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Réforme du football français : les nouveaux pouvoirs de la FFF

Selon Peuple-Vert.fr, le Sénat a adopté à l’unanimité la proposition de loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport professionnel, après son passage à l’Assemblée nationale.

Réforme du football français : les nouveaux pouvoirs de la FFF

Derrière les mots de gouvernance et de droits télé, c’est la charpente du football français qui bouge: celle qui décide qui tient la caisse, qui distribue les recettes et qui reprend la main lorsque la machine se grippe. Pour les clubs qui vivent loin des grands budgets, cette réforme mérite d’être regardée autrement qu’à travers les seules tribunes de Ligue 1.

La FFF en recours si la Ligue vacille

Le texte renforce le rôle de la Fédération française de football. En cas de difficultés majeures de la Ligue de football professionnel, la FFF pourrait récupérer la délégation de gestion des compétitions professionnelles et créer sa propre société commerciale.

La mesure répond, selon Peuple-Vert.fr, à une période de fragilité nourrie par la baisse des revenus audiovisuels, les tensions autour de la gouvernance et les difficultés économiques de plusieurs clubs. Ce n’est pas un détail de couloir: la gestion du football pro conditionne les calendriers, les recettes et, au bout de la chaîne, la stabilité de tout un écosystème où les centres de formation, les éducateurs et les bénévoles des clubs de territoire ne sont jamais complètement séparés de l’élite.

Philippe Diallo, président de la FFF, a salué une réforme qu’il qualifie d’« historique » pour le football français et le sport féminin.

Des droits télé moins concentrés

Le texte prévoit aussi d’encadrer davantage la redistribution des droits télévisés entre les clubs: l’écart entre les plus gros bénéficiaires et les autres ne pourra pas dépasser un rapport de un à trois, d’après le média stéphanois.

Sur le papier, c’est une règle de répartition. Dans la vie des clubs, cela peut devenir un peu d’air: une masse salariale moins suspendue à une place au classement, un déplacement ou une saison ratée qui ne fait pas basculer immédiatement tout le budget, une marge supplémentaire pour faire tenir les équipes et leurs salariés. Il serait trop tôt pour promettre que cette nouvelle clé corrigera les écarts installés depuis des années. Mais elle pose une limite là où le système semblait surtout récompenser ceux qui avaient déjà pris de l’avance.

Pour les amateurs, l’effet ne sera pas mécanique. Les cotisations, les subventions municipales, les voitures de parents pour les matchs de jeunes et le système D resteront la matière première du football local. Mais la santé de la pyramide professionnelle compte aussi: quand un club de haut niveau se retrouve à l’arrêt, ce sont souvent tout un bassin de formation, des partenaires et des habitudes de pratique qui encaissent le choc.

Multipropriété, agents et piratage: le chantier reste large

Les parlementaires ont également voulu limiter les conflits d’intérêts dans la gouvernance, renforcer les contrôles liés à la multipropriété des clubs, mieux encadrer l’activité des agents sportifs et intensifier la lutte contre le piratage. Peuple-Vert.fr rapporte que son coût est estimé à près de 300 millions d’euros par an pour le sport français.

La réforme ne résoudra pas, à elle seule, les différences de moyens ni l’angoisse des petits budgets à chaque fin de saison. Elle remet toutefois des règles dans un jeu où la logistique financière avait fini par prendre le pas sur le terrain. C’est cela qu’il faudra suivre désormais: la manière dont ces principes seront appliqués, et si la promesse d’un partage moins déséquilibré descend réellement jusqu’aux clubs qui font vivre le football, loin des projecteurs.