurs et spécialistes rejoindront notamment le duo composé par Xavier Domergue et Benoît Cheyrou, tandis que la plateforme développera des documentaires en immersion auprès des joueurs et des entraîneurs.
Ces ajouts peuvent améliorer l’attractivité du service, mais ils ne constituent pas une garantie de croissance. L’enjeu est de transformer les enrichissements techniques et éditoriaux en abonnements suffisamment nombreux pour alimenter la trésorerie des clubs.
Le calendrier نفسه التجارية choisi pour l’augmentation des prix: les clients actuels passent à 16,99 euros, tandis que les nouveaux doivent ajouter 5 euros et un engagement d’un an pour atteindre 19,99 euros. Pour suivre l’efficacité réelle du dispositif, trois indicateurs compteront: le nombre d’abonnés atteint par rapport à l’objectif de 1,3 million, les accords efectivamente conclus avec les opérateurs et, surtout, les sommes effectivement versées aux clubs au titre des droits.
Car le bilan ne se jouera pas seulement au nombre de regards derrière un écran. Il se lira dans les comptes des clubs. Si la croissance espérée se confirme, Ligue 1+ pourra commencer à amortir son lancement et à sécuriser les revenus; dans le cas contraire, la hausse tarifaire facture. En parallèle, Onze Mondial rapporte que la LFP prépare déjà l’après-Ligue 1+ et un nouvel appel d’offres à l’automne, preuve que la bataille des droits est loin d’être stabilisée.