
Comme l'a annoncé la Ligue féminine de football professionnel dans un communiqué rapporté par L'Équipe, la Seconde Ligue 2026-2027 ne comptera que onze clubs, contre douze habituellement. Le RC Lens, repêché en Première Ligue à la suite de l'exclusion du Dijon FCO par la DNCG, a libéré une place en D2 — une place que personne n'a voulu prendre. Les conséquences pratiques tombent dès à présent: à chaque journée de championnat, une équipe restera sur la touche, sans adversaire.
Une place vacante que les clubs ont déclinée
Le mécanisme est connu. Quand le DFCO a été exclu des compétitions nationales par la DNCG, le RC Lens a été repêché pour rejoindre l'élite, la Première Ligue. La douzième place en Seconde Ligue, prévue par le règlement d'accession de la LFFP, a alors été proposée aux clubs susceptibles d'y prétendre. Mais aucun n'a donné son accord. Pas de candidat, pas de douzième club — et donc un championnat à onze pour la saison qui vient.
La formule LFFP est limpide, et pourtant elle soulève autant de questions que de matches en moins.
Un calendrier à trous et des week-ends sans adversaire
Concrètement, à chaque journée, une formation sera exempte. Pas de match, pas de compteur qui tourne. Pour les clubs qui fonctionnent déjà au système D — entraînements calés sur les disponibilités des bénévoles, déplacements négociés au kilomètre près —, cette organisation atypique bouscule les habitudes. Un week-end de repos forcé, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour un effectif réduit; mais pour une équipe en rythme de compétition, c'est aussi une rupture de dynamique, un calendrier à trous qu'il faudra absorber sur la durée.
Onze clubs, dix journées à onze — la Seconde Ligue entre dans une saison atypique, où la régularité du calendrier ne sera plus une évidence.
Ce qu'il faut regarder derrière cette décision
Le repêchage de Lens et l'exclusion de Dijon par la DNCG, c'est la partie émergée. Sous la surface, c'est la fragilité structurelle du football féminin professionnel qui ressort: un vivier de clubs prêts à monter plus étroit qu'on ne le pense, des budgets contraints, des sections féminines encore trop souvent traitées comme des variables d'ajustement dans les arbitrages financiers des structures mères. Quand une place en division nationale reste vacante malgré le repêchage, ce n'est pas un refus isolé — c'est un signal sur l'état réel du maillage territorial du football féminin.
À suivre: les premières journées de la Seconde Ligue, à l'automne, pour mesurer comment les clubs s'adaptent à cette saison à onze — et si la compétition s'en trouve déséquilibrée.