artnsport.

ActualitéCoupes & International

France-Angleterre : le crépuscule de l'ère Deschamps et les records de Mbappé

, le récit du Figaro de cette «petite finale» de la Coupe du monde 2026 dit tout du paradoxe français: quatre buts encaissés avant la pause, puis une remontée presque entière portée par un seul homme.

France-Angleterre : le crépuscule de l'ère Deschamps et les records de Mbappé

Ce samedi, les Bleus de Didier Deschamps — qui dirigeait là son dernier match à la tête de l'équipe de France — se sont inclinés face à l'Angleterre, au terme d'une partie conclue à la 90+8e minute par Jude Bellingham. Au milieu du tumulte, Kylian Mbappé a inscrit un doublé qui le propulse seul en tête du classement des buteurs en phase finale de Mondial, avec vingt-deux réalisations.

La fin d'un monde

Didier Deschamps part. Et son dernier match ressemble à un miroir déformant de ces douze années passées à la tête des Bleus: l'éclat offensif d'un côté, la fragilité défensive de l'autre. Dès la deuxième minute, Declan Rice intercepte une passe mal négociée de Désiré Doué et crucifie Maignan d'une frappe lointaine, juste avant la surface. Ezri Konsa sanctionne de la tête un corner mal négocié à la 18e. Bukayo Saka, intenable sur son côté, plante un premier but à la 38e puis un deuxième dans le temps additionnel (45+1). Quatre buts encaissés avant la mi-temps — un score qui, au-delà du chiffre, dit quelque chose d'un groupe qui n'a jamais trouvé ses repères après la demi-finale perdue. Cette «petite finale», Deschamps la quitte sans la victoire qui aurait pu effacer quelques-unes des images de ce Mondial américain. Son héritage, immense, reste à écrire ailleurs.

Mbappé, en silhouette

Au retour des vestiaires, un homme a repris le match à son compte. À la 48e minute, Kylian Mbappé réduit le score d'une frappe précise, son neuvième but dans le tournoi. Bradley Barcola enchaîne à la 54e d'un tir imparable pour Henderson. Puis, à la 66e, Mbappé plante son deuxième but de la soirée et dépasse, seul, le précédent détenteur du record pour s'installer au sommet de la hiérarchie des buteurs en Coupe du monde. Vingt-deux réalisations, à 27 ans, dans une compétition où il porte le brassard depuis l'après-Giroud. Il y a là quelque chose qui dépasse le chiffre: la trajectoire d'un joueur qui, à chaque rendez-vous majeur, réécrit sa propre légende — et qui, depuis Madrid, apprend à convertir une pression nationale en solitude assumée. La fin du match — penalty transformé par Saka (87e, pour son triplé), réduction de Dembélé (90+6), dernier mot de Bellingham (90+8) — n'a pas suffi à inverser le cours d'une soirée qui lui appartient en partie, mais pas en totalité.

Et maintenant?

La France quitte le Mondial avec une quatrième place — la deuxième de son histoire après 1982 — et un sélectionneur à remplacer. Le successeur de Deschamps héritera d'un groupe jeune, où Mbappé, Dembélé, Barcola, Doué ou Tchouaméni ont encore plusieurs cycles devant eux. Le défi est connu: transformer la lumière individuelle en cohérence collective, apprendre à défendre sans Ballon d'or. Mbappé, lui, entre dans une autre dimension de son histoire. Le record est posé, la page est tournée. Reste à savoir ce qu'il en fera — lui qui, depuis son arrivée en sélection, n'a jamais cessé de chercher la juste distance entre l'homme qu'il est devenu et le joueur que le monde attend qu'il soit.