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Football amateur : la crise des terrains secs menace la reprise des championnats

Sans cette plaque de gazon artificiel, raconte Dominique Amaral, président d'Appoigny, « le club ne pourrait pas fonctionner.

Lise Tissot, Enquêtrice du football populaire et des territoires · mis à jour 29 août 2026

Football amateur : la crise des terrains secs menace la reprise des championnats

le rapporte ici.fr dans un reportage publié le 28 août, à une semaine de la reprise des championnats, les 538 licenciés d'Appoigny, dans l'Yonne, n'ont plus qu'un seul terrain pour s'entraîner: le synthétique. Les trois pelouses en herbe du club ont brûlé sous les chaleurs de l'été, laissant derrière elles une surface « dure comme du béton » et impropre à la pratique. Toute la logistique du club se réorganise autour d'un rectangle vert devenu, en quelques semaines, le seul poumon du football local.

Le synthétique, pièce maîtresse d'un club à l'arrêt partiel

Je pense que c'est presque indispensable d'avoir un terrain synthétique en voyant les dégâts actuels. » L'homme parle depuis le bord du terrain, là où la couleur des trois autres pelouses vire au jaune et où les crampons ne tiennent plus. Pour les seniors, les U17, les U15, les équipes féminines et l'école de foot, c'est désormais une affaire de créneaux, de priorités et de système D: tout le monde doit passer sur la même surface.

Ce week-end, Appoigny joue le deuxième tour de Coupe de France à l'extérieur. Dominique a fait un choix qui en dit long sur l'état du football amateur dans le département: il prête le synthétique du club à un autre club voisin, lui aussi à la recherche d'une pelouse jouable. « Un beau geste qui semble indispensable au vu des conditions de jeu sur certains terrains, mais qui sera compliqué à reproduire lorsque toutes les équipes feront leur retour à la compétition à la rentrée », prévient ici.fr.

La journée type va s'étirer de 10 h à 20 h

Avec 28 équipes — toutes catégories confondues — qui font leur retour dès la rentrée scolaire, le président prévient que les habitudes du club vont changer. Plus question de s'entraîner seulement en fin de journée. « On va étendre les créneaux. Si une dizaine d'équipes joue à domicile sur le week-end, on va commencer tôt le matin et finir tard le soir, pour le samedi et le dimanche. On va devoir jouer à 10 h, à 12 h, à 14 h, à 16 h, à 18 h et à 20 h », détaille-t-il.

L'organisation s'annonce tendue, mais elle tient. Jusqu'à un certain point: les premiers tours de Coupe de France dans l'Yonne ont montré que d'autres clubs du département n'auront tout simplement aucune surface viable pour la reprise des championnats, prévue le week-end des 5 et 6 septembre. Certains matchs « pourraient même être reportés », indique encore ici.fr.

Quinze jours de pluie, puis du gazon: le prix de la régénération

Au-delà de l'urgence, c'est tout un cycle d'entretien qui est à repenser. « Quand la pluie tombe sur ces terrains secs et durs, ça n'a pas le temps de s'infiltrer, l'eau s'évapore tout de suite. Donc il faudrait au moins quinze jours de pluie, mais en plus de ça, la mairie doit semer du gazon, sinon ça va faire des plaques de mauvaises herbes et des trous partout », explique Dominique Amaral.

Et là, la note change de main: les terrains en herbe appartiennent aux communes. Restaurer trois pelouses, c'est un budget que les mairies devront débloquer en septembre, alors que d'autres associations attendent aussi leurs subventions. « Cet argent investi dans la restauration des terrains, c'est de l'argent que la commune ne pourrait pas redistribuer pour d'autres associations de la commune », regrette le président d'Appoigny. À quelques jours du coup d'envoi, la rentrée 2026 du football amateur ressemble déjà à un coup de chaleur dont personne n'a vu la dernière vague.