Football amateur : la fin des contrats aidés fragilise les clubs
Selon Orange Actualités, le gouvernement ne financera que 130 000 contrats aidés en 2019, contre 320 000 en 2017.

L'enveloppe a fondu en deux ans. Selon Orange Actualités, le gouvernement ne financera que 130 000 contrats aidés en 2019, contre 320 000 en 2017. Pour les clubs de football amateurs qui s'appuyaient sur cette main tendue de l'État pour embaucher, c'est un virage budgétaire qui laisse les associations sonnées avant même la rentrée.
Un système qui se grippe à la base
Ces contrats, rémunérés majoritairement par l'État, permettaient jusqu'ici aux clubs d'embaucher sans se mettre en danger financièrement. Beaucoup d'associations de district, qui font tourner les éducateurs et l'encadrement du week-end, comptaient sur cette enveloppe pour boucler leur budget annuel. Quand on passe de 320 000 à 130 000 contrats, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui sautent: ce sont des postes, des heures d'entraînement, des permanences qui vacillent. Dans les petits clubs, où chaque euro de cotisation compte, le manque se voit tout de suite.
Le terrain qui s'invente autrement
Pendant ce temps, le football amateur continue de bricoler sa résilience. À Agen, Idrees Omar, 34 ans, ancien footballeur professionnel à Mossoul et journaliste, réfugié irakien arrivé en France en 2019, vient de créer de toutes pièces le FC Soleil Français, un club qui évoluera en départementale 4. « J'ai voulu créer un club. Je le fais également pour remercier la France de m'avoir accueilli », explique-t-il à la Dépêche. Entraînements de recrutement sur un terrain annexe du stade de la rue de Lille, les lundis et mercredis soirs du mois d'août, une quinzaine de joueurs pour l'instant et l'espoir d'une quarantaine à la rentrée: tout se construit à la sueur du maillot et des coups de fil. À Laval, d'autres clubs ne peuvent même plus s'entraîner ni jouer sur les terrains en gazon, comme le rapporte ici.fr. Le terrain devient rare, l'argent se raréfie, et les solutions viennent souvent de la base.
Ce qu'il reste à activer
Pour les présidents et les éducateurs, l'urgence est d'abord de cartographier ce qui reste avant que la saison ne redémarre. Vérifier auprès de la préfecture le nombre de contrats aidés encore disponibles dans son département, avant toute promesse d'embauche. Sonder les mairies et les collectivités locales sur les compensations possibles, car toutes les communes ne joueront pas automatiquement le rôle d'amortisseur. Et surtout, activer le réseau: le football amateur a toujours vécu de solidarité horizontale, d'échanges de bons procédés entre clubs voisins, de coups de main bénévoles. Les contrats aidés ne sont pas la seule corde à l'arc, mais la rentrée se prépare dès maintenant, sur le terrain.