
La Fédération française de football a communiqué la composition des poules du National 2 pour la saison 2026-2027 — ex-National 3, rappelons-le pour les repères. Les Verts, qui avaient bataillé jusqu'à l'ultime journée pour se maintenir face aux formations bretonnes, bascule cette fois dans la poule B, celle des Pays de la Loire. Un nouveau championnat, de nouveaux trajets, et surtout trois réserves de clubs professionnels à affronter. Le coach Vincent Laigneau le sait: la donne logistique autant que sportive vient de se recomposer.
Un paysage inconnu, des adversaires qui pèsent
« On bascule en Pays de la Loire. Nous ne l'avons pas demandé. Nous avions envie de rester avec la Bretagne », confie Vincent Laigneau, le coach des Verts, sans faux-semblant. Après avoir enchaîné les saisons à Paris, en Corse puis en Bretagne, Alençon découvre un groupe qu'il juge « certainement intermédiaire » entre la Bretagne et Paris, mais qui « doit ressembler davantage au championnat breton ». Ce qui change, ce sont les déplacements: la majorité des adversaires se concentrent autour de Nantes, mais il faudra aussi rallier Limoges. Pour un club amateur dont chaque trajet se négocie au centime près dans le budget, ça compte.
Le détail qui saute aux yeux dans cette poule, c'est la présence de trois réserves professionnelles: Laval, Le Mans et Nantes. L'entraîneur alençonnais ne s'en plaint pas — au contraire. « On les accueillerons avec envie », dit-il. Et parmi ces trois adversaires forcément particuliers, deux se doublent de derbies géographiques, contre Laval et Le Mans. « Ce n'est pas négatif, au contraire », martèle le coach. On comprend que pour le public, pour l'énergie collective, ces rencontres-là valent tous les déplacements de France.
Un mercato agité dans les deux sens
L'intersaison alençonnaise ressemble à ce qu'elle est dans les clubs de ce niveau: un ballet de départs, d'arrivées, de prolongations négociées au fil des appels. Du côté des départs, le club voit s'éloigner Nohan Traoré (Bayonne, N1), Yoan Dumay (Annecy, N2), Théo Salibur (Vire, N2), Lucas Vovard (Chauvigny, N2) ou encore Alexandre Dias Ferreira, parti en Régional 1 à l'Avant-Garde de Caen. Nathan Laigneau, le fils du coach, a choisi l'arrêt.
En face, les Verts ont été actifs. On note l'arrivée de Lorenzo Guillier en provenance du Le Mans FC, d'Ulrich Perreira Souza depuis Laval, d'Ayoub Stiouet (Le Mans) ou encore de William Dayoro (FC Flers), sans oublier Steve Delacour (Furiani-Agilani) et Maxence Agnoly, qui arrive du Luxembourg. Le système D fonctionne, on pioche où le vivier existe — en Normandie voisine, en Bretagne, dans les clubs pros qui relâchent des joueurs, et même au-delà des frontières. C'est la réalité artisanale de la gestion à ce niveau: chaque signature se négocie sur des déplacements, des coûts, des compatibilités de vie.
Ce qui reste en suspens
La reprise de la préparation collective est lancée, le calendrier est désormais connu. Mais les questions logistiques demeurent. Comment organiser les déplacements longs — Limoges, surtout — avec un budget qui ne s'est pas étoffé? Quelle énergie le public alençonnais mettra-t-il dans les derbies contre Laval et Le Mans, eux qui ont souvent été la variable d'atmosphère dans les matchs à enjeu? Et surtout, le noyau reconstruit tiendra-t-il face à des réserves professionnelles qui, elles, peuvent aligner des joueurs en rotation avec des effectifs de Ligue 2?
Le coach Laigneau avance avec pragmatisme: le groupe est posé, les prolongations des cadres — Lucas Liger, Joachim Lepage, Elyass Dhoifirou, Joshua Santini, Matis Poisson entre autres — assurent une colonne vertébrale. Pour le reste, c'est comme chaque été dans le football amateur: on construit en marchant, on ajuste au fil des blessures et des défections, et on espère que le vestiaire tiendra plus vite que le calendrier ne se dévoile.